Hémorragie
Les Iraqiens continuent de fuir sans arrêt les violences
dans leur pays, et le nombre total de réfugiés et
déplacés est désormais estimé à 4,4 millions de
personnes.
C’est ce qu’a indiqué le Haut Commissariat des
Nations-Unies pour les
Réfugiés (HCR). Ainsi 86 388 Iraqiens supplémentaires se
sont-ils jetés sur les routes pendant le mois de mai,
portant à 822 810 le nombre de déplacés après la vague
de violences qui a suivi l’attentat en février 2006
contre un sanctuaire chiite. La plupart des populations
déplacées viennent de Bagdad et de ses environs, le
théâtre des pires violences.
Désormais, ce sont plus de deux millions de personnes
qui sont déplacées à l’intérieur de l’Iraq. Entre 2003
et 2005, le nombre de déplacement à l’intérieur du pays
a été plus faible, s’établissant à 190 146, selon les
dernières données du HCR. Le bilan exact des
déplacements durant cette période est difficile à
établir car des réfugiés et déplacés ont regagné leurs
domiciles, tandis que d’autres fuyaient. La chute du
régime de Saddam Hussein, l’invasion menée par les
Etats-Unis et l’occupation du pays, tout comme le
déplacement d’Arabes en raison du retour de Kurdes dans
le Kurdistan iraqien, ont été parmi les principales
causes de déplacements de populations jusqu’à la fin de
l’année 2005.
En outre, tandis que beaucoup d’Iraqiens revenaient de
l’étranger ou de leur déplacement à l’intérieur du pays,
un nombre considérable est reparti sur les routes,
principalement en raison du manque de logements ou de la
destruction de leur maison, du manque de travail et de
l’absence de services sociaux, de la présence de mines
et des litiges de propriété dans les régions de leur
retour.
Avant le renversement de Saddam Hussein en 2003, les
estimations faisaient déjà état de plus d’un million de
personnes déplacées. Aujourd’hui, le chiffre a plus que
doublé.
De même, le nombre d’Iraqiens réfugiés dans les pays de
la région a également augmenté pour atteindre environ
2,4 millions de personnes. Chaque mois, entre 30 000 et
50 000 personnes entrent en Syrie. Un total de 1,4
million d’Iraqiens ont
aujourd’hui trouvé refuge en Syrie, 750 000 en Jordanie,
80 000 en Egypte et quelque 200 000 dans les pays du
Golfe. Une hémorragie que rien ne semble pouvoir arrêter
et qui a toutes les chances de se poursuivre encore
longtemps.