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 Semaine du 13 au 19 juin 2007, numéro 666

 

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Au fil des pages

La prairie parfumée de Mahmoud Wardany, traduction de l’arabe par Richard Jacquemond, Sindbad, Actes Sud, Arles, 2007, 240 pages.

Eqbal Bakri, une des leaders du mouvement estudiantin égyptien du début des années 1970, rentre de l’Allemagne pour revoir sa mère mourante. Dans le vieil appartement familial, elle ne peut se réadapter au réel politique et social transformé. Elle se heurte à la corruption massive, à la fuite éperdue vers l’étranger et ne reconnaît plus les anciens compagnons des années militantes. Ses amies de lutte sont méconnaissables sous le voile, leurs enfants sont délaissés pour se précipiter à faire fortune dans le Golfe et ses pétrodollars. Mahmoud Wardany, né en 1950 au Caire, et qui s’est investi dans le militantisme politique des années 1970, recourt à un titre puisé dans le patrimoine, La prairie parfumée, qui se transforme notamment avec les interventions étrangères en odeur suffocante pétrifiée.

 

 Al-Imam Al-Maraghi de Ragaa Al-Naqqach, Dar Al-Chourouq, Le Caire, 2007, 102 pages.

Il s’agit d’une série d’articles rassemblés par le critique Ragaa Al-Naqqach, où il fait le plaidoyer acharné du personnage controversé de l’imam Al-Maraghi (1881-1945). Considéré comme agent des Anglais et des rois Fouad et Farouq par certains, et comme l’une des figures de proue de l’imamat, il est selon l’auteur une figure patriotique, un disciple de Mohamad Abdou et l’un des grands réformateurs d’Al-Azhar qu’il a dirigé de 1935 à 1945. Il y a insisté sur l’apprentissage des sciences modernes dans l’institution religieuse et a lié la religion à la vie. Une religion qui est au service de l’homme en premier lieu et non pas une entité ambiguë : « Montrez-moi quelque chose d’utile pour les gens et je vous fournis un soutien dans la charia, loi islamique », dit-il.

 

Basrayatha, Portrait of a City (Basrayatha, portrait d’une ville), de Mohamed Khudayyir, traduction de William M. Hutchins, AUC Press, Le Caire, 2007, 157 pages.

En dressant le portrait de sa ville natale d’Al-Basra, Mohamed Khudayyir esquisse également une ville imaginaire, Basrayatha, faite de mémoires, contes et ruines disparues. Un récit émouvant qui se place entre récit de voyage, essai, mémoire, méditation. Il s’y attarde sur les détails des lieux de son enfance, les hammams publics, les délices des fêtes religieuses, les rivières qui entourent Basra, les petits magasins et bistrots et leurs habitués, les anciens salles de cinéma et films hollywoodiens et le quotidien pendant la guerre Iran-Iraq. Mohamed Khudayyir est l’auteur d’une série de recueils de nouvelles et a été primé du prix Oweis de littérature en 2004.

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