Au fil des pages
La prairie parfumée de Mahmoud Wardany,
traduction de l’arabe par Richard
Jacquemond, Sindbad,
Actes Sud, Arles, 2007, 240 pages.
Eqbal
Bakri, une des leaders du mouvement estudiantin égyptien du
début des années 1970, rentre de l’Allemagne pour revoir sa
mère mourante. Dans le vieil appartement familial, elle ne
peut se réadapter au réel politique et social transformé.
Elle se heurte à la corruption massive, à la fuite éperdue
vers l’étranger et ne reconnaît plus les anciens compagnons
des années militantes. Ses amies de lutte sont
méconnaissables sous le voile, leurs enfants sont délaissés
pour se précipiter à faire fortune dans le Golfe et ses
pétrodollars. Mahmoud Wardany,
né en 1950 au Caire, et qui s’est investi dans le
militantisme politique des années 1970, recourt à un titre
puisé dans le patrimoine, La prairie parfumée, qui se
transforme notamment avec les interventions étrangères en
odeur suffocante pétrifiée.
Al-Imam
Al-Maraghi de Ragaa
Al-Naqqach,
Dar Al-Chourouq, Le
Caire, 2007, 102 pages.
Il s’agit d’une série d’articles rassemblés par le critique
Ragaa
Al-Naqqach, où il fait le plaidoyer acharné du
personnage controversé de l’imam
Al-Maraghi (1881-1945). Considéré comme agent des
Anglais et des rois Fouad et Farouq
par certains, et comme l’une des figures de proue de
l’imamat, il est selon l’auteur une figure patriotique, un
disciple de Mohamad Abdou et l’un des grands réformateurs d’Al-Azhar
qu’il a dirigé de 1935 à 1945. Il y a insisté sur
l’apprentissage des sciences modernes dans l’institution
religieuse et a lié la religion à la vie. Une religion qui
est au service de l’homme en premier lieu et non pas une
entité ambiguë : « Montrez-moi quelque chose d’utile pour
les gens et je vous fournis un soutien dans la charia, loi
islamique », dit-il.
Basrayatha,
Portrait of a City (Basrayatha,
portrait d’une ville), de Mohamed
Khudayyir, traduction de William M.
Hutchins, AUC
Press, Le Caire, 2007, 157
pages.
En dressant le portrait de sa ville natale d’Al-Basra,
Mohamed Khudayyir esquisse
également une ville imaginaire,
Basrayatha, faite de mémoires, contes et ruines
disparues. Un récit émouvant qui se place entre récit de
voyage, essai, mémoire, méditation. Il s’y attarde sur les
détails des lieux de son enfance, les hammams publics, les
délices des fêtes religieuses, les rivières qui entourent
Basra, les petits magasins et bistrots et leurs habitués,
les anciens salles de cinéma et films hollywoodiens et le
quotidien pendant la guerre Iran-Iraq.
Mohamed Khudayyir est l’auteur
d’une série de recueils de nouvelles et a été primé du prix
Oweis de littérature en 2004.