Journée Mondiale de l’Environnement .
La célébration de cet événement a eu lieu cette année
au parc d’Al-Azhar, en plein Caire fatimide. Toute une foule
d’écoliers et de citoyens était présente pour prendre
connaissance des moyens de lutter contre la pollution.
Préoccupations communes
« Ensemble ... créons un univers sans déchets ».
«
Le changement climatique … et pourquoi je m’y intéresse ? ».
Pour cette Journée mondiale de l’environnement, fêtée tous
les 5 juin, les responsables ont tenté d’impliquer la
population dans la plus large mesure. Ainsi, c’est au parc
d’Al-Azhar, dans le quartier populaire de Darrassa, sur
l’avenue Salah Salem, juste en face d’un autre quartier
populaire, celui d’Al-Darb Al-Ahmar, qu’on a décidé de
célébrer cette journée de 11h00 à 22h00, c’était la fête en
quelque sorte. On a choisi spécialement ce parc radieux pour
célébrer cet événement parce qu’il constitue un exemple
d’une conversion dans le sens d’une meilleure qualité
écologique. A l’origine, c’était une immense décharge
publique, et ce pendant plus de cinq siècles. Et pour le
reconvertir en espace vert et aire culturelle, il a fallu
déblayer 1,5 million de tonnes de déchets. La surface de 31
hectares ainsi aménagée permet d’accueillir des milliers de
personnes au cours d’une journée.
Environ 5 000 personnes, dont des élèves de 100 écoles
gouvernementales et privées, et provenant de plusieurs
gouvernorats, dont Fayoum, Alexandrie, Charqiya et Gharbiya,
étaient présents pour la Journée de l’environnement. Les
visiteurs étaient de tous âges confondus, le simple citoyen
côtoie ceux de la classe moyenne et les plus fortunés, les
enfants des écoles internationales jouent avec d’autres,
fréquentant des écoles publiques. Des femmes en hidjab
croisent les touristes en short et tee-shirt. Au cours de
cette journée spéciale et originale, l’espace immense du
jardin met tout le monde à l’aise.
Le ministère de l’Environnement et le British Council, en
coopération avec le centre Wadi pour les sciences
écologiques (WESC), en ont profité pour organiser pour la 2e
année consécutive une journée de sensibilisation écologique.
Le ministre d’Etat pour les Affaires de l’environnement a
déclaré que le but d’un tel événement était de sensibiliser
la population, la nouvelle génération en particulier, à
l’importance de l’environnement dans la vie quotidienne, de
l’encourager à se lancer dans le recyclage, de réaliser
l’objectif d’une société sans déchets et surtout et avant
tout de réduire les émissions de gaz, considérées comme
dangereuses pour toute la planète.
40 postes sont installés tout autour du jardin, chacun
exposant l’œuvre d’une association écologique, dont
l’Association du développement agro-organique de Fayoum,
l’Association des amis de l’environnement d’Alexandrie,
l’association FEDA à Al-Darb Al-Ahmar.
Des enfants de 6 à 15 ans se réunissent pour entendre les
leçons environnementales données par les volontaires et les
responsables écologiques.
« Savez-vous que la réduction du nombre d’usines, de
machines, de l’émission d’énergie, surtout l’électricité,
veut dire lutter contre la pollution ? », demande Paul
Smith, directeur du British Council en Egypte, essayant
d’expliquer aux enfants comment on peut protéger
l’environnement et la raison pour laquelle on a choisi le
thème « Changement climatique … et pourquoi je m’y intéresse
? ».
L’Egypte concernée
L’Organisation
inter-gouvernementale pour le changement climatique a fait
des études sur 130 pays pour conclure que la hausse de la
température au cours des 50 dernières années s’explique par
une prolifération d’une industrie polluante et
l’augmentation du CO2. Ces changements climatiques devraient
provoquer une hausse du niveau de la mer d’un taux s’élevant
à 6 mètres dans les régions côtières de par le monde. Pour
l’Egypte, les experts prévoient une hausse du niveau de la
mer au large d’Alexandrie de 30 cm d’ici 2050. Conséquence :
200 km2 de terre seront inondées. La canicule, la sécheresse
et les incendies de forêts augmenteront d’une année à
l’autre. Bref, c’est un changement de tout un écosystème.
Les maladies contagieuses vont se propager suite à
l’augmentation des moustiques, le nombre de morts dus à la
canicule augmentera considérablement au cours des 25
prochaines années, atteignant 300 000 personnes dans les 4
coins du monde, selon un rapport publié par l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS). C’est pourquoi les responsables
déploient de grands efforts pour sensibiliser la nouvelle
génération à travers des colloques et des ateliers qui leur
permettent de s’initier au recyclage des déchets. Leur
ambition n’est autre que de lutter plus activement contre la
pollution dans le pays.
Amina, une volontaire travaillant auprès du British Council,
apprend à une quinzaine d’élèves le moyen de recycler tous
les déchets résultants de la vie quotidienne et de les
transformer en de précieuses œuvres d’art. A l’aide de
ciseaux, les enfants coupent les feuilles, les papiers ou
les journaux en de petits morceaux, les mélangent avec de la
farine, essayant d’en faire plusieurs figures. Ensuite,
Amina leur explique qu’il faut exposer ces figures à
la chaleur du soleil pendant trois heures. Après quoi, ils
peuvent exposer leurs chefs-d’œuvre sur le mur. « Je suis
venue aujourd’hui avec mes parents, j’ai encouragé aussi mes
amies à y participer pour bénéficier de cette manifestation
un peu étrange pour nous les Egyptiens », déclare Rihab, 13
ans, habitant à Dar Al-Salam, quartier populaire très peuplé
et très pollué.
Au cours de cette journée originale, les enfants ont
participé à des concours pour la meilleure recherche
scientifique dans le domaine de l’écologie, une compétition
qui s’est déroulée entre les différentes écoles privées et
gouvernementales sur les moyens de respecter les normes
écologiques. C’est Mona, élève de Fayoum, qui a remporté le
1er prix.
Dans un autre coin, un certain nombre d’enfants essaye
d’expliquer ce qu’ils ont constaté et découvert pendant la
journée. Crayons de couleurs en main, ils dessinaient sur de
grands tableaux blancs des fleurs et des arbres pollués par
la fumée des usines et la mer où il y a si peu de poissons,
pollution oblige.
Des enfants et même des parents émerveillés et sensibilisés,
de quoi constater l’importance d’organiser plus
régulièrement de telles manifestations .
Manar
Attiya