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 Semaine du 13 au 19 juin 2007, numéro 666

 

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Environnement

Journée Mondiale de l’Environnement . La célébration de cet événement a eu lieu cette année au parc d’Al-Azhar, en plein Caire fatimide. Toute une foule d’écoliers et de citoyens était présente pour prendre connaissance des moyens de lutter contre la pollution.

Préoccupations communes

« Ensemble ... créons un univers sans déchets ».

« Le changement climatique … et pourquoi je m’y intéresse ? ». Pour cette Journée mondiale de l’environnement, fêtée tous les 5 juin, les responsables ont tenté d’impliquer la population dans la plus large mesure. Ainsi, c’est au parc d’Al-Azhar, dans le quartier populaire de Darrassa, sur l’avenue Salah Salem, juste en face d’un autre quartier populaire, celui d’Al-Darb Al-Ahmar, qu’on a décidé de célébrer cette journée de 11h00 à 22h00, c’était la fête en quelque sorte. On a choisi spécialement ce parc radieux pour célébrer cet événement parce qu’il constitue un exemple d’une conversion dans le sens d’une meilleure qualité écologique. A l’origine, c’était une immense décharge publique, et ce pendant plus de cinq siècles. Et pour le reconvertir en espace vert et aire culturelle, il a fallu déblayer 1,5 million de tonnes de déchets. La surface de 31 hectares ainsi aménagée permet d’accueillir des milliers de personnes au cours d’une journée.

Environ 5 000 personnes, dont des élèves de 100 écoles gouvernementales et privées, et provenant de plusieurs gouvernorats, dont Fayoum, Alexandrie, Charqiya et Gharbiya, étaient présents pour la Journée de l’environnement. Les visiteurs étaient de tous âges confondus, le simple citoyen côtoie ceux de la classe moyenne et les plus fortunés, les enfants des écoles internationales jouent avec d’autres, fréquentant des écoles publiques. Des femmes en hidjab croisent les touristes en short et tee-shirt. Au cours de cette journée spéciale et originale, l’espace immense du jardin met tout le monde à l’aise.

Le ministère de l’Environnement et le British Council, en coopération avec le centre Wadi pour les sciences écologiques (WESC), en ont profité pour organiser pour la 2e année consécutive une journée de sensibilisation écologique. Le ministre d’Etat pour les Affaires de l’environnement a déclaré que le but d’un tel événement était de sensibiliser la population, la nouvelle génération en particulier, à l’importance de l’environnement dans la vie quotidienne, de l’encourager à se lancer dans le recyclage, de réaliser l’objectif d’une société sans déchets et surtout et avant tout de réduire les émissions de gaz, considérées comme dangereuses pour toute la planète.

40 postes sont installés tout autour du jardin, chacun exposant l’œuvre d’une association écologique, dont l’Association du développement agro-organique de Fayoum, l’Association des amis de l’environnement d’Alexandrie, l’association FEDA à Al-Darb Al-Ahmar.

Des enfants de 6 à 15 ans se réunissent pour entendre les leçons environnementales données par les volontaires et les responsables écologiques.

« Savez-vous que la réduction du nombre d’usines, de machines, de l’émission d’énergie, surtout l’électricité, veut dire lutter contre la pollution ? », demande Paul Smith, directeur du British Council en Egypte, essayant d’expliquer aux enfants comment on peut protéger l’environnement et la raison pour laquelle on a choisi le thème « Changement climatique … et pourquoi je m’y intéresse ? ».

L’Egypte concernée

L’Organisation inter-gouvernementale pour le changement climatique a fait des études sur 130 pays pour conclure que la hausse de la température au cours des 50 dernières années s’explique par une prolifération d’une industrie polluante et l’augmentation du CO2. Ces changements climatiques devraient provoquer une hausse du niveau de la mer d’un taux s’élevant à 6 mètres dans les régions côtières de par le monde. Pour l’Egypte, les experts prévoient une hausse du niveau de la mer au large d’Alexandrie de 30 cm d’ici 2050. Conséquence : 200 km2 de terre seront inondées. La canicule, la sécheresse et les incendies de forêts augmenteront d’une année à l’autre. Bref, c’est un changement de tout un écosystème. Les maladies contagieuses vont se propager suite à l’augmentation des moustiques, le nombre de morts dus à la canicule augmentera considérablement au cours des 25 prochaines années, atteignant 300 000 personnes dans les 4 coins du monde, selon un rapport publié par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). C’est pourquoi les responsables déploient de grands efforts pour sensibiliser la nouvelle génération à travers des colloques et des ateliers qui leur permettent de s’initier au recyclage des déchets. Leur ambition n’est autre que de lutter plus activement contre la pollution dans le pays.

Amina, une volontaire travaillant auprès du British Council, apprend à une quinzaine d’élèves le moyen de recycler tous les déchets résultants de la vie quotidienne et de les transformer en de précieuses œuvres d’art. A l’aide de ciseaux, les enfants coupent les feuilles, les papiers ou les journaux en de petits morceaux, les mélangent avec de la farine, essayant d’en faire plusieurs figures. Ensuite, Amina leur explique  qu’il faut exposer ces figures à la chaleur du soleil pendant trois heures. Après quoi, ils peuvent exposer leurs chefs-d’œuvre sur le mur. « Je suis venue aujourd’hui avec mes parents, j’ai encouragé aussi mes amies à y participer pour bénéficier de cette manifestation un peu étrange pour nous les Egyptiens », déclare Rihab, 13 ans, habitant à Dar Al-Salam, quartier populaire très peuplé et très pollué.

Au cours de cette journée originale, les enfants ont participé à des concours pour la meilleure recherche scientifique dans le domaine de l’écologie, une compétition qui s’est déroulée entre les différentes écoles privées et gouvernementales sur les moyens de respecter les normes écologiques. C’est Mona, élève de Fayoum, qui a remporté le 1er prix.

Dans un autre coin, un certain nombre d’enfants essaye d’expliquer ce qu’ils ont constaté et découvert pendant la journée. Crayons de couleurs en main, ils dessinaient sur de grands tableaux blancs des fleurs et des arbres pollués par la fumée des usines et la mer où il y a si peu de poissons, pollution oblige.

Des enfants et même des parents émerveillés et sensibilisés, de quoi constater l’importance d’organiser plus régulièrement de telles manifestations .

Manar Attiya

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Histoire d’un centre modèle

Le centre Wadi pour les sciences écologiques (WESC), unique en son genre en Egypte, situé à 50 km du Caire sur la route Le Caire-Alexandrie, a commencé ses travaux en 1998, mais n’a ouvert ses portes officiellement qu’en 2003. Le WESC essaie d’appliquer l’idée des classes sans mur. Il donne la chance aux élèves de 6 à 16 ans, venant des écoles internationales, religieuses, privées et gouvernementales de faire des excursions et des tournées écologiques dans la plupart des gouvernorats : Sinaï, Fayoum, Ras Mohamad, Wadi Degla, Siwa ... L’objectif de ces randonnées est de découvrir à un âge tendre tout ce qui concerne le domaine de l’environnement : les conséquences de la pollution, les déchets, l’eau, l’agriculture bio, le développement durable, la biodiversité ...

Le WESC a accueilli, jusqu’à maintenant, 15 000 élèves, parents et professeurs. Entre 30 et 125 enfants rendent visite au centre chaque jour.

L’idée du centre remonte à Lynn Freiji, de nationalité canadienne, qui vit en Egypte depuis 18 ans. « En 1998, j’ai commencé à découvrir que mes trois filles avaient beaucoup de problèmes en assimilant les programmes égyptiens, surtout les sciences, d’une façon théorique. J’accompagnais mes filles dans des excursions d’un ou plusieurs jours pour appliquer tout ce qu’elles apprennent en école. C’était, bien sûr, une très bonne idée ».

A la suite du succès de cette idée du point de vue pratique, Lynn Freiji a vu la nécessité d’inviter les amies de ses filles à les joindre à de telles découvertes. D’une année à l’autre, l’idée est devenue encore plus large en adhérant les classes de toute l’école, et ce, conformément à l’âge des élèves. Après ce succès impeccable, Lynn Freiji pense construire d’autres centres répandus au Caire pour pouvoir satisfaire les besoins de toutes les écoles de l’Egypte .

 M. A.

 




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