Al-Ahram Hebdo, Opinion | Entre société civile et hommes d’affaires
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 Semaine du 23 au 29 mai 2007, numéro 663

 

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Opinion

Entre société civile et hommes d’affaires

 Abdallah Al-Tatawi
Vice-président de l’Université du Caire

Les discours se sont multipliés sur la nécessité d’une contribution de la part de la société civile, institutions et associations, pour faire évoluer l’enseignement et la recherche scientifique en Egypte. En même temps, les dialogues se sont intensifiés sur le rôle des syndicats et des hommes d’affaires dans ces mêmes domaines. D’autant plus que le dossier du chômage des jeunes s’impose de plus en plus à l’ordre du jour. Il est temps en effet d’adopter des initiatives pour trouver des solutions à ce mal qui menace la sécurité des peuples et paralyse la démarche du développement. Et puisque le capital est national, que l’éducation et la recherche scientifique sont des dossiers relatifs à la sécurité nationale, et que les problèmes liés au chômage s’inscrivent tous dans cette même perspective, il ne faut pas que tous ces dossiers restent suspendus. Il est plus que jamais vital que les hommes d’affaires égyptiens révisent leurs comptes pour le bien-être de cette patrie qui leur a beaucoup donné, depuis la gratuité de l’enseignement jusqu’aux statuts privilégiés dans lesquels ils se trouvent aujourd’hui.

Il n’est pas suffisant de nos jours de se contenter d’adopter les étudiants brillants et il n’y a aucun inconvénient à ce que de telles initiatives individuelles s’épanouissent dans un climat de concurrence honnête. Nous attendons surtout que le soutien de la société civile touche les institutions éducatives même sous formes d’aides matérielles ou en espèce. Depuis la mise en place des laboratoires, l’aménagement des classes et salles de conférences, la modernisation des ateliers, l’accès aux appareils technologiques ou la construction des immeubles supplémentaires qui porteraient le nom des donateurs et la création de nouvelles bibliothèques. Il est question également de mettre l’accent sur le principe de solidarité sociale en assumant la charge d’une catégorie d’étudiants tels que les orphelins ou les handicapés. Les hommes d’affaires ne doivent pas se contenter du simple rôle de spectateurs face aux dossiers relatifs à l’éducation et aux problèmes de son financement, ils doivent passer à l’acte. Ils ne doivent pas toujours rester en dehors du système, mais doivent s’y intégrer, et ce, à un moment où la conjugaison des efforts de tous les fils de la patrie s’avère être une condition sine qua non. Tout ceci dans l’espoir d’assurer un avenir meilleur qui reposerait sur la science et la recherche scientifique.

Le simple citoyen est en droit de se demander pourquoi les hôpitaux et les cliniques ne sont pas construits par ces figures de proue du monde des affaires où les services médicaux leur seraient assurés gratuitement et à prix modeste pour les autres.

De même qu’il n’est pas suffisant que l’affaire reste l’apanage d’une minorité alors que nombreux sont ceux qui peuvent apporter leur contribution.

Les hommes d’affaires sont en position de donner davantage et de faire plus que ce qui a été accompli par le peuple, lequel n’a épargné aucun centime afin que des projets voient le jour. Mentionnons à titre d’exemple l’hôpital pour le traitement des enfants cancéreux qui s’est achevé après un travail long et ardu et dans un esprit très civilisationnel. Tout ce qui importe c’est que la volonté des hommes d’affaires armés d’un sens élevé du patriotisme s’oriente vers la modernisation et le développement de l’enseignement universitaire. Ce afin de contrer le phénomène des universités privées destinées à des objectifs purement lucratifs, sans se soucier de la gratuité de l’enseignement pour les enfants des plus démunis. Les universités privées doivent reconsidérer leurs objectifs, surtout qu’elles ont épuisé les ressources des universités gouvernementales en déléguant la plupart de leurs cadres. Elles n’ont pas songé à alléger le chômage ni à développer les cadres scientifiques qui leur sont propres pour que les performances des universités gouvernementales maintiennent leurs places au service de l’enseignement des pauvres.

 

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