Al-Ahram Hebdo, Opinion
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 23 au 29 mai 2007, numéro 663

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Hassan Abou-Taleb
 Politologue

 

Abdallah Al-Tatawi
 Vice-président de l’Université du Caire

 


Edito

Ségrégation raciale

Les pratiques d’Israël à Hébron, en Cisjordanie, ont fini par chasser plus de 40 % des Palestiniens vivant dans le centre de cette ville sacrée à la fois pour les musulmans et les juifs. Ainsi, des milliers de Palestiniens, vivant sous contrôle israélien, ont été contraints à quitter leur domicile et 77 % des commerces palestiniens ont fermé, dont près d’un quart sur ordre de l’armée israélienne.

C’est la constatation faite la semaine dernière par deux organisations israéliennes de défense des droits de l’homme. D’après B’Tselem et l’Association pour les Droits Civils en Israël (ADCI), l’éviction des Palestiniens du centre de Hébron est le résultat de la politique israélienne de séparation entre juifs et Arabes et des privations imposées à la population palestinienne locale. Ainsi, les soldats israéliens commettent-ils régulièrement des actes de harcèlement fréquents et violents contre les Palestiniens, en imposant par exemple des couvre-feux, en leur interdisant l’accès aux grandes artères et en installant chez eux des postes de sécurité. L’armée a également exproprié des Palestiniens habitant le centre-ville de Hébron, deuxième ville de Cisjordanie, afin de protéger les colons. En outre, les soldats se gardent de protéger les habitants palestiniens des attaques menées par des colons.

Selon l’étude, au moins 1 014 maisons ou appartements palestiniens, soit 41,9 % des habitations du secteur, sont aujourd’hui vides. Parmi ces domiciles, 65 % ont été vidés de leurs occupants au cours de la deuxième Intifada, qui a commencé en septembre 2000. Les Palestiniens étaient contraints à quitter le secteur essentiellement à cause des strictes limitations de circulation que leur imposent les forces israéliennes. Le rapport de B’Tselem révèle également que 1 829 boutiques palestiniennes, qui représentaient 76,6 % des commerces du centre de Hébron, sont désormais fermées. Parmi ces échoppes, 62,4 % ont été fermées au cours de la deuxième Intifada.

Environ 160 000 Palestiniens et 500 colons juifs — considérés comme parmi les plus radicaux de la Cisjordanie — habitent Hébron, où se trouve le Tombeau des patriarches, un sanctuaire révéré à la fois par les juifs et par les musulmans. Les colons, qui en citant la Bible, estiment qu’il leur revient de droit de vivre à Hébron, résident dans plusieurs petites enclaves construites depuis 1980 au centre-ville. Israël contrôle le centre de Hébron tandis que les Palestiniens sont maîtres du reste de la ville.

En privilégiant les besoins des colons et en créant une séparation basée sur la race, l’armée israélienne a créé une « ville fantôme » au centre de Hébron. Elle pratique surtout une ségrégation raciale punie par le droit international. Mais qui s’intéresse à appliquer le droit international lorsqu’il s’agit d’Israël ? l

 




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