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Edito Ségrégation raciale
Les
pratiques d’Israël à Hébron, en Cisjordanie, ont fini par chasser plus de 40 %
des Palestiniens vivant dans le centre de cette ville sacrée à la fois pour les
musulmans et les juifs. Ainsi, des milliers de Palestiniens, vivant sous
contrôle israélien, ont été contraints à quitter leur domicile et 77 % des
commerces palestiniens ont fermé, dont près d’un quart sur ordre de l’armée
israélienne.
C’est
la constatation faite la semaine dernière par deux organisations israéliennes
de défense des droits de l’homme. D’après B’Tselem et l’Association pour les
Droits Civils en Israël (ADCI), l’éviction des Palestiniens du centre de Hébron
est le résultat de la politique israélienne de séparation entre juifs et Arabes
et des privations imposées à la population palestinienne locale. Ainsi, les
soldats israéliens commettent-ils régulièrement des actes de harcèlement
fréquents et violents contre les Palestiniens, en imposant par exemple des
couvre-feux, en leur interdisant l’accès aux grandes artères et en installant
chez eux des postes de sécurité. L’armée a également exproprié des Palestiniens
habitant le centre-ville de Hébron, deuxième ville de Cisjordanie, afin de
protéger les colons. En outre, les soldats se gardent de protéger les habitants
palestiniens des attaques menées par des colons.
Selon
l’étude, au moins 1 014 maisons ou appartements palestiniens, soit 41,9 % des
habitations du secteur, sont aujourd’hui vides. Parmi ces domiciles, 65 % ont
été vidés de leurs occupants au cours de la deuxième Intifada, qui a commencé
en septembre 2000. Les Palestiniens étaient contraints à quitter le secteur
essentiellement à cause des strictes limitations de circulation que leur
imposent les forces israéliennes. Le rapport de B’Tselem révèle également que 1
829 boutiques palestiniennes, qui représentaient 76,6 % des commerces du centre
de Hébron, sont désormais fermées. Parmi ces échoppes, 62,4 % ont été fermées
au cours de la deuxième Intifada.
Environ
160 000 Palestiniens et 500 colons juifs — considérés comme parmi les plus
radicaux de la Cisjordanie — habitent Hébron, où se trouve le Tombeau des
patriarches, un sanctuaire révéré à la fois par les juifs et par les musulmans.
Les colons, qui en citant la Bible, estiment qu’il leur revient de droit de
vivre à Hébron, résident dans plusieurs petites enclaves construites depuis
1980 au centre-ville. Israël contrôle le centre de Hébron tandis que les
Palestiniens sont maîtres du reste de la ville.
En
privilégiant les besoins des colons et en créant une séparation basée sur la
race, l’armée israélienne a créé une « ville fantôme » au centre de Hébron. Elle
pratique surtout une ségrégation raciale punie par le droit international. Mais
qui s’intéresse à appliquer le droit international lorsqu’il s’agit d’Israël ?
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