Al-Ahram Hebdo, Evénement | « Certains membres du Fatah ne diffèrent pas beaucoup des Américains ou des Israéliens »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 avril 2006, numéro 606

 

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Evénement

Palestiniens. Fawzi Barhoum, porte-parole du mouvement Hamas, accuse des éléments extérieurs d’attiser la violence entre les Palestiniens. Entretien. 

« Certains membres du Fatah ne diffèrent pas beaucoup des Américains ou des Israéliens » 

Gaza, de notre correspondant —

Al-Ahram Hebdo : Une trêve entre le Hamas et le Fatah a finalement été entérinée, s’agit-il d’un répit en attendant une nouvelle bataille ?

Fawzi Barhoum : Le fait que le Hamas et le Fatah se mettent d’accord pour stopper l’effusion du sang palestinien c’est un point positif, même si c’est la énième trêve. Cette multiplication de rencontres entre les deux mouvements n’est en aucun cas un phénomène négatif, mais un pas pour entamer une nouvelle période, où l’on éliminerait le négatif et renforcerait le positif. La situation palestinienne est difficile. La Palestine est sous occupation, sous les raids, le blocage et vit dans la pauvreté et le chômage. C’est pourquoi je crois que toutes ces répercussions d’un état des lieux compliqué n’allaient pas être résolues par un simple appel téléphonique ni par une ou deux rencontres. Nous devrons bâtir sur chaque élément positif de la rencontre pour enfin réaliser l’intérêt national. Donc, ce n’est pas un répit en attendant une nouvelle bataille ni un repos pour que chacun reprenne son souffle. C’est plutôt une preuve que même si nous nous tuons entre nous, nous pouvons toujours compter sur des gens honnêtes, sur des dirigeants et plus encore sur le peuple palestinien qui s’efforce d’écarter tous ceux qui veulent détruire notre projet national.

— Quels mécanismes préconisez-vous pour éviter que de tels événements ne se reproduisent ?

— Ce problème a été fabriqué de toutes pièces contre le peuple palestinien. Sinon comment expliquez-vous qu’aucun événement aussi violent ne s’était produit avant les législatives ? Les Palestiniens ont passé par de moments extrêmement difficiles. On a vu neuf gouvernements précédents, et jamais on n’a vu à Gaza ce qui s’est passé ces derniers jours. C’est une crise qui nous a été imposée suite aux événements internationaux. Des guerres américaines, et des combats euro-américano-israéliens contre le gouvernement du Hamas, lequel était élu démocratiquement. Tout le monde s’est uni pour isoler le Hamas et punir les Palestiniens pour leur choix démocratique. La crise extérieure s’est petit à petit transformée en crise intérieure. Le blocus, la destruction, l’occupation et la guerre politique et médiatique ont jeté leur ombre sur les institutions de l’Etat : l’Autorité palestinienne, le gouvernement et certainement les factions.

— Ne s’agit-il de simples excuses que d’accuser la communauté internationale ou encore de dire que ces affrontements ont été déclenchés à cause d’éléments de la garde présidentielle et d’autres de la sécurité ?

— Quand je dis que cette crise a été imposée aux Palestiniens, je ne cherche pas à minimiser la responsabilité de ceux qui, sur la scène intérieure, ont encouragé cette situation. Les Américains et les Européens soutenus par les forces d’occupation ont certes trouvé sur la scène palestinienne à qui vendre leur projet. 100 millions de dollars, puis 85 millions puis 60 millions sous le titre de soutenir un mouvement modéré face à un mouvement radical, soutenir la garde présidentielle contre le gouvernement légitime ! Plusieurs pays ont injecté et argent et armes pour renforcer les gardes présidentielles et des membres du Fatah. 450 d’entre eux ont franchi, exceptionnellement, les frontières, munis d’armes et de munitions en tant que force exécutive du Fatah pour s’opposer au Hamas. Ce sont des indices qui démontrent que certains membres de la garde ou du Fatah ne diffèrent pas beaucoup des Américains ou des Israéliens, et pire encore ils sont sur le terrain comme outils d’application.

— Des membres du Hamas ont également été formés à l’étranger ...

— La force exécutive présente à Gaza a été formée sur décision du ministre de l’Intérieur, Saïd Seyam, et a été légalisée par le gouvernement puis par le président de l’Autorité palestinienne. Elle est donc une force régulière faisant parti d’un secteur de sécurité dépendant du gouvernement, et ceci est bien différent d’une milice créée pour ligoter le gouvernement. Il y a ici des contradictions dans la conception. Et lorsque le Hamas parle des Brigades Qassa, c’est l’équivalent des Brigades d’Al-Aqsa au sein du Fatah, une force militaire qui a pour cible les forces d’occupation israélienne .

Achraf Aboul-Hol

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