Palestiniens.
Fawzi
Barhoum,
porte-parole du mouvement Hamas, accuse des éléments
extérieurs d’attiser la violence entre les Palestiniens.
Entretien.
« Certains membres du Fatah ne diffèrent pas beaucoup des
Américains ou des Israéliens »
Gaza, de notre correspondant —
Al-Ahram
Hebdo : Une trêve entre le Hamas et le Fatah a finalement
été entérinée, s’agit-il d’un répit en attendant une
nouvelle bataille ?
Fawzi
Barhoum :
Le fait que le Hamas et le Fatah se mettent d’accord pour
stopper l’effusion du sang palestinien c’est un point
positif, même si c’est la énième trêve. Cette multiplication
de rencontres entre les deux mouvements n’est en aucun cas
un phénomène négatif, mais un pas pour entamer une nouvelle
période, où l’on éliminerait le négatif et renforcerait le
positif. La situation palestinienne est difficile. La
Palestine est sous occupation, sous les raids, le blocage et
vit dans la pauvreté et le chômage. C’est pourquoi je crois
que toutes ces répercussions d’un état des lieux compliqué
n’allaient pas être résolues par un simple appel
téléphonique ni par une ou deux rencontres. Nous devrons
bâtir sur chaque élément positif de la rencontre pour enfin
réaliser l’intérêt national. Donc, ce n’est pas un répit en
attendant une nouvelle bataille ni un repos pour que chacun
reprenne son souffle. C’est plutôt une preuve que même si
nous nous tuons entre nous, nous pouvons toujours compter
sur des gens honnêtes, sur des dirigeants et plus encore sur
le peuple palestinien qui s’efforce d’écarter tous ceux qui
veulent détruire notre projet national.
— Quels mécanismes préconisez-vous pour éviter que de tels
événements ne se reproduisent ?
— Ce problème a été fabriqué de toutes pièces contre le
peuple palestinien. Sinon comment
expliquez-vous qu’aucun événement aussi violent ne
s’était produit avant les législatives ? Les Palestiniens
ont passé par de moments extrêmement difficiles. On a vu
neuf gouvernements précédents, et jamais on n’a vu à Gaza ce
qui s’est passé ces derniers jours. C’est une crise qui nous
a été imposée suite aux événements internationaux. Des
guerres américaines, et des combats
euro-américano-israéliens contre le gouvernement du
Hamas, lequel était élu démocratiquement. Tout le monde
s’est uni pour isoler le Hamas et punir les Palestiniens
pour leur choix démocratique. La crise extérieure s’est
petit à petit transformée en
crise intérieure. Le blocus, la destruction, l’occupation et
la guerre politique et médiatique ont jeté leur ombre sur
les institutions de l’Etat : l’Autorité palestinienne, le
gouvernement et certainement les factions.
— Ne s’agit-il de simples excuses que d’accuser la
communauté internationale ou encore de dire que ces
affrontements ont été déclenchés à cause d’éléments de la
garde présidentielle et d’autres de la sécurité ?
— Quand je dis que cette crise a été imposée aux
Palestiniens, je ne cherche pas à minimiser la
responsabilité de ceux qui, sur la scène intérieure, ont
encouragé cette situation. Les Américains et les Européens
soutenus par les forces d’occupation ont certes trouvé sur
la scène palestinienne à qui vendre leur projet. 100
millions de dollars, puis 85 millions puis 60 millions sous
le titre de soutenir un mouvement modéré face à un mouvement
radical, soutenir la garde présidentielle contre le
gouvernement légitime ! Plusieurs pays ont injecté et argent
et armes pour renforcer les gardes présidentielles et des
membres du Fatah. 450 d’entre eux ont franchi,
exceptionnellement, les frontières, munis d’armes et de
munitions en tant que force exécutive du Fatah pour
s’opposer au Hamas. Ce sont des indices qui démontrent que
certains membres de la garde ou du Fatah ne diffèrent pas
beaucoup des Américains ou des Israéliens, et pire encore
ils sont sur le terrain comme outils d’application.
— Des membres du Hamas ont également été formés à l’étranger
...
— La force exécutive présente à Gaza a été formée sur
décision du ministre de l’Intérieur, Saïd
Seyam, et a été légalisée par le
gouvernement puis par le président de l’Autorité
palestinienne. Elle est donc une force régulière faisant
parti d’un secteur de sécurité dépendant du gouvernement, et
ceci est bien différent d’une milice créée pour ligoter le
gouvernement. Il y a ici des contradictions dans la
conception. Et lorsque le Hamas parle des Brigades
Qassa, c’est l’équivalent des
Brigades d’Al-Aqsa au sein du
Fatah, une force militaire qui a pour cible les forces
d’occupation israélienne .
Achraf Aboul-Hol