Al-Ahram Hebdo, Evénement | Le casse-tête de la sécurité à Gaza
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 avril 2006, numéro 606

 

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Evénement

Palestiniens . Les luttes d’influence pour maîtriser ce secteur sont l’une des causes principales des affrontements interpalestiniens. 

Le casse-tête de la sécurité à Gaza 

Gaza, de notre correspondant —

Les combats entre le Fatah et le Hamas, s’ils ont choqué les observateurs en dehors des territoires palestiniens, semblaient évidents pour ceux qui, sur le terrain, suivaient le déroulement des choses. Les raisons de cette explosion étaient bien là depuis un bon moment, mais personne n’osait en parler. Il faut creuser un peu plus pour savoir que le Fatah, qui pendant 42 ans incarnait le symbole de la lutte palestinienne, est presque absent du terrain. Le mouvement est en effet dominé par une branche qui ne reflète en rien ses principes et son histoire, omettant qu’il est encore un mouvement de résistance dans un pays toujours occupé. Celle-ci se comporte pourtant comme si elle faisait partie d’un Etat bien établi déclarant ainsi la guerre à tous ceux qui oseraient partager le pouvoir avec elle. Les anciens dirigeants et figures emblématiques du Fatah sentent que le tapis est en train de se retirer en faveur d’intérêts personnels. De quoi pousser des dirigeants du mouvement, comme Ahmad Nasr, de recourir à la justice pour persuader Abou-Mazen, le président affaibli, de revenir sur ses décisions en faveur d’une force exécutive au sein du Fatah. Ahmad Heles, dit Abou-Maher, a, lui, tenu une conférence de presse en présence de milliers de partisans du mouvement à Gaza, appelant Abou-Mazen à se dissocier des porteurs d’armes qui veulent vaincre le Hamas militairement. En effet, de plus en plus de leaders du mouvement de Arafat ont commencé à rompre le silence qu’ils s’étaient imposés depuis la mort d’Abou-Ammar. Les différends au sein du Fatah ne sont plus secrets, et sur le terrain l’on ne cesse de rappeler que cette crise sécuritaire est loin d’être le seul résultat de l’arrivée du Hamas au pouvoir. Il faudrait remonter à 2004, lorsque Arafat s’est trouvé l’objet d’une manifestation orchestrée, a-t-on dit à l’époque, par Mohamad Dahlane, lui-même chargé de la sécurité préventive.

Si le premier gouvernement du Hamas s’est écroulé en raison du blocus économique et de l’insécurité, ceci n’est pour autant pas nouveau. En juin 2005, le Fatahiste Ahmad Qorei, premier ministre alors, avait menacé de « suspendre les activités de son cabinet, si les forces de sécurité ne respectaient pas l’ordre ».

Le contrôle de forces de sécurité, aussi nombreuses, était la mission difficile des gouvernements palestiniens successifs. L’Autorité palestinienne, elle-même née dans la foulée d’Oslo, était surtout basée sur les institutions de sécurité. L’appartenance au Fatah est ainsi devenue la porte ouverte pour toute nomination au sein de ces services, qui se sont trop gonflés aux dépens de leur efficacité et discipline. Un groupe de jeunes chômeurs armés peuvent tout d’un coup s’auto-proclamer le maître d’une rue ou d’un camp pour obliger l’Autorité à les affilier au service de sécurité, surtout la police. L’importance de ces institutions s’est concrétisée lorsqu’Abou-Mazen a adopté des décrets lui permettant de mettre la main sur la majorité des services de sécurité à la place du gouvernement, comme l’exige l’article 70 de la loi fondamentale. L’accord de La Mecque a prévu de nommer un ministre de l’Intérieur indépendant pour résoudre la crise. Hani Al-Qawasmeh, le désigné, a établi un plan de sécurité à appliquer en cent jours. Mais une fois ce programme approuvé, il s’est plaint à Omar Soliman, chef du service des renseignements égyptien et l’un des principaux médiateurs pour les affaires interpalestiniennes, que des « forces de l’ombre » entravent son travail. Il s’agirait notamment du directeur de la Sûreté générale, Rachid Abou-Chebak. Ce dernier, plus tard, soutenu par Dahlane, conseiller de la sécurité nationale, a déployé ses troupes dans les rues pour appliquer un plan de sécurité spécial. Elles se sont heurtées aux éléments de la résistance installés sur les frontières. Le ministre de l’Intérieur, incapable comme ses prédécesseurs à mener sa tâche à bien, a fini par démissionner .

Achraf Aboul-Hol

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Les forces en présence 

Les deux principaux acteurs sur la scène palestinienne, qui apparaissent comme deux antagonistes à objectifs communs mais moyens différents.

Le Hamas

Le Hamas est un mouvement né de celui des Frères musulmans. Il a débuté dans les années 1960, dit souvent sous l’influence de leurs homologues en Egypte, avant de se trouver contraint à participer à la vie politique dans les années 1980. Le cheikh Ahmad Yassine, assassiné en mars 2004 par les forces israéliennes, est le fondateur de ce mouvement en 1987 avec pour objectif de participer à la lutte nationale contre l’occupation déclenchée par la première Intifada. Le nom « Hamas » lui-même est l’abréviation en arabe du Mouvement de résistance islamique. L’idéologie officielle du Hamas se veut à la fois islamiste et nationaliste. Elle est exprimée dans la charte du Hamas sur la volonté d’établir un Etat palestinien et religieux avec l’islam à sa base. Le grand nœud de ce Hamas est sa non-reconnaissance de l’Etat d’Israël. Une situation qui a créé une grande impasse, notamment avec son arrivée au pouvoir et les énormes pressions menées par la communauté internationale sur son gouvernement.  

Le Fatah

Le Fatah est un mouvement de libération nationale qui a été fondé en 1959 par Yasser Arafat, Salah Khalaf et Khalil Al-Wazir. Dès sa fondation, son objectif était très clair : « Libérer tout le territoire palestinien de l’entité sioniste ». C’est ainsi qu’ils ont lancé leur branche armée « Al-Assifa », composée de fedayins pour mener la lutte contre les Israéliens, avant ensuite d’opter pour une politique plus pacifique à partir de 1972, visant à établir la légitimité de la cause palestinienne sur le niveau international. Au fil des ans, le Fatah est devenu la principale force du nationalisme palestinien et a constitué l’épine dorsale de l’Autorité palestinienne mise en place dans le cadre des accords d’Oslo, à partir de 1993. C’est ainsi qu’ils sont devenus ensemble la seule force reconnue par la communauté internationale et perçue comme le représentant des Palestiniens. Le Fatah présente une tendance plus modérée que le Hamas et accepte des négociations directes avec Israël.

 




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