Al-Ahram Hebdo, Evénement | « L’accord de La Mecque n’est pas la référence essentielle »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 avril 2006, numéro 606

 

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Evénement

Palestiniens. Azzam Al-Ahmad, vice-premier ministre palestinien et ancien président du groupe parlementaire du Fatah, estime que les factions palestiniennes doivent s’engager dans un dialogue plus profond et franc sur les raisons qui ont mené au chaos. 

« L’accord de La Mecque n’est pas la référence essentielle » 

Gaza, de notre correspondant —

Al-Ahram Hebdo : Comment faire en sorte que la dernière trêve conclue entre le Fatah et le Hamas ne devienne pas lettre morte ?

Azzam Al-Ahmad : Une fois achevée l’opération du retrait des personnes armées traînant dans les rues et occupant les tours, les barrières de sécurité éliminées et un retour au calme enregistré, il faut que les factions palestiniennes soient motivées par une volonté réelle de mettre un terme à ce conflit. Je crois qu’elles doivent s’engager dans un dialogue plus profond et franc sur les raisons qui ont mené à ce chaos. Il faut aussi déterminer les objectifs que nous voulons atteindre. Des appels multiples ont été lancés durant cette période de turbulence pour apporter un amendement à l’accord de La Mecque en prônant l’accord Mecque II, et je crois que ceci était la raison essentielle derrière ces violences.

Il est aussi nécessaire de réajuster rapidement la situation des institutions de sécurité et de mettre en vigueur le plan de sécurité adopté par le gouvernement. Il est également question d’interdire toute participation des milices armées dans l’application de ce plan sécuritaire en faisant assumer uniquement aux appareils sécuritaires légitimes toute la responsabilité.

— Selon le Hamas, des éléments de la garde présidentielle seraient-ils derrière la récente tension ?

— La garde présidentielle et les appareils de sécurité sont des canaux légitimes avant même que le Hamas ne voie le jour. Lorsque le Hamas parle de cette manière de la garde du président, c’est comme s’il exprimait son désengagement de la légitimité nationale et son non respect des systèmes et des lois en vigueur. Rappelons-nous à cet égard le communiqué présidentiel du juin 2006 décrétant l’illégalité de la force exécutive que le gouvernement du Hamas avait mise en place. Abou-Mazen avait donné son accord, non pas pour former une force sécuritaire dépendante du Hamas mais pour désigner des éléments qui seront consacrés à certaines tâches sécuritaires.

— Toutes les factions ne devraient-elles pas être regroupées au sein de ce gouvernement comme l’exige l’accord de La Mecque ?

— L’Histoire a prouvé qu’il était impossible de réunir toutes les couleurs de l’arc-en-ciel politique en un seul gouvernement. Ce sont toujours les principales forces qui entrent en jeu. Le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), actif dans la vie politique, a fait le choix de ne pas être présent dans ce cabinet. Mais rappelons-nous que l’accord de La Mecque n’est pas la référence essentielle. Celle-ci s’incarne dans le document d’entente nationale agréé par tous. L’accord de La Mecque n’est qu’un simple mécanisme et il interprète certains points essentiels ni plus ni moins .

Achraf Aboul-Hol

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Ils ont dit

« Le peuple palestinien doit s’unir devant l’occupation israélienne et mettre de côté tout le reste ».

Ismaïl Haniyeh, premier ministre palestinien.

 

« Il s’agit du chapitre le plus sombre de l’histoire palestinienne, et il est nécessaire qu’Abou-Mazen soit sur place pour œuvrer à la fin des combats fratricides ».

Saëb Eraqat, principal négociateur palestinien.

 

« Ces affrontements dépassaient une ligne rouge que les différentes factions doivent s’engager à ne plus franchir ».

Hosni Moubarak, le président égyptien.

 

« Les Palestiniens doivent comprendre que le Hamas les mène droit au désastre, un vrai désastre ».

Amir Peretz, ministre israélien de la Défense. 

« Les combats ont éclaté car l’accord de La Mecque n’avait pas résolu les véritables problèmes entre les factions ayant des stratégies, des visions et des relations opposées avec les pays étrangers ».

Ibrahim Abrach, professeur à l’Université d’Al-Azhar de Gaza. 

« Ce matin, je voulais amener ma fille au jardin d’enfants, mais je n’ai pas pu passer à cause des barrages routiers. Toutes les boutiques sont fermées et les rues vides. La population de Gaza écoute seulement les nouvelles et les coups de feu ».

Nabil Diab, chargé des relations publiques pour le Croissant-Rouge palestinien à Gaza. 

« Les gamins avaient l’habitude de jouer aux Palestiniens contre les Israéliens. Maintenant, ils jouent au Fatah contre le Hamas ».

Un père palestinien de deux enfants. 

« Si ces combats continuent, nous allons nous anéantir nous-mêmes ».

Une habitante de Gaza. 

« Les balles ont pulvérisé les fenêtres et criblé les murs de la chambre. Les enfants pleuraient et nous leur avons crié de cesser les tirs ».

Oum Ahmad, une mère de famille de 40 ans du quartier d’Al-Nakousi, racontant une nuit de cauchemar.

 




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