Plomb. Les usines
de Choubra Al-Kheima ont été transférées loin des habitations et les sites
dépollués sont devenus « amis de l’environnement ». Un travail de deux ans et
demi rendu possible par l’Agence américaine pour le développement (USAID).
Une page est tournée à Choubra
Al-Kheima
A
l’entrée des lieux, des cris de joie stridents éclatent, des tempêtes
d’applaudissements retentissent. « Notre quartier est redevenu sain suite à la
restauration des sites, qui sont devenus aujourd’hui amis de l’environnement. Notre
santé, et surtout celle de nos enfants, va s’améliorer », déclarent les
habitants du quartier de Choubra Al-Kheima, dans le gouvernorat de Qalioubiya. Ils
sont, avec divers responsables écologiques, en pleine célébration des
principales usines de plomb du quartier, d’où est tirée 70 % de la production
de plomb en Egypte. C’est aussi l’inauguration de dix endroits dépollués à
Choubra Al-Kheima, dont le centre médical Al-Kablat, une école primaire et une
autre préparatoire.
Après
une longue période d’études et de consultations, l’Agence américaine pour le
développement international (USAID) a exécuté ce projet afin de faire de
Choubra Al-Kheima un sanctuaire, loin de toute pollution. L’objectif est de
réduire le taux de pollution en plomb et en métaux lourds des sols et des
logements.
Commencé
en septembre 2004, ce projet s’est achevé fin avril 2007. Il est le premier de
son genre et intervient dans le cadre de la collaboration avec le ministère de
l’Environnement, le gouvernorat de Qalioubiya et l’USAID. Intitulé LIFE-LEAD,
son coût a été de 32 millions de L.E., financé entièrement par l’USAID, qui a
déjà versé 230 millions de dollars ces 10 dernières années à l’Egypte pour
d’autres projets écologiques, précise John Groarke, vice-directeur de l’USAID
en Egypte.
Il ne
fait pas de doute que l’expertise des Américains dans le domaine de la
pollution et de la lutte contre ses facteurs a beaucoup aidé les Egyptiens à se
défaire de ce gros problème posé par le plomb. « On a choisi ce lieu comme
point de départ, car il est le plus pollué d’Egypte avec des effets néfastes
sur la santé des citoyens, en particulier les enfants et les femmes », a
déclaré le ministre de l’Environnement, Magued Georges. Car le cancer, dans cet
environnement saturé de plomb, peut frapper une personne sur 1 000, alors que
le taux est d’un individu sur un million dans un milieu sain. Quant aux enfants
de moins de 7 ans, ils sont 55 % à être exposés à des dangers sanitaires, alors
que le chiffre ne dépasse pas 5 % en zone normale. Pire encore, une école
primaire est située dans la rue qui abritait les plus importantes plomberies du
pays. Au total, le quartier compte 7 500 enfants en primaire et 1 200 en
préparatoire. « Les enfants sont particulièrement vulnérables à l’exposition au
plomb qui peut, entre autres, endommager le cerveau et les reins », explique le
Dr Heba Wafa, médecin au sein du projet LIFE. « Les fœtus et les nourrissons
sont les plus fragiles. Une concentration élevée de plomb peut occasionner une
baisse des facultés auditives ou encore une mauvaise coordination des
mouvements. Le saturnisme peut aussi occasionner une léthargie ou un
comportement agressif », poursuit-elle.
Formations de sept mois
A
Choubra Al-Kheima, les responsables écologiques ont commencé par analyser le
taux de plomb dans les constructions. « On a dû dépolluer 9 500 m2 de
constructions, dont le niveau de pollution est de 350 000 microgrammes de
plomb/gramme. Un terrain de 500 m2 contient 400 000 microgrammes de
plomb/gramme. Tandis que le niveau idéal pour cette surface varie entre 1 100
et 1 500 microgrammes de plomb/gramme », a noté John Groarke, vice-directeur de
l’USAID en Egypte. « Une école primaire d’une superficie de 3 534 m2 et une
autre préparatoire de 5 640 m2 » ont également été dépolluées, a ajouté M.
Magued Georges. « Par la suite, le plomb recueilli a été transféré dans une
fosse pour déchets dangereux inaugurée récemment par le ministre de
l’Environnement et située dans le gouvernorat d’Alexandrie. Et les usines de
plomb ont été aussi transférées de Choubra Al-Kheima à la nouvelle région
industrielle Al-Safa, située à Abou-Zaabal », explique le gouverneur de
Qalioubiya, Adli Hussein.
La
sensibilisation des habitants est aussi très importante pour atteindre les
résultats escomptés, un aspect que le projet LEAD n’a pas manqué de prendre en
compte. Ainsi, grâce à la coopération de différentes ONG, il fallait expliquer
aux familles comment limiter la pollution par le plomb dans les foyers. « Les
habitants, et en particulier les hommes, ne comprennent pas qu’il existe un
problème de pollution dû au plomb. Les femmes sont, elles, plus conscientes du
danger et se montrent plus déterminées à changer le sort de leur quartier »,
soulignent les responsables du projet LEAD. C’est la raison pour laquelle le
projet LIFE a contribué à sensibiliser la population du quartier. Les
techniciens ont suivi des formations de sept mois sur des conséquences néfastes
de la pollution des métaux lourds sur la santé et des moyens de lutter et de se
protéger : 1 045 personnes ont assisté aux stages, dont 1 021 femmes et 24
hommes.
Selon
le ministère de l’Environnement, ce projet n’est qu’un début. En effet, il
existe un plan quinquennal pour limiter la présence de polluants près des
populations. Il ne sera sans doute pas le seul pour venir à bout des
difficultés dans ce domaine .
Manar Attiya
En bref
Oiseaux migrateurs
Les associations de protection des oiseaux chypriotes ont accusé dernièrement le gouvernement d’avoir cédé face aux chasseurs, en autorisant la chasse aux oiseaux migrateurs. Cette mesure contrevenant, selon elles, aux directives de l’Union Européenne (UE). Cette autorisation, visant les tourterelles des bois qui reviennent d’Afrique vers l’Europe, fait peser une menace inacceptable à une espèce menacée sur le continent, estiment les associations. Birdlife International, une alliance mondiale d’organisations de protection des oiseaux, a demandé l’intervention de la Commission européenne, qui a déjà entamé une procédure d’infraction contre Malte, autre pays membre de l’UE autorisant la chasse au printemps. Selon des chiffres officiels, entre 19 000 et 30 000 tourterelles des bois sont tuées chaque automne à Chypre, pendant la période régulière de chasse.
CITES
Les représentants américains qui participeront à la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES) ont annoncé qu’ils défendraient les tigres à Pékin. La Chine pense sérieusement à lever son embargo sur le commerce de tigres. Ce commerce permettrait la création d’un marché légal pour les tigres d’élevage mais fournirait également une couverture pour les trafiquants qui pourraient ainsi mettre sur le marché des produits provenant d’animaux sauvages. Des parties du corps du tigre sont utilisées en pharmacie car on leur prête des vertus médicinales ou aphrodisiaques, et les peaux de tigres sont très demandées par les Chinois les plus riches. La décision de la Chine sera discutée du 3 au 15 juin, lors de la prochaine conférence de la CITES à La Haye. Les Etats-Unis entendent également défendre une ligne ferme pour maintenir l’interdiction du commerce de l’ivoire et pour empêcher que soit levé le moratoire sur la chasse à la baleine comme le souhaite le Japon. Ils demanderont en revanche l’autorisation de chasser le lynx, estimant que cette espèce n’est plus en danger d’extinction. La convention interdit strictement le commerce de quelque 530 animaux et 300 espèces de plantes et restreint la commercialisation de 4 460 autres animaux et 28 000 plantes.
Energie éolienne
Le gouvernement danois possède un plan avec pour objectif de doubler la part des énergies renouvelables d’ici 2025, massivement tirée du vent, pour la porter à au moins 30 % de l’énergie consommée au Danemark. L’un des grands émetteurs de CO2, principal gaz à effet de serre, le Royaume scandinave, qui abritera en 2009 le sommet mondial du climat, veut ainsi montrer la voie dans la lutte contre le réchauffement climatique. Déjà, les quelque 5 200 éoliennes du pays, en majorité installées à terre, fournissent 20 % des besoins en électricité, chiffre qui devrait être porté à 50 %, voire 75 % en 2025, grâce à 23 parcs éoliens offshore prévus en mer. Pour le ministre de l’Energie, Flemming Hansen, « l’avenir appartient aux éoliennes offshore, et nous devons miser fortement là-dessus même si elles sont plus chères, pour tenir compte de la population qui souhaite les voir en mer ». Car à terre, dans ce pays de 43 000 km2, il y a de moins en moins de place pour les éoliennes, qui rencontrent une certaine résistance d’une frange de la population et des défenseurs de la nature.