Al-Ahram Hebdo, Egypte | Le règlement se profile 
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 23 au 29 mai 2007, numéro 663

 

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Egypte
Mines Antipersonnel . Cinq sociétés étrangères de déminage doivent effectuer des tests près de la ville du 6 Octobre. L’une d’entre elles sera retenue pour déminer, dès janvier 2008, le désert de la Côte-Nord.  

Le règlement se profile  

Le dossier des mines de la Côte-Nord est de nouveau ouvert. Une lueur d’espoir semble se profiler pour les habitants de cette région, témoin de milliers de victimes et de blessés résultant des mines antipersonnel enfouies depuis la seconde guerre mondiale. « Les problèmes des mines sur la Côte-Nord qui persistent depuis 63 ans représentent une violation des droits de l’homme et privent les Egyptiens de leurs droits au développement et à un environnement sain », a déclaré Fayza Aboul-Naga, ministre d’Etat pour la Coopération internationale.

Depuis l’année 2000, le ministère de la Coopération internationale travaille sur ce dossier. Ainsi, pendant cette même année, un comité national de suivi de déminage a-t-il été créé et réussi à soulever cette question avec l’Onu. Grâce à l’effort de ce comité, le ministère de la Coopération internationale et les forces armées ont pu signer un accord en novembre 2006 avec le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) pour participer avec l’Etat au déminage de cette région. Conformément à cet accord, cinq grandes compagnies étrangères (Chiya, Forester, Etinger, Mayen Lap et Fallen) ont été choisies par le Pnud afin d’effectuer des tests de déminage dans le désert du 6 Octobre. Une commission de spécialistes étrangers et égyptiens en déminage doit choisir parmi ces cinq compagnies celle qui sera chargée des travaux de déminage dans le désert occidental. La compagnie choisie doit commencer les travaux de déminage en janvier 2008 et ils dureront 18 mois. « Ce qui rend le problème difficile c’est l’absence de cartes indiquant l’emplacement des mines. Nous aurons recours à des appareils de pointe pour détecter l’emplacement des mines à de longues distances et à de grandes profondeurs », explique le représentant de la société américaine Forester. Selon les chiffres officiels, le nombre de victimes depuis 1982 s’élève à 696 morts et 7 617 blessés. D’autres chiffres affirment que depuis 1942, 3 200 personnes ont trouvé la mort dans des champs de mines aux alentours d’Al-Alamein, et 4 700 personnes ont été blessées. La majorité de ces victimes sont des bédouins qui vivent dans le désert occidental.

Cette région renferme 23 millions de mines et en raison des guerres successives, le dossier du déminage a été négligé. Il n’était pas prioritaire aux yeux du gouvernement, d’autant plus que le désert occidental n’était pas peuplé. C’est à partir des années 1980 que l’Egypte a commencé à aborder plus attentivement le dossier des mines, afin d’investir dans la région, notamment dans le domaine du tourisme. En 1983, les forces armées en ont été chargées. Les travaux se sont arrêtés en 1993. Durant cette période, l’Etat a pu retirer 2,9 millions de mines, ce qui a coûté à l’Etat 27 millions de L.E. « Le gouvernement a arrêté le financement car les travaux de déminage étaient très coûteux. Le coût de déminage d’une seule mine s’élève à 300 dollars, et peut aller jusqu’à 1 000 dollars, selon la nature du sol. Mais actuellement, la situation est différente. 80 % du coût du déminage sera investi par le Pnud et le reste par le gouvernement », explique Amin Al-Charqawi, représentant du Pnud. Les conséquences de ce projet, selon la ministre Fayza Aboul-Naga, seront très positives dans l’avenir surtout en matière d’investissement étranger. « Cette région est très propice à un développement économique, agricole et touristique. Elle renferme beaucoup de richesses, de pétrole, de gaz naturel, de métaux et de feddans favorables à une expansion agricole. Elle peut assimiler 1,5 million d’habitants en 2022, sans compter qu’elle pourrait attirer des investissements touristiques ». Les efforts du ministère de la Coopération internationale ne s’arrêtent pas là. Fathi Al-Chazli, président du comité de déminage dépendant du ministère, explique que le comité va avoir recours à la justice internationale pour forcer les pays qui ont enfoui les mines tels que l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne à indemniser l’Egypte pour tous les dégâts économiques et humains. « Surtout que ces pays qui plaident pour les droits de l’homme sont les premiers à refuser de nous aider financièrement ou de nous fournir des appareils sophistiqués pour faciliter le déminage », assure Al-Chazli. Il ajoute que le comité va signer un accord avec l’Onu pour l’aider à la réhabilitation des victimes qui n’ont été soumises jusqu’à présent à aucun programme de réhabilitation. Un plan-pilote, mais qui ressemble pour l’instant à un rêve pour les habitants de la Côte-Nord qui, depuis 60 ans, n’observent rien de concret sur leur situation.

Mirande Youssef

 

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