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Mines Antipersonnel
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Cinq sociétés étrangères de déminage doivent effectuer des tests
près de la ville du 6 Octobre. L’une d’entre elles sera retenue
pour déminer, dès janvier 2008, le désert de la Côte-Nord.
Le
règlement se profile
Le
dossier des mines de la Côte-Nord est de nouveau ouvert. Une
lueur d’espoir semble se profiler pour les habitants de cette
région, témoin de milliers de victimes et de blessés résultant
des mines antipersonnel enfouies depuis la seconde guerre
mondiale. « Les problèmes des mines sur la Côte-Nord qui
persistent depuis 63 ans représentent une violation des droits
de l’homme et privent les Egyptiens de leurs droits au
développement et à un environnement sain », a déclaré Fayza
Aboul-Naga, ministre d’Etat pour la Coopération internationale.
Depuis l’année 2000, le ministère de la Coopération
internationale travaille sur ce dossier. Ainsi, pendant cette
même année, un comité national de suivi de déminage a-t-il été
créé et réussi à soulever cette question avec l’Onu. Grâce à
l’effort de ce comité, le ministère de la Coopération
internationale et les forces armées ont pu signer un accord en
novembre 2006 avec le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le
Développement) pour participer avec l’Etat au déminage de cette
région. Conformément à cet accord, cinq grandes compagnies
étrangères (Chiya, Forester, Etinger, Mayen Lap et Fallen) ont
été choisies par le Pnud afin d’effectuer des tests de déminage
dans le désert du 6 Octobre. Une commission de spécialistes
étrangers et égyptiens en déminage doit choisir parmi ces cinq
compagnies celle qui sera chargée des travaux de déminage dans
le désert occidental. La compagnie choisie doit commencer les
travaux de déminage en janvier 2008 et ils dureront 18 mois. «
Ce qui rend le problème difficile c’est l’absence de cartes
indiquant l’emplacement des mines. Nous aurons recours à des
appareils de pointe pour détecter l’emplacement des mines à de
longues distances et à de grandes profondeurs », explique le
représentant de la société américaine Forester. Selon les
chiffres officiels, le nombre de victimes depuis 1982 s’élève à
696 morts et 7 617 blessés. D’autres chiffres affirment que
depuis 1942, 3 200 personnes ont trouvé la mort dans des champs
de mines aux alentours d’Al-Alamein, et 4 700 personnes ont été
blessées. La majorité de ces victimes sont des bédouins qui
vivent dans le désert occidental.
Cette région renferme 23 millions de mines et en raison des
guerres successives, le dossier du déminage a été négligé. Il
n’était pas prioritaire aux yeux du gouvernement, d’autant plus
que le désert occidental n’était pas peuplé. C’est à partir des
années 1980 que l’Egypte a commencé à aborder plus attentivement
le dossier des mines, afin d’investir dans la région, notamment
dans le domaine du tourisme. En 1983, les forces armées en ont
été chargées. Les travaux se sont arrêtés en 1993. Durant cette
période, l’Etat a pu retirer 2,9 millions de mines, ce qui a
coûté à l’Etat 27 millions de L.E. « Le gouvernement a arrêté le
financement car les travaux de déminage étaient très coûteux. Le
coût de déminage d’une seule mine s’élève à 300 dollars, et peut
aller jusqu’à 1 000 dollars, selon la nature du sol. Mais
actuellement, la situation est différente. 80 % du coût du
déminage sera investi par le Pnud et le reste par le
gouvernement », explique Amin Al-Charqawi, représentant du Pnud.
Les conséquences de ce projet, selon la ministre Fayza
Aboul-Naga, seront très positives dans l’avenir surtout en
matière d’investissement étranger. « Cette région est très
propice à un développement économique, agricole et touristique.
Elle renferme beaucoup de richesses, de pétrole, de gaz naturel,
de métaux et de feddans favorables à une expansion agricole.
Elle peut assimiler 1,5 million d’habitants en 2022, sans
compter qu’elle pourrait attirer des investissements
touristiques ». Les efforts du ministère de la Coopération
internationale ne s’arrêtent pas là. Fathi Al-Chazli, président
du comité de déminage dépendant du ministère, explique que le
comité va avoir recours à la justice internationale pour forcer
les pays qui ont enfoui les mines tels que l’Allemagne, l’Italie
et la Grande-Bretagne à indemniser l’Egypte pour tous les dégâts
économiques et humains. « Surtout que ces pays qui plaident pour
les droits de l’homme sont les premiers à refuser de nous aider
financièrement ou de nous fournir des appareils sophistiqués
pour faciliter le déminage », assure Al-Chazli. Il ajoute que le
comité va signer un accord avec l’Onu pour l’aider à la
réhabilitation des victimes qui n’ont été soumises jusqu’à
présent à aucun programme de réhabilitation. Un plan-pilote,
mais qui ressemble pour l’instant à un rêve pour les habitants
de la Côte-Nord qui, depuis 60 ans, n’observent rien de concret
sur leur situation.
Mirande
Youssef |