Al-Ahram Hebdo, Egypte | Satisfecit officiel et réserves des ONG
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 23 au 29 mai 2007, numéro 663

 

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Egypte

Droits de l’Homme. L’Egypte a été élue membre du Conseil des droits de l’homme de l’Onu avec 168 voix sur 192, pour un mandat de trois ans.  

Satisfecit officiel et réserves des ONG 

L’Egypte va donc représenter l’Afrique au sein de ce conseil avec Madagascar, l’Angola et l’Afrique du Sud. Cet organe de l’Onu a été créé en mars 2006 et il est chargé de promouvoir le respect universel et la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales sans distinction. Il compte 47 membres. Pour être élue, l’Egypte devait obtenir, au cours de la session de l’Assemblée générale du jeudi 17 mai à New York, une majorité d’au moins 97 voix.

L’entrée de l’Egypte au sein de ce conseil intervient au moment où le gouvernement fait face à une vague de critiques tant sur le plan interne qu’externe pour manquement aux principes des droits de l’homme. Malgré tout, le ministère des Affaires étrangères se félicite de cette élection qu’il qualifie de « réussite pour l’Egypte » et de « démonstration de confiance de la part des membres de l’Onu ». Le chef de la diplomatie, Ahmad Aboul-Gheit, a ainsi déclaré : « C’est une nouvelle preuve du respect de la communauté internationale envers notre pays. C’est aussi la réponse à toutes les critiques contre la politique de réforme engagée par l’Egypte ». Les responsables aux Affaires étrangères assurent que Le Caire a déjà deux initiatives à soumettre au conseil, à savoir un projet pour faire face à la diffamation des religions et un autre sur la protection des civils durant les conflits armés.

Une question se pose cependant. L’obtention de ce siège va-t-elle avoir un effet positif sur la situation des droits de l’homme en Egypte ? Hafez Abou-Seada, secrétaire général de l’Organisation Egyptienne des Droits de l’Homme (OEDH), ne le pense pas. « On ne s’attend pas à un grand changement de la part du gouvernement en matière de droits de l’homme et de libertés fondamentales. Mais ce mandat sera peut-être un moyen de pression sur le gouvernement pour l’inciter à améliorer la situation actuelle des droits de l’homme. Nous souhaitons que cette nouvelle fonction crée quelques avantages et pousse le gouvernement à adopter des réformes de démocratisation pour redorer son blason à l’étranger », affirme-t-il.

Nagad Al-Boraï, de l’Association pour le développement de la démocratie, considère que ce siège est une obligation implicite pour le gouvernement de changer son attitude quant au dossier des droits de l’homme.

« L’amélioration de la situation des libertés fondamentales passe par un partenariat entre les ONG et l’Etat, qui doivent travailler ensemble pour élaborer une politique d’ouverture en matière de liberté de la presse et d’amélioration de la condition des prisonniers », assure-t-il. Sur un ton plus critique, Amir Salem, secrétaire général de l’Association nationale des droits de l’homme, qualifie ce 17 mai de « journée noire dans l’histoire des droits de l’homme en Egypte. A mon avis, l’élection de l’Egypte au sein du Conseil des droits de l’homme prouve l’ambiguïté de la position de l’Onu sur ce sujet. D’un côté, elle se veut promotrice de certaines valeurs, et de l’autre, le choix de l’Egypte pour siéger à ce conseil correspond à une volonté de contenter un fidèle allié dans la région. De plus, la diplomatie égyptienne a bien su jouer son rôle pour renvoyer une image erronée de la situation concrète des droits de l’homme », affirme-t-il. Il ajoute que si aucune réforme de fond n’est adoptée, alors la situation des droits de l’homme ne connaîtra aucune amélioration concrète.

« Aucun pays ne peut se vanter d’avoir rempli tous les critères des droits de l’homme », renchérit un responsable du ministère des Affaires étrangères ayant requis l’anonymat, et trouve inacceptables les arguments avancés par les associations. Selon lui, il n’existe pas de concept universel des droits de l’homme. Nabil Abdel-Fattah, chercheur au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, estime, quant à lui, que ce siège est le résultat d’une opération de compromis politique entre les pays .

Ola Hamdi

 

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