Al-Ahram Hebdo, Economie | Economie et politique s’entremêlent
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 23 au 29 mai 2007, numéro 663

 

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Economie

Forum Economique Mondial . Réuni à Shouneh, en Jordanie, il n’a pas pu échapper à d’importantes discussions sur l’instabilité politique dans la région, en particulier à propos du conflit israélo-palestinien.  

Economie et politique s’entremêlent 

Le business prévaut même si on s’entretue. Tel est le message qu’a voulu envoyer le 5e Forum économique mondial (FEM) pour le Moyen-Orient, tenu au bord de la mer Morte en Jordanie du 18 au 20 mai. Et ce, en lançant au cours du premier jour, en marge du Forum, l’établissement du Conseil d’affaires israélo-palestinien. Cela au moment où Israël se livre à des raids aériens dans la bande de Gaza, faisant des dizaines de victimes et que les violences interpalestiniennes ont repris. « Cela montre que même si politiquement les gens ne sont pas dans le même camp, ils peuvent collaborer au niveau des affaires et il y a de vraies opportunités pour avancer dans ce sens », a commenté Andre Schneider, directeur général du Forum économique mondial. A l’instar de l’année passée, la situation et les conflits au Moyen-Orient, surtout le conflit israélo-palestinien, l’ont emporté sur l’économie lors des discussions du Forum. Le roi Abdallah II de Jordanie a ouvert vendredi le Forum économique mondial du Moyen-Orient, en appelant les dirigeants du monde à aider à faire cesser les violences au Moyen-Orient et à construire les économies pour « le lendemain de la paix ». Avec son pragmatisme, hérité de son père, Abdallah a mis la main sur la question qui concerne le plus les dirigeants et les communautés d’affaires réunis à Shouneh : faire la paix sur le niveau politique pour en tirer profit sur le niveau économique. « Le temps est venu de cesser de penser à la paix comme une fin en soi, il faut commencer à penser à la paix comme étant un début, (...) de nouvelles opportunités (...) pour le peuple de cette région », a dit le roi. Ce qui va de pair avec l’objectif du Forum comme l’annoncent ses organisateurs : promouvoir la diversification économique et la paix dans cette région secouée par des violences. Plusieurs autres leaders politiques et participants ont exprimé leur avis sur la résolution du conflit israélo-palestinien. Rien de neuf, ils ont quasi tous insisté sur l’importance de l’Initiative de paix arabe dans ce contexte. Il s’agit de l’initiative lancée en 2002 et réactivée lors du sommet arabe de mars 2007. Celle-ci propose à Israël une normalisation des relations en échange d’un retrait total des territoires arabes conquis en 1967, de la création d’un Etat palestinien. Le premier ministre israélien, Ehud Olmert, a jeté le ballon dans la cour des Arabes. Il a, de sa part, lancé une autre invitation  lors d’un forum des lauréats des prix Nobel à Pétra, en Jordanie, qui s’est tenu le 15 mai. « J’invite les 22 dirigeants des nations arabes qui sont prêts à faire ce genre de paix avec Israël à venir, quand ils veulent, à s’asseoir avec nous et à parler et présenter leurs idées », a-t-il dit. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a rejeté vendredi en Jordanie l’invitation d’Israël. « Il s’agit d’une ruse que nous avons déjà entendue par le passé », a déclaré Amr Moussa, aux participants du Forum économique mondial du Moyen-Orient. « Ce qui nous intéresse (...), c’est une réponse de la partie israélienne concernant la paix », a-t-il ajouté, en référence à l’Initiative de paix arabe. Une réponse qu’Israël ne donnera pas facilement.

 

Boom des pays du Golfe

Passer au lendemain de la paix n’est donc aussi facile que l’aimeraient les dirigeants arabes. Les discussions sur le Moyen-Orient ont été enflammées aussi à cause de la présence des responsables iraniens, qui n’ont pas été invités l’année passée. Cela lorsque Mohammad Javad Larijani, un conseiller du pouvoir judiciaire, a accusé les Etats-Unis de vouloir réinstaller au pouvoir en Iraq, le parti Baas, au pouvoir sous Saddam Hussein. Mais alors que les conflits ont dominé certaines discussions, d’autres participants se sont concentrés sur le boom économique des pays du Golfe. « Malgré les discontinuités politiques, la croissance économique a été extrêmement forte et relativement bien équilibrée », s’est félicité Hans-Paul Bruckner, président et directeur général du Boston Consulting Group, Allemagne.

En fait, certains pays du Golfe ont témoigné d’une croissance sans précédent au cours des dernières années, en particulier depuis 2001. Un investisseur a ouvert la discussion en évoquant l’effet du boom pétrolier sur l’économie de la région. « Au cours des 5 dernières années, le produit national brut de la région du Golfe a doublé, passant de 600 milliards de dollars à 1,2 trillions. En plus, des richesses de 500 milliards de dollars se sont accumulées au cours de quelques années. Ce qui veut dire qu’à côté de la Chine et de l’Inde, la région du Golfe est le marché émergent qui croît le plus rapidement dans le monde », a-t-il dit. Les participants se sont aussi félicités du rôle grandissant du secteur privé dans la région surtout que plus d’investissements s’acheminent vers la production de produits qui apportent de la valeur ajoutée.

Cependant, certains participants n’ont pas manqué de rappeler les points faibles de la région. Comme la concentration d’importants investissements dans des secteurs non-productifs comme celui de l’immobilier, ou la spéculation en Bourse, ainsi que le taux de chômage élevé et la grosse inflation qui accompagne la croissance économique. Un analyste jordanien, Rami Khoury, n’a pas oublié de rappeler que la région est caractérisée par deux phénomènes opposés : une croissance économique extraordinaire dans certaines zones et un effondrement social complet dans d’autres zones .

Marwa Hussein (avec agences)

Accords économiques

La Jordanie a signé une série d’accords économiques d’une valeur de 2,5 milliards de dollars dans les domaines du transport, de l’énergie et des industries légères. Un accord d’une valeur de 550 millions de dollars a été signé avec le consortium Aéroport De Paris (ADP) et porte sur le réaménagement et l’expansion de l’aéroport international de la reine Alia à Amman. Un second accord stipule la cession de 51 % du capital de la Société publique d’électricité pour un montant de 645 millions de dollars à un consortium dirigé par un groupe jordano-émirati. Un troisième accord d’une valeur de 500 millions de dollars, signé avec le géant immobilier de Dubaï Emaar Properties, porte sur le développement dans la région de la mer Morte d’une station balnéaire.

 

Education

Le premier ministre émirati, Mohamad bin Rached Al Maktoum, a annoncé la création d’un fonds de 10 milliards de dollars pour promouvoir l’éducation dans le monde arabe. La fondation lancera notamment un fonds pour la mise en place de centres de recherches dans la région et commencera en 2008 à octroyer des bourses à des étudiants pour faire leurs études dans des universités ou instituts réputés.

 

 6e FEM en Egypte

L’Egypte accueillera l’année prochaine le FEM pour le Moyen-Orient comme annoncé deux jours avant la tenue du 5e Forum en Jordanie. Le précédent Forum économique mondial sur le Moyen-Orient tenu en Egypte fut en mai 2006. Les 3 premières rencontres de ce « Davos du Moyen-Orient » ont eu lieu en Jordanie.  

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