Exposition.
« Fleurs du printemps 2007 » se tient actuellement à
Guiza. L’objectif de cette manifestation est de souligner
l’importance du végétal dans l’espace privé et public pour
réduire la pollution.
L'enjeu des plantes
Sensibiliser
la population à l’importance du vert dans la vie
quotidienne. Tel est l’objectif de l’exposition annuelle des
plantes et des fleurs de Doqqi, intitulée « Fleurs du
printemps 2007 ». Elle a été inaugurée le 20 mars dernier
par le ministre de l’Agriculture et de la Bonification des
terres, Amin Abaza, ainsi que par le ministre d’Etat pour
les Affaires de l’environnement, Magued Georges. Leur
ambition n’est autre que de lutter plus activement contre la
pollution dans le pays. « Cette exposition rassemble environ
150 propriétaires de pépinières du secteur privé, et
d’autres du secteur public. Le ministère de l’Agriculture y
est représenté par les horticulteurs du jardin d’Al-Ormane,
du jardin d’Al-Zohriya, ceux relevant de l’Institut de
recherches du jardinage, les responsables des cultures sur
les toits, et l’administration centrale de l’arborisation et
de la formation. Ils viennent de plusieurs gouvernorats d’Egypte,
dont Alexandrie, Charqiya et Gharbiya. Il y a non seulement
des spécialistes, mais aussi des étudiants de lycées
agricoles. Notre but essentiel étant de faire connaître
l’importance des espaces verts aux citoyens, car c’est un
moyen de lutter contre la pollution », explique Adel Oqeil,
directeur du jardin d’Al-Ormane.
Pour réaliser cet objectif, les responsables, notamment du
ministère de l’Agriculture, ont opté pour le jardin
botanique d’Al-Ormane, situé à Guiza et construit par le
khédive Ismaïl en 1875. Cette exposition porte sur tout ce
qui concerne les plantes, les arbres et les fleurs
d’ornement : graines, engrais, pesticides, produits du
jardinage, techniques d’arrosage et d’illumination ... Elle
offre de plus une importante variété de plantes
arborescentes, grimpantes, herbacées, rampantes ainsi que
des plantes grasses de la grande famille des cactacées. On
peut trouver également des plantes médicinales ou
d’appartement. Et le public semble bien montrer un important
intérêt. « Je suis venue avec mes parents acheter des
plantes. Nous habitons à Dar Al-Salam, un quartier populaire
très peuplé donc avec beaucoup de pollution. Nous entourer
de plantes nous permet de l’oublier un peu », indique
Sohayla, 11 ans.
Pour toutes les bourses
L’exposition présente des plantes et arbres à tous les prix.
« Certaines coûtent 10 000 L.E. et d’autres plus petites se
vendent à une livre uniquement. C’est une exposition pour
toutes les bourses », souligne Oqeil. Vous y trouvez des
spécialistes de plantes, pour servir le grand public dans la
décoration de leurs maisons, leurs magasins, les jardins des
villas, les terrasses ou même les toits de leurs immeubles.
« Je tiens une pépinière depuis 18 ans. Je dois avouer que
mes clients sont parmi les plus aisés parce que cultiver un
jardin même petit demande de l’argent. 500 mètres carrés,
par exemple, demande 20 000 L.E. », affirme l’agronome
Mohamad Awad, propriétaire de la pépinière d’Al-Israa.
Le financement constitue, en effet, un obstacle à
l’arborisation, même au niveau des espaces publics. «
Arboriser davantage une ville comme Le Caire coûterait
beaucoup au ministère de l’Agriculture. Déjà son budget est
minime. Alors, l’idée ne vient même pas à l’esprit », assure
Oqeil. D’où l’ambition des responsables de susciter
l’intérêt des citoyens pour contribuer à cette tâche. Mais,
« il faudra faire face à la réalité qu’en Egypte, la
population néglige les espaces verts. C’est la dernière
chose à laquelle on pense chez soi. C’est dommage.
Heureusement environ 20 % de nos visiteurs sont avertis,
demandent certaines plantes pour leur jardin. Les autres ne
connaissent rien à rien », déplore Awad.
L’espoir demeure cependant chez les responsables d’accroître
l’influence de l’exposition sur les plus jeunes générations,
au vu des nombreux enfants accompagnant leurs parents. Ils
envisagent également une présence arabe plus importante dans
les années à venir. « Les responsables pensent inviter des
pays arabes l’année prochaine, notamment de la Syrie et de
la Tunisie, avec qui le ministère de l’Agriculture coopère.
Ce sera une manière d’accroître les variétés exposées et
d’attiser les curiosités », affirme Oqeil.
Racha
Hanafi