Tourisme.
Dahab, l’un des plus beaux lieux de plongée au monde,
souffre de nombreux problèmes qui entravent son
développement touristique.
Quand le paradis est négligé
A
80 km au nord de Charm Al-Cheikh se trouve la plus belle des
villes bédouines typiques du Sud-Sinaï, Dahab. Une
atmosphère encore vierge avec des montagnes impressionnantes
mais avant tout une mer d’une couleur incomparable favorable
à la plongée.
Dans cette ville, la journée commence à 7 heures du matin,
lorsque les touristes et les plongeurs prennent leurs jeeps,
avec tous leurs équipements pour se rendre à la destination
appropriée à la plongée. Après quelques courtes instructions
données au groupe de touristes qui veulent faire de la
plongée, le guide plongeur descend avec son groupe dans
l’eau où ils restent près de 50 minutes, pas plus, pour ne
pas confronter un problème de manque d’oxygène. Tous les
touristes qui optent pour Dahab viennent pour la plongée
soit poussés par le goût de l’aventure, soit par amour de ce
sport en vogue dans le monde entier. Il y a des touristes
qui viennent exprès à Dahab des quatre coins du monde pour
faire de la plongée parce que c’est l’une des plus belles
régions pour pratiquer ce sport grâce à la beauté et à la
richesse de la vie marine. Dans les failles sous-marines, on
trouve des jardins coralliens, des grottes, des îles et des
récifs incomparables et plus beaux que ceux qui existent
ailleurs dans le monde. En outre, c’est l’une des régions
les plus calmes et les plus sûres à cet égard. « On n’y
trouve jamais de requins qui abondent, par exemple, dans des
superbes régions de plongée en Australie », assure Islam Ali
Radwane, plongeur travaillant à Dahab.
Mais ce
paradis sur terre semble être oublié. Les habitants de Dahab
souffrent de quelques problèmes susceptibles, à long terme,
d’entraver le développement touristique de leur ville.
Le
grand mal qui affecte les habitants et les touristes est
surtout l’insuffisance des moyens de transport dans une
ville visitée par plus de 400 000 touristes chaque année. «
Un seul autobus arrive à Dahab chaque jour.
Il
appartient à la compagnie de l’Est du Delta, dont les
véhicules ne sont pas du tout confortables », assure Amr
Saïd, ingénieur travaillant dans un village touristique à
Dahab où il vit avec sa famille.
Un autre
grand problème dont souffre Dahab, c’est le manque de
propreté. « En fait, les cafétérias et les casinos sur les
plages de Dahab se débarrassent de leurs déchets dans la mer
Rouge. Les touristes ne conçoivent pas comment les Egyptiens
jettent les ordures dans une mer qui est une richesse à
préserver », se lamente Moustapha Ismaïl, membre de
l’Association de la plongée dans la mer Rouge, qui assure
que ces déchets détruisent de grandes superficies de récifs.
Par conséquent, Dahab est de plus en plus menacée de perdre
sa richesse naturelle et donc son attraction touristique.
Pour sa part, Ihab Tomoum, président de l’Association du
développement de la plongée au Sud-Sinaï, assure que
l’association essaye de contribuer à résoudre ce problème en
nettoyant gratuitement la mer à Dahab, en collectant les
déchets sur les places et dans les rues. « Notre travail
n’est pas suffisant. L’Etat doit accorder plus d’intérêt à
Dahab, comme il le fait pour Charm Al-Cheikh », dit-il.
Le Blue
Hall, Ras Abou-Galloum, Gabr Al-Bint, le Canyon et
Abou-Hilal sont les plus belles régions pour pratiquer la
plongée à Dahab. « On essaye de faire de ces zones de vrais
parcs naturels pour la plongée. Cette ville paradisiaque
peut attirer des millions de touristes puisqu’elle ne
présente pas seulement la plongée qui est son trait
caractéristique, mais aussi d’autres types de tourisme comme
le safari », conclut-il .