Al-Ahram Hebdo, Voyages | Un heureux retour
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 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

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Voyages

Egypte-France . Les rapports archéologiques entre les deux pays ont été mis en relief à l’occasion de la restitution des cheveux de Ramsès II et les réactions de l’Egypte à la nouvelle théorie sur la construction de la pyramide de Khéops proposée par un architecte français. 

Un heureux retour 

Les cheveux dérobés de Ramsès II retournent au Musée du Caire. Entre l’Egypte et la France en matière d’égyptologie, c’est soit l’accord parfait soit la mésentente, avec cette impression qu’on a que le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) est plus à l’aise avec d’autres missions américaines et allemandes notamment. Mais cette semaine on a assisté à une ouverture entre les deux.

Des cheveux de Ramsès II, le plus célèbre des pharaons, sont revenus au Musée du Caire, cinq mois après leur mise en vente sur Internet par un Français, mettant un terme à une mini-crise entre Le Caire et Paris. « Cette affaire est finie et je remercie les autorités françaises pour avoir fait le nécessaire », a déclaré le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, lors d’une présentation des cheveux, enfin récupérés, de la momie royale.

Une grande mèche, ainsi que cinq autres cheveux roux, teints au henné, en plus de dix exemplaires de résines mortuaires et des bandelettes en lin de Ramsès II et de son fils Merneptah ont été montrés à la presse. Un postier, fils d’un scientifique ayant travaillé sur la momie royale lors de son traitement en France il y a 31 ans, avait tenté de vendre en novembre sur Internet ces cheveux et du matériel d’embaumement. Photos et certificats à l’appui, Jean-Michel Diebolt avait mis en vente sur un site ces « reliques » dans de petits sachets en plastique pour une somme située entre 2 000 et 2 500 euros par lot. L’Egypte avait alors exigé de la France qu’elle interrompe immédiatement ce commerce sacrilège. Arrêté par la police française, M. Diebolt avait affirmé aux enquêteurs que son père, décédé en 2001, avait participé à des opérations d’analyse de morceaux de la momie effectuées à Grenoble (est) et les lui avait ensuite remis. La momie de Ramsès II avait été envoyée en France en 1976 pour déterminer les causes du mal étrange qui rongeait le cadavre du dernier grand pharaon qui régna de 1279 à 1213 av. J.-C. C’est la première fois qu’une dépouille de pharaon quitte l’Egypte. Ramsès II fut « reçu » à l’aéroport du Bourget, à Paris, le 26 septembre 1976, avec les honneurs d’un chef d’Etat. Le diagnostic a pointé un champignon rare, le deadalea biennis fries, comme cause de la maladie. Une fois les « soins » entrepris avec succès, la momie fut rapatriée en Egypte, d’où elle n’est plus jamais repartie. Aucune autre momie n’a quitté depuis le sol égyptien. « C’était complètement illégal et choquant que ces pièces très importantes aient pu être prises lors de l’examen scientifique », a souligné Zahi Hawas. Il avait déclaré en novembre que, s’il s’agissait vraiment de cheveux dérobés lors de cet examen, il « demanderait des excuses à la France ». Hawas a affirmé que seuls des spécialistes égyptiens seraient désormais autorisés à travailler sur les momies des pharaons, lesquelles reposent dans une salle spéciale du Musée du Caire. « Nous surveillons sans cesse ce qui se passe sur Internet, mais nous avons aussi nos espions à travers le monde », a-t-il ajouté. L’Egypte tente, jusqu’à présent sans succès, de récupérer plusieurs chefs-d’œuvre exposés dans de grands musées du monde, comme le buste de Néfertiti au Musée de Berlin ou la Pierre de Rosette au British Museum. Hawas a annoncé que plusieurs pièces sorties illégalement d’Egypte seraient prochainement rapatriées : une statue d’Espagne, une stèle du Mexique ou de France, un canard et une trentaine d’autres pièces venant de fouilles à Saqqarah, près du Caire.

Concernant l’architecte français Houdin qui est persuadé d’avoir percé le mystère de la construction de la pyramide de Khéops : les constructeurs se seraient aidés d’une rampe intérieure en spirale pour bâtir la partie haute, selon une hypothèse bâtie grâce à une simulation en trois dimensions ; Hawas n’a pas opposé une fin de non-recevoir. Cependant, il a exclu que des fouilles aient lieu à l’intérieur de la pyramide pour établir les faits .

Hala Fares (avec AFP) 

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