Egypte-France .
Les rapports archéologiques entre les deux pays ont
été mis en relief à l’occasion de la restitution des cheveux
de Ramsès II et les réactions de l’Egypte à la nouvelle
théorie sur la construction de la pyramide de Khéops
proposée par un architecte français.
Un heureux retour
Les
cheveux dérobés de Ramsès II retournent au Musée du Caire.
Entre l’Egypte et la France en matière d’égyptologie, c’est
soit l’accord parfait soit la mésentente, avec cette
impression qu’on a que le Conseil Suprême des Antiquités
(CSA) est plus à l’aise avec d’autres missions américaines
et allemandes notamment. Mais cette semaine on a assisté à
une ouverture entre les deux.
Des cheveux de Ramsès II, le plus célèbre des pharaons, sont
revenus au Musée du Caire, cinq mois après leur mise en
vente sur Internet par un Français, mettant un terme à une
mini-crise entre Le Caire et Paris. « Cette affaire est
finie et je remercie les autorités françaises pour avoir
fait le nécessaire », a déclaré le ministre égyptien de la
Culture, Farouk Hosni, lors d’une présentation des cheveux,
enfin récupérés, de la momie royale.
Une grande mèche, ainsi que cinq autres cheveux roux, teints
au henné, en plus de dix exemplaires de résines mortuaires
et des bandelettes en lin de Ramsès II et de son fils
Merneptah ont été montrés à la presse. Un postier, fils d’un
scientifique ayant travaillé sur la momie royale lors de son
traitement en France il y a 31 ans, avait tenté de vendre en
novembre sur Internet ces cheveux et du matériel
d’embaumement. Photos et certificats à l’appui, Jean-Michel
Diebolt avait mis en vente sur un site ces « reliques » dans
de petits sachets en plastique pour une somme située entre 2
000 et 2 500 euros par lot. L’Egypte avait alors exigé de la
France qu’elle interrompe immédiatement ce commerce
sacrilège. Arrêté par la police française, M. Diebolt avait
affirmé aux enquêteurs que son père, décédé en 2001, avait
participé à des opérations d’analyse de morceaux de la momie
effectuées à Grenoble (est) et les lui avait ensuite remis.
La momie de Ramsès II avait été envoyée en France en 1976
pour déterminer les causes du mal étrange qui rongeait le
cadavre du dernier grand pharaon qui régna de 1279 à 1213
av. J.-C. C’est la première fois qu’une dépouille de pharaon
quitte l’Egypte. Ramsès II fut « reçu » à l’aéroport du
Bourget, à Paris, le 26 septembre 1976, avec les honneurs
d’un chef d’Etat. Le diagnostic a pointé un champignon rare,
le deadalea biennis fries, comme cause de la maladie. Une
fois les « soins » entrepris avec succès, la momie fut
rapatriée en Egypte, d’où elle n’est plus jamais repartie.
Aucune autre momie n’a quitté depuis le sol égyptien. «
C’était complètement illégal et choquant que ces pièces très
importantes aient pu être prises lors de l’examen
scientifique », a souligné Zahi Hawas. Il avait déclaré en
novembre que, s’il s’agissait vraiment de cheveux dérobés
lors de cet examen, il « demanderait des excuses à la France
». Hawas a affirmé que seuls des spécialistes égyptiens
seraient désormais autorisés à travailler sur les momies des
pharaons, lesquelles reposent dans une salle spéciale du
Musée du Caire. « Nous surveillons sans cesse ce qui se
passe sur Internet, mais nous avons aussi nos espions à
travers le monde », a-t-il ajouté. L’Egypte tente, jusqu’à
présent sans succès, de récupérer plusieurs chefs-d’œuvre
exposés dans de grands musées du monde, comme le buste de
Néfertiti au Musée de Berlin ou la Pierre de Rosette au
British Museum. Hawas a annoncé que plusieurs pièces sorties
illégalement d’Egypte seraient prochainement rapatriées :
une statue d’Espagne, une stèle du Mexique ou de France, un
canard et une trentaine d’autres pièces venant de fouilles à
Saqqarah, près du Caire.
Concernant l’architecte français Houdin qui est persuadé
d’avoir percé le mystère de la construction de la pyramide
de Khéops : les constructeurs se seraient aidés d’une rampe
intérieure en spirale pour bâtir la partie haute, selon une
hypothèse bâtie grâce à une simulation en trois dimensions ;
Hawas n’a pas opposé une fin de non-recevoir. Cependant, il
a exclu que des fouilles aient lieu à l’intérieur de la
pyramide pour établir les faits .
Hala
Fares (avec AFP)