Al-Ahram Hebdo, Opinion | La crise de la légitimité politique
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 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

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Opinion
 

La crise de la légitimité politique

Al-Sayed Eleiwa
Professeur de sciences politiques à l’Université de Hélouan

 

La prochaine menace après les amendements constitutionnels réside probablement dans l’érosion (ou détérioration) de la légitimité politique. Ceci fait resurgir d’autres crises engendrées par la fièvre générale qui s’est emparée du corps social et politique à cause du monopole exercé par le parti au pouvoir. Dans de telles conditions, le problème majeur auquel il faut trouver une solution rapide est la défaillance du contrôle administratif de l’Etat. Ce qui signifie en d’autres termes l’incapacité du pouvoir à s’infiltrer sur toute l’étendue nationale afin de pouvoir appliquer les lois relatives à la sécurité, à la perception des impôts et à bien d’autres tâches. La capacité de l’appareil administratif d’appliquer ses politiques et de s’infiltrer dans les divers domaines permet au pouvoir central d’imposer son autorité, rendant n’importe quelle autre autorité incapable de la concurrencer.

Les politiques de contrôle et de suivi administratifs s’appliquent sur tous les fronts qu’ils soient économiques, sociaux ou culturels en activant l’opinion publique et en l’amenant à participer à tous les niveaux. Pour que le régime politique puisse dépasser cette crise administrative et réaliser le développement politique prôné, il faut suivre certaines étapes.

Premièrement, réaliser la dimension de complémentarité sociale à tous les niveaux. D’autant plus qu’on souffre d’un déséquilibre entre les trois pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire.

Deuxièmement, il faut créer des organisations efficaces et appliquer des politiques générales ayant pour objectif de sécuriser les droits civils, politiques et sociaux. Rappelons-nous la fragilité des partis politiques.

La défaillance du contrôle administratif dans la plupart des pays en développement réside surtout dans la carence des services des appareils administratifs dans les zones reculées telles que la Haute-Egypte, contrairement à la capitale et aux grands gouvernorats. Là-bas, les services de l’Etat sont difficilement accessibles, donc leurs politiques ne sont pas applicables et le contrôle étatique n’est pas rigoureux. A tel point que les programmes radio-télévisés n’y parviennent pas. Tout ceci ne fait qu’affaiblir la participation politique. Le régime politique efficace est celui qui se trouve capable d’exprimer des valeurs culturelles. Ses politiques doivent être le reflet des intérêts et des objectifs des différentes forces sociales de la société. Et il est nécessaire que les canaux soient présents afin de pouvoir mener à bien le processus de développement politique. A travers ces canaux, les différentes forces pourront s’exprimer de manière correcte et organisée pour que l’élite au pouvoir puisse les représenter. Le régime assimilerait alors les nouveaux changements et réaliserait la stabilité politique.

Mais en général, les régimes politiques dans la plupart des pays du tiers-monde demeurent l’apanage d’une catégorie déterminée, ce qui barre la route à la participation des classes et catégories, toutes tendances confondues. Parfois même les forces politiques dans la société s’abstiennent de participer à cause du manque de confiance dans l’élite gouvernante.

Pour définir la participation politique, nous dirons qu’il s’agit de toute activité quelle qu’elle soit contribuant à la prise des décisions et à l’esquisse des politiques tout en observant leur application.

La faiblesse de la participation politique se manifeste dans :

— L’existence d’une seule administration pour la prise de décision qui est celle du dirigeant et de son entourage.

— La contrainte imposée à la création des partis politiques.

— La soumission des partis en place à un contrôle rigoureux en adoptant la politique du plus fort.

— La restriction de l’activité de l’opposition, des syndicats et des unions.

— Le contrôle imposé aux médias.

La faiblesse de la participation politique peut être renvoyée à plusieurs raisons. Mentionnons en premier lieu le monopole exercé par l’élite politique au pouvoir, ensuite la faiblesse des institutions politiques existantes et leur inefficacité et enfin les taux élevés d’analphabétisme et de pauvreté.

Nous remarquons que la nature des régimes arabes contemporains est totalement éloignée de la nouvelle conception du pouvoir. Le pouvoir se trouve entre les mains d’une élite, il est par conséquent personnifié. La crise de légitimité qu’ils vivent engendre une hostilité entre le pouvoir et les intellectuels. Le parti au pouvoir travaille avec la mentalité et la culture du parti unique qui restreint les libertés générales, représentant la pierre angulaire si nous souhaitons apporter un rééquilibre à la vie politique.

 

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