Al-Ahram Hebdo, Opinion | Pourquoi tant d’effroi ?
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion
 

Pourquoi tant d’effroi ?

Salama A. Salama

Il est particulièrement surprenant de constater combien les dirigeants de certains partis et autres rédacteurs en chef de certains journaux ont été effrayés par une information sans aucune importance ni valeur politique. Il est question en effet d’une rencontre qui aurait eu lieu entre un député appartenant aux Frères musulmans et le chef de la majorité démocrate au Congrès américain. La rencontre a eu lieu chez l’ambassadeur américain au Caire. Et le député de la confrérie était présent parmi un groupe de députés appartenant à différents partis politiques, y compris le PND et le Wafd, ainsi que des hommes politiques et des journalistes de diverses tendances. Il est évident que le député américain et les membres de sa délégation ont échangé quelques mots, ou un petit discours. Sinon, pourquoi seraient-ils venus et pourquoi le chef du Parlement et même le chef de l’Etat les auraient-ils accueillis ?

Les partis politiques reliés par le nombril au PND ainsi que certains journaux ont considéré cette rencontre comme une transgression des constantes nationales et des traditions démocratiques, et aussi comme preuve évidente d’un soutien accordé par l’Administration américaine à la confrérie interdite. C’est une vision déficiente qui prouve un manque de compréhension et de conscience. Les Etats-Unis n’ont pas besoin de soutenir les Frères musulmans, puisque leur coopération avec l’Administration égyptienne est satisfaisante à tous les niveaux. Ainsi, une simple rencontre au vu et au su de dizaines de personnes ne suffit-elle pas pour conclure un mariage et encore moins qu’un dialogue ait été engagé entre la confrérie et les Américains. Et même si cela avait été le cas, en quoi ceci aurait-il pu nuire au régime égyptien ?

Ce n’est pas la première fois que des responsables américains visitent Le Caire, ainsi que des responsables de l’Union européenne et d’organisations internationales des droits de l’homme. Tous ont rencontré des représentants de la société civile, de partis d’opposition et du mouvement Kéfaya et ont échangé des dialogues autour de questions relatives aux politiques américaines dans la région. Chose tout à fait naturelle dans une société ouverte. Le dialogue entre les peuples et les individus est une caractéristique civilisationnelle que personne ne peut interdire, alors que l’époque du monopole de la nationalisation et de la crainte envers les étrangers est révolue. Donc, quand un chef de parti politique ou une personnalité publique annonce son refus du principe du dialogue avec les Américains ou autres, c’est une preuve de manque de confiance, alors qu’aujourd’hui l’Egypte est classée comme un Etat allié aux Etats-Unis par des relations politiques, économiques et culturelles.

De plus, il y a une différence entre l’animosité qui impose une restriction dans les relations comme c’est le cas avec Israël et la contradiction entre les intérêts et les positions et l’appréciation ou un refus de politiques déterminées.

Supprimer le dialogue entre les adversaires en politique signifie annuler le dialogue à l’intérieur de la société et aussi faire perdre tout son sens à la politique. Ceci est aussi une preuve que la société égyptienne n’a pas évolué depuis l’époque de l’intendant militaire britannique qui gouvernait la politique et les partis de l’Egypte à partir de son palais. Je ne pense pas que les libertés en Egypte aient reculé au point de considérer tout dialogue avec une personnalité étrangère comme une conspiration. C’est pour cette même raison que certains partis d’opposition n’ont pu dépasser les limites de leurs sièges, qu’après avoir obtenu l’autorisation du PND. N’importe quel dialogue avec n’importe quelle partie ne signifie en rien qu’il faut présenter des concessions ou appuyer des politiques contradictoires aux intérêts et aux hauts principes de l’Etat .

 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.