Palestine .
La rencontre Abbass-Olmert a été principalement axée sur
des questions d’ordre sécuritaire. Les discussions sur
la relance du processus de paix se font toujours
attendre.
On est loin du vif du sujet
Des questions d’ordre sécuritaire et humanitaire ont été
au centre de la rencontre dimanche à Jérusalem du
président palestinien Mahmoud Abbass et du premier
ministre israélien Ehud Olmert, qui s’est dit prêt à
entamer des négociations de paix avec des pays arabes.
Les questions épineuses relatives au règlement permanent
du conflit, telles que le tracé des frontières du futur
Etat palestinien et les réfugiés, n’ont pas été abordées
au cours de la rencontre qui s’est déroulée en deux
temps, dont une partie en tête-à-tête, a indiqué un haut
responsable israélien.
Olmert et Abbass sont convenus de se rencontrer à
nouveau « avant la fin du mois » à Jéricho
(Cisjordanie), a annoncé le principal négociateur
palestinien Saëb Eraqat. Une rencontre dans les
territoires palestiniens constituerait une première dans
l’histoire des négociations entre les deux parties.
Celle de dimanche était la première d’une série
d’entrevues bimensuelles mises en place suite à une
médiation américaine. « Au cours des discussions en
tête-à-tête MM. Olmert et Abou-Mazen ont principalement
discuté d’un horizon diplomatique sans entrer dans les
détails de la création d’un Etat palestinien », a
affirmé le haut responsable israélien, sous couvert de
l’anonymat. Mais les analystes prévoient que ces
rencontres n’auront pas de poids sans la présence d’un
médiateur étranger. « Les Etats-Unis et la communauté
internationale doivent exercer plus de pressions sur les
deux parties, notamment la partie israélienne pour
avancer le processus de paix. La Ligue arabe doit aussi
participer à ces conversations bimensuelles afin de
rapprocher les points de vues et trouver des compromis
aux problèmes », explique Gamal Zahrane, professeur à la
faculté de sciences politiques et économiques de
l’Université du Canal de Suez. Or, à l’heure actuelle,
ces pressions font défaut.
On se contente donc de rencontres axées sur de simples
détails notamment sécuritaires. Le gouvernement
palestinien a ainsi présenté un plan de sécurité et
affirmé entendre déployer la garde présidentielle le
long de « la route de Philadelphie », une zone tampon
entre le sud de la bande de Gaza et l’Egypte pour
empêcher la contrebande d’armes, selon un haut
responsable israélien. Olmert a déclaré que le terminal
de Karni (seul point de passage de marchandises entre la
bande de Gaza et Israël) « serait ouvert tous les jours
jusqu’à 23h00 afin de laisser entrer les biens ». Une
revendication souvent demandée de la part des autorités
palestiniennes.
Avant la rencontre, Olmert s’était déclaré prêt à
entamer des négociations avec tout groupe de pays
arabes, sur le plan de paix d’inspiration saoudienne
réactivé par la Ligue arabe lors d’un récent sommet à
Riyad. « Je serais heureux d’écouter leurs idées, et eux
les nôtres, sur l’initiative saoudienne de paix »,
a-t-il ajouté, espérant « que de telles réunions
pourront se tenir ». Le 1er avril, M. Olmert s’était dit
prêt à participer à un sommet avec les pays arabes qu’il
a appelés « modérés » (Jordanie, Egypte, Arabie
saoudite, Emirats arabes unis) sur l’initiative de paix
arabe, qui suscite un regain d’intérêt diplomatique.
L’Arabie saoudite est à l’origine de ce plan, qui
prévoit une normalisation des relations entre les pays
arabes et Israël, en échange du retrait israélien des
territoires arabes occupés depuis juin 1967. Israël a vu
des « éléments positifs » dans cette initiative, mais
l’a rejetée dans sa mouture actuelle principalement en
raison de la question épineuse du droit au retour des
réfugiés palestiniens.
De son côté, le vice-premier ministre israélien, Shimon
Pérès, a déclaré que l’Etat hébreu entendait établir des
« contacts préliminaires » avec la Ligue arabe en vue de
l’ouverture de négociations. Autant de déclarations de
bonne volonté mais qui restent sans lendemain.
Maha Salem