Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | On est loin du vif du sujet
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 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

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Palestine . La rencontre Abbass-Olmert a été principalement axée sur des questions d’ordre sécuritaire. Les discussions sur la relance du processus de paix se font toujours attendre. 

On est loin du vif du sujet 

Des questions d’ordre sécuritaire et humanitaire ont été au centre de la rencontre dimanche à Jérusalem du président palestinien Mahmoud Abbass et du premier ministre israélien Ehud Olmert, qui s’est dit prêt à entamer des négociations de paix avec des pays arabes. Les questions épineuses relatives au règlement permanent du conflit, telles que le tracé des frontières du futur Etat palestinien et les réfugiés, n’ont pas été abordées au cours de la rencontre qui s’est déroulée en deux temps, dont une partie en tête-à-tête, a indiqué un haut responsable israélien.

Olmert et Abbass sont convenus de se rencontrer à nouveau « avant la fin du mois » à Jéricho (Cisjordanie), a annoncé le principal négociateur palestinien Saëb Eraqat. Une rencontre dans les territoires palestiniens constituerait une première dans l’histoire des négociations entre les deux parties. Celle de dimanche était la première d’une série d’entrevues bimensuelles mises en place suite à une médiation américaine. « Au cours des discussions en tête-à-tête MM. Olmert et Abou-Mazen ont principalement discuté d’un horizon diplomatique sans entrer dans les détails de la création d’un Etat palestinien », a affirmé le haut responsable israélien, sous couvert de l’anonymat. Mais les analystes prévoient que ces rencontres n’auront pas de poids sans la présence d’un médiateur étranger. « Les Etats-Unis et la communauté internationale doivent exercer plus de pressions sur les deux parties, notamment la partie israélienne pour avancer le processus de paix. La Ligue arabe doit aussi participer à ces conversations bimensuelles afin de rapprocher les points de vues et trouver des compromis aux problèmes », explique Gamal Zahrane, professeur à la faculté de sciences politiques et économiques de l’Université du Canal de Suez. Or, à l’heure actuelle, ces pressions font défaut.

On se contente donc de rencontres axées sur de simples détails notamment sécuritaires. Le gouvernement palestinien a ainsi présenté un plan de sécurité et affirmé entendre déployer la garde présidentielle le long de « la route de Philadelphie », une zone tampon entre le sud de la bande de Gaza et l’Egypte pour empêcher la contrebande d’armes, selon un haut responsable israélien. Olmert a déclaré que le terminal de Karni (seul point de passage de marchandises entre la bande de Gaza et Israël) « serait ouvert tous les jours jusqu’à 23h00 afin de laisser entrer les biens ». Une revendication souvent demandée de la part des autorités palestiniennes.

Avant la rencontre, Olmert s’était déclaré prêt à entamer des négociations avec tout groupe de pays arabes, sur le plan de paix d’inspiration saoudienne réactivé par la Ligue arabe lors d’un récent sommet à Riyad. « Je serais heureux d’écouter leurs idées, et eux les nôtres, sur l’initiative saoudienne de paix », a-t-il ajouté, espérant « que de telles réunions pourront se tenir ». Le 1er avril, M. Olmert s’était dit prêt à participer à un sommet avec les pays arabes qu’il a appelés « modérés » (Jordanie, Egypte, Arabie saoudite, Emirats arabes unis) sur l’initiative de paix arabe, qui suscite un regain d’intérêt diplomatique. L’Arabie saoudite est à l’origine de ce plan, qui prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël, en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis juin 1967. Israël a vu des « éléments positifs » dans cette initiative, mais l’a rejetée dans sa mouture actuelle principalement en raison de la question épineuse du droit au retour des réfugiés palestiniens.

De son côté, le vice-premier ministre israélien, Shimon Pérès, a déclaré que l’Etat hébreu entendait établir des « contacts préliminaires » avec la Ligue arabe en vue de l’ouverture de négociations. Autant de déclarations de bonne volonté mais qui restent sans lendemain.

Maha Salem

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