Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Les Sadristes claquent la porte
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde Arabe

Iraq . Le mouvement du dirigeant chiite Moqtada Sadr a annoncé son retrait du gouvernement pour protester contre les propos du premier ministre, écartant un calendrier de retrait des troupes américaines. 

Les Sadristes claquent la porte 

« Nous avons toujours demandé le retrait des forces d’occupation. Nous avons demandé au minimum l’établissement d’un calendrier de retrait ». C’est par ces termes que le chef du groupe parlementaire de Moqtada Sadr, Nassar Al-Roubaie, a justifié le retrait des ministres du clan sadriste du gouvernement. « Compte tenu de l’intérêt public, nous estimons qu’il était nécessaire de donner l’ordre aux ministres du groupe Sadr de se retirer immédiatement du gouvernement iraqien », selon le communiqué du dirigeant radical chiite, publié par Moqtada Sadr, qui n’a pas été vu en public depuis plusieurs mois, et lu par M. Roubaie.

L’annonce a été faite lundi par le chef du groupe parlementaire. Il s’agit pour les Sadristes de protester contre le refus du premier ministre iraqien d’établir un calendrier de retrait des troupes américaines du pays, réclamé avec insistance par les Sadristes. La principale raison de cette décision est l’absence de réponse du premier ministre aux demandes de près d’un million de personnes (dans la ville sainte de Najaf) qui veulent le retrait des troupes américaines d’Iraq. Le 9 avril, plusieurs centaines de milliers de personnes avaient participé à Najaf à une manifestation antiaméricaine réclamant le départ des troupes étrangères d’Iraq, à l’appel du mouvement de Moqtada Sadr. Resté sourd aux appels de son allié sadriste, le premier ministre Nouri Al-Maliki avait affirmé lors d’une tournée en Asie la semaine dernière qu’il ne voyait « pas l’utilité d’un calendrier de retrait » des troupes américaines d’Iraq, soulignant que « les réussites et les victoires » sur le terrain seraient « déterminantes ». Maliki avait en effet déclaré la semaine dernière, lors d’une tournée en Asie : « Nous ne voyons pas l’utilité d’un calendrier de retrait, car nous travaillons aussi vite que possible. Nous pensons que ce qui déterminera le départ des forces multinationales, ce seront les réussites et les victoires que nous arriverons à obtenir sur le terrain et non un calendrier ».

Le mouvement de Moqtada Sadr dirige six ministères au sein du gouvernement d’union nationale. Avec 32 députés, son courant représente aussi le plus important mouvement au sein de la coalition parlementaire chiite, l’Alliance unifiée iraqienne (130 sièges au total). « Les affaires des six ministères devront être remises aux mains du gouvernement lui-même, en espérant que ce gouvernement confiera ces responsabilités à des structures indépendantes qui veulent servir l’intérêt de la population et du pays », a expliqué M. Roubaie.

Adversaires résolus de l’occupation américaine en Iraq, les élus sadristes avaient déjà suspendu leur participation au gouvernement fin 2006 pour protester contre une rencontre entre M. Maliki et le président américain George W. Bush en Jordanie. Le départ du gouvernement du mouvement de Sadr, qui bénéficie d’un large soutien chez les chiites de Bagdad et les classes défavorisées des villes du sud, risque de créer un nouveau bras de fer au sein de la majorité chiite. En effet, les Sadristes représentent une tranche importante de la majorité chiite, leur retrait risque donc d’affaiblir la coalition au pouvoir d’autant plus qu’ils ont toujours été un partenaire difficile au sein de la coalition, à cause de leur position vis-à-vis de l’occupation mais aussi parce qu’ils font partie de la résistance.

Les Sadristes sont en outre dans le collimateur des forces américaines et iraqiennes depuis l’application en février dernier du plan de sécurisation de Bagdad. Depuis, l’armée d’Al-Mahdi fait profile bas, il s’agit cependant d’une situation intenable pour les Sadristes. Selon le Dr Hicham Ismaïl, le risque est aujourd’hui que les Sadristes basculent totalement dans la résistance, ce que le gouvernement évite à tout prix, notamment en ayant opté pour leur maintien au sein du gouvernement. Le régime a donc tout intérêt à tenter de récupérer les Sadristes pour éviter qu’ils ne s’allient à Téhéran.

Certains analystes estiment en outre que le retrait des ministres sadristes n’est qu’un jeu politique qui vise à accentuer la pression sur les Américains en vue de préparer leur retrait du pays.

Abir Taleb

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.