Ahli.
Perçu comme l’une des clés du succès du club tout au long de
son histoire, le public d’Ahli constitue un phénomène dans
ses aspects de masse et de fidélité.
Hommage au 12e homme
On
dit souvent que le public est le joueur numéro 12. Chez Ahli,
c’est le numéro 1. « C’est l’élément qui ne nous a jamais
manqué. Bien au contraire, il était toujours un facteur
moteur, parfois même décisif dans nos succès. C’est un grand
public, le meilleur de la planète », explique Hossam
Al-Badri, ancien joueur des Rouges et actuel adjoint de
l’entraîneur Manuel José Da Silva. Et lorsque Al-Badri fait
hommage à son public, il n’exagère pas. En effet, l’un des
grands atouts d’Ahli est son énorme public qui a toujours
répondu présent. « Nous avions fait des statistiques de
présence au stade de 2001 à 2004 et à la grande surprise, la
plus grande présence au stade revenait aux supporters d’Ahli
», déclare Bassel Achraf, directeur de vente à la compagnie
multinationale Proctor and Gamble. Ces années étaient les
pires de l’histoire du club Ahli qui venait à peine de
décrocher le titre national après trois ans de traversée du
désert. Le club était dans une phase de transition où il
était privé de toutes ses vedettes. « C’est un rôle que ce
grand public a joué systématiquement et à travers les
différentes décennies. Il a prouvé qu’il ne venait pas
seulement pour se régaler, mais il sentait comme obligation
d’être au support de l’équipe dans les mauvais moments avant
même ceux de joie », explique Taher Abou-Zeid, ancienne
gloire du club.
Que
ce soit au Caire, à Alexandrie, à Mahalla ou ailleurs, le
seigneur a partout trouvé ses fidèles. Parfois même, les
équipes hôtes se plaignent de trouver leur propre public
encourager Ahli. « Je n’ai jamais vu un club bénéficier
d’une telle popularité. Avec à peu près ses 40 millions de
supporters, Ahli doit être sûrement en tête des clubs du
monde », avait déclaré José en 2001, ébloui par l’énorme
masse qui est derrière son équipe. Les fans suivent toujours
leurs idoles là où ils se rendent pour leur donner du
réconfort, leur faire sentir leur présence. Ils ont donné
l’exemple par les groupes, dont le plus important, Les
Sympathisants d’Ahli, a créé le premier site pour le club
sur le web, ou le nouveau groupe constitué de jeunes. « Nous
essayons d’être plus organisés soit par la présence au
stade, soit par l’organisation des voyages et la
coordination avec la direction de l’équipe. Nous essayons
également d’être plus modérés vis-à-vis des adversaires et
de contrôler les mauvaises langues de certains de nos
supporters qui peuvent avoir un impact négatif sur les
joueurs », souligne Tareq Maraghi, l’un des membres du
groupe des supporters. Pour ces hommes, Ahli est une sorte
de culte et son patrimoine et palmarès une bible qu’ils
connaissent par cœur. A l’exemple d’Ahmad Abdoun, un fameux
fan de ce club. Il a quitté son épouse le lendemain de leurs
noces pour être au support de son équipe dans son match
capital contre le Sfaxien à Tunis, en finale retour de la
Ligue d’Afrique 2006. Un sacrifice qui n’a pas été en vain,
heureusement, puisque Ahli a pu battre le Sfaxien 1-0 à
Radès et rentrer avec sa chère coupe.
D’ailleurs, la popularité du club dépasse de loin les
frontières de l’Egypte. Elle s’étend à de nombreux pays
arabes et africains. Outre les Egyptiens résidant à
l’étranger, les nationaux des pays sont aussi tombés
amoureux du maillot rouge en raison de sa très grande
réputation et de ses succès qu’il s’est
forgés sur une période d’un grand siècle. Rien
d’étonnant à ce que les dirigeants de la Fédération Arabe de
Football (FAF) et ceux de la chaîne de la Radio et
télévision arabe (ART) essaient de convaincre, en vain,
l’administration du club d’Ahli de participer à la Ligue
arabe des champions qui est boycottée par ce dernier depuis
2004. C’est une large audience d’assuré et des gains sûrs.
Une énorme puissance économique et morale, Ahli se vante de
son public tout comme ce dernier se vante de son idole.
Karim
Farouk