Initiative.
Des bidonvilles pollués situés à proximité de la zone
industrielle de Hélouan ont été réaménagés selon des
conditions écologiques saines. Etat des lieux.
La pollution battue en brèche
Un
paysage stupéfiant. Partis pour visiter un bidonville situé
à dix kilomètres de la corniche du Nil, on est complètement
éblouis par la beauté des lieux dans lesquels on arrive.
Sans trop exagérer, on se croirait dans un quartier huppé de
la capitale ou dans une des villes nouvelles. Ce qui
surprend le plus, c’est la verdure et la propreté. Une tâche
colossale puisqu’on nous apprend que 25 000 tonnes d’ordures
ont été ramassées. L’entrée du quartier est asphaltée, vingt
km de routes ont été pavées, balayées et éclairées. Un
nouveau réseau d’eau potable et d’égout a été installé d’un
coût de 5 millions de L.E., dont 1,2 million a été versé par
le Fonds de développement social. Des moyens de transport en
commun commencent à rattacher le quartier au reste de la
capitale : les 100 000 habitants sont enfin reliés à leur
tour au monde extérieur.
Tout un parc a été aménagé s’étendant sur une superficie de
360 feddans. 1 000 arbres ont été plantés en plus d’autres
surfaces où poussent des variétés de plantes arborescentes,
grimpantes, herbacées, rampantes, des dattiers et des
plantes artificielles … « Tout cela nous donne la chance de
respirer un air vif, bien loin de toute pollution comme
auparavant », indique un habitant qui se trouve dans les
lieux depuis plus de 30 ans. L’idée de ce projet a commencé
en août 2004 quand Mme Suzanne Moubarak, présidente de
l’Association de la protection intégrée (Al-Reaya
Al-Motakamla), l’ONG responsable du réaménagement de ces
zones de Maassara, de Ezbet et Arab Al-Walda, avait donné le
feu vert pour rénover cette région sauvage qui a poussé
comme un champignon après la défaite de juin 1967 et qui
elle avait reçu des déplacés de la zone du Canal.
Les travaux de réaménagement, dont les coûts se sont élevés
à 28 millions de L.E., ont été pris en charge par les hommes
d’affaires et le programme égypto-allemand pour le
développement des zones d’urbanisation sauvage avec la
coopération du gouvernorat du Caire et les ministères de la
Jeunesse, de l’Education, du Développement local, de la
Santé et de l’Environnement.
Cette
réalisation fait d’une pierre deux coups : elle règle le
problème de la pollution occasionnée par les déchets
industriels et élargit la surface des espaces verts comme
l’affirme Gamal Abdel-Moneim, directeur du club Ezbet
Al-Walda. Au sein de ces quartiers de déprimés, en général,
et dans ces bidonvilles, en particulier, la pollution, sous
toutes ses formes, attaquait les habitants. Les causes
étaient diverses et multiples : le manque d’infrastructure,
l’absence de rues asphaltées, de places publiques, de réseau
d’égout, d’eau potable, d’éclairage, les ordures dispersées
par-ci par-là, ainsi que la pollution occasionnée par les
cimenteries voisines de Tora et autres … « Jadis, on n’avait
pas d’éboueurs qui ramassaient les ordures. Aujourd’hui, la
Société européenne 2000 est responsable de la propreté des
lieux. Cela, bien sûr sans oublier la lutte contre les rats,
les mouches et les divers genres d’insectes provoquant des
maladies. Cet endroit, qui était tombé dans l’oubli, jouit
aujourd’hui donc d’infrastructure moderne », ajoute l’un des
jeunes diplômés qui parle avec fierté de son quartier.
Jadis, le taux de criminalité et de viol atteignait son
apogée, puisqu’il n’existait même pas d’agent de police. Les
habitants souffraient des voleurs, des drogués et des
baltaguis (hommes de main) qui leur imposaient leur loi.
Aujourd’hui, tout cela a changé. Un poste de police a été
créé, un centre de sensibilisation à l’environnement fondé
par la société Arab Contractors. Ce centre vise à aider les
habitants à sauvegarder la propreté de leur quartier, de
leurs domiciles, des magasins et des maisons qui sont
aujourd’hui toutes peintes en vert. Un grand nombre de
citoyens se rendent à ce centre, même les enfants trouvent
un certain plaisir à prendre part aux cours dispensés. Ces
cours sont organisés trois fois par semaine, par des
écologistes, visant à sensibiliser les habitants, surtout
les enfants, à l’importance d’une vie écologique saine.
Ainsi, l’enfant, dès l’âge tendre, commence-t-il à apprendre
la nécessité de la propreté du quartier, des rues et des
maisons. Les enfants peuvent, aussi, désormais passer de
bons moments dans le petit jardin qui vient d’ouvrir ses
portes. A la suite de ce grand succès, l’ingénieur Magued
George, ministre de l’Environnement a promis de fonder
prochainement une usine de recyclage et un équipement pour
mesurer le taux de pollution de l’air, en provenance de la
cimenterie de Tora.
Manar
Attiya