Al-Ahram Hebdo, Egypte | L’ère post-amendements
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

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Egypte

Conseil Consultatif. Les élections partielles prévues à la mi-juin sont un premier « test de démocratie » après l’entrée en vigueur de l’amendement constitutionnel. L’enthousiasme du PND au pouvoir jure avec un désintéressement général.  

L’ère post-amendements 

A peine le tohu-bohu sur l’amendement constitutionnel terminé qu’apparaissent déjà à l’horizon les prémices d’une nouvelle bataille politique. Les élections partielles du Conseil consultatif doivent en effet se tenir à la mi-juin. Si habituellement ces élections ne requièrent que peu d’attention, elles revêtent cette fois-ci un intérêt particulier. Il s’agira en effet d’un test après l’amendement constitutionnel. Les élections se dérouleront dans 68 circonscriptions à travers le pays. 176 sièges sont en jeu.

Le déroulement des élections posent déjà une série d’interrogations. Seront-elles supervisées par la justice ? Selon quel mode de scrutin ? Le contrôle juridique des élections avait été instauré en 2000. Il stipulait la présence d’un juge pour chaque urne. Or, cette règle a été modifiée par le récent amendement de la Constitution qui confie la supervision à un comité électoral dont l’efficacité est contestée par l’opposition. et ce sera là l’un des enjeux de ces élections. Plusieurs lois, dont celle sur l’exercice des droits politiques, doivent être mises à jour avant les élections afin d’être conformes à la nouvelle Constitution. A cet effet, l’avocate Georgette Qellini, députée du PND, explique que le Parlement va dès la semaine prochaine examiner la modification de la loi sur l’exercice des droits politiques. « Cette modification est d’une grande importance car elle concerne la création du Haut Comité qui va contrôler les élections ».

Elle défend l’amendement constitutionnel au niveau du contrôle juridique des élections. « La présence des juges dans les urnes lors des dernières élections n’a pas empêché la fraude. Plus grave encore, cette politisation a porté atteinte à l’image même des juges », assure-t-elle. Elle estime que sous le Haut Comité électoral qui doit être créé, les élections seront plus intègres.

Quant au mode de scrutin, c’est le scrutin individuel qui sera utilisé. Lors des élections parlementaires de 2005, ce mode de scrutin avait permis aux Frères musulmans de faire une percée en remportant 20 % des sièges. « L’amendement constitutionnel n’a pas précisé un mode de scrutin déterminé. Bien que le scrutin individuel soit favorable aux Frères, l’Etat ne semble pas s’inquiéter de voir le scénario se répéter étant donné l’état de faiblesse dans lequel se trouvent les Frères qui font l’objet d’une vaste campagne d’arrestation visant notamment leurs cadres », explique Wahid Abdel-Méguid, du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

En outre, la participation des Frères est l’autre grand enjeu. Les Frères ont tendu la main aux partis « légitimes » pour une concertation politique à la veille de la campagne, une invitation accueillie fraîchement par les forces politiques. Certains cadres de la confrérie ont même déclaré sous le couvert de l’anonymat leur intention de modifier le slogan « L’islam est la solution » pour le remplacer par un autre plus en phase avec la nouvelle Constitution, dont l’article 5 interdit toute activité politique basée sur la religion. « Officiellement », toutefois, la confrérie n’a pas encore annoncé sa participation.

Les cadres du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) sont très enthousiastes à la veille de ces élections, les premières à avoir lieu sous la nouvelle Constitution amendée par référendum le mois dernier. Les préparatifs pour les élections ont commencé. Le secrétariat du PND, présidé par Safouat Al-Chérif, également président de l’actuel Conseil consultatif, a déjà reçu les demandes des membres du parti désireux de se porter candidats.

De leur côté, les principaux partis et forces de l’opposition accueillent ces élections avec une certaine réticence.

Mounir Fakhri Abdel-Nour, secrétaire général du parti du néo-Wafd, affirme que son parti n’a pas encore pris de décision quant à la participation aux élections partielles du Conseil consultatif. « Les dirigeants du parti ne sont pas très enthousiastes, de toute façon, la décision relative à notre participation n’a pas encore été prise », affirme Abdel-Nour. Il ajoute que « personnellement », il n’est pas pour la participation de son parti aux élections, notamment « en l’absence du contrôle judiciaire », ce qui ouvrirait, selon lui, la porte à la fraude.

Il en est de même pour le parti du Rassemblement qui n’a pas encore arrêté sa décision quant à la participation. « On examine la possibilité de choisir un nombre de candidats pour participer aux prochaines élections. Et jusqu’à ce jour nous n’avons que 4 ou 5 candidats seulement », affirme Réfaat Al-Saïd, président du parti. Il ajoute que ce petit nombre de candidats est dû à l’absence du contrôle juridique et aussi à la nature de ces élections qui sont effectivement un lourd fardeau financier pour les partis de l’opposition. « Les circonscriptions du Conseil consultatif sont trois fois plus larges géographiquement parlant, que celles de l’Assemblée du peuple. Ce qui augmente les dépenses et rend très difficile au candidat de se faire connaître des habitants de sa circonscription », assure Réfaat Al-Saïd.

Seuls les partis d’Al-Ghad et des Libéraux ont annoncé leur participation. Al-Ghad n’a jusque-là présenté de candidats que pour Alexandrie, alors que le parti des Libéraux en présentera une douzaine. « Nous étions contre les amendements constitutionnels, mais aujourd’hui, après leur adoption, c’est devenu un fait accompli, nous devons faire avec », affirme le président du parti des Libéraux Helmi Salem. Le boycott n’a jamais été une attitude positive, estime-t-il. « Les élections qu’elles soient présidentielles, législatives, ou municipales sont un événement à ne pas rater. C’est notre seule chance d’entrer en contact direct avec la population », assure Helmi Salem.

Le deuxième tour devra avoir lieu la dernière semaine de juin. Quarante-quatre candidats seront ensuite nommés par le président Moubarak .

Ola Hamdi

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