Al-Ahram Hebdo, Egypte | Ce n’est qu’un au revoir ...
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

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Egypte

Diplomatie. Le président Moubarak a effectué cette semaine une visite de trois jours à Paris. Le chef de l’Etat a rencontré son homologue français, Jaques Chirac, mais aussi le candidat aux présidentielles, Nicolas Sarkozy (UMP). 

Ce n’est qu’un au revoir ... 

Paris,
De notre envoyé spécial —

Moubarak a voulu que sa visite à Paris soit avant tout une visite de courtoisie rendue au président Jacques Chirac avec qui il entretient des relations d’amitié depuis plus de 30 ans. La visite du chef de l’Etat est intervenue à quelques jours du premier tour des élections présidentielles françaises prévu le 22 avril, et à un mois de l’expiration du mandat du président Chirac. Et Moubarak a tenu à rendre hommage à Chirac. «  Je ne dis pas au revoir à un ami. Je suis certain qu’il viendra nous rendre visite en Egypte », a-t-il déclaré à l’Elysée. Même génération, même vision politique, les deux dirigeants n’ont jamais divergé sur les questions essentielles du Proche-Orient, notamment le conflit israélo-arabe. D’ailleurs, Moubarak et Chirac ont évoqué la situation au Moyen-Orient, la crise libanaise, le conflit soudanais et le dossier iranien. Visite de courtoisie mais aussi de travail. Le président Moubarak a en effet rencontré mardi le prétendant à la succession de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, pour parler de l’avenir de la politique arabe de la France. Le chef de l’Etat a estimé que les relations entre la France et l’Egypte à l’avenir ne changeront pas, malgré le départ de l’Elysée de Jacques Chirac. « Sous le président Mitterrand et sous le président Chirac, les relations sont allées en s’améliorant entre nos deux pays », a affirmé le président Moubarak à l’issue d’un déjeuner de travail avec le président français. Et d’ajouter : « Je pense qu’il sera très difficile que la politique française change au Proche et au Moyen-Orient ». En fait, certains analystes estiment qu’avec le départ de Chirac, c’est la fin d’une époque et il y aura une préoccupation pour l’avenir concernant la politique proche-orientale de la France. Pour eux, les principaux candidats semblent peu familiers avec les questions régionales, et ils ne veulent pas prendre de risques. Les observateurs parieraient plutôt sur Sarkozy vainqueur. Ils le présentent comme plus pro-américain et pro-israélien que Jacques Chirac. Ce qui va compliquer le travail entre l’Egypte et la France concernant les problèmes de la région, notamment la question palestinienne.

« Le Caire a voulu par cette visite, bien qu’elle semble de courtoisie, transmettre un message au successeur de Chirac. Rappeler les principes fondamentaux de la politique égyptienne dans la région à son allié français. Des principes qui ne doivent pas changer », explique une source diplomatique égyptienne qui a requis l’anonymat. D’où donc la rencontre entre Moubarak et Sarkozy. Dans le même contexte, le chef de l’Etat avait également rencontré la candidate présidentielle socialiste Ségolène Royale en décembre dernier à Paris. « Les deux principaux candidats à la présidence sont loin de la politique régionale. Il était important d’expliquer la vision de l’Egypte au futur chef de l’Etat français », estime la source anonyme. Nicolas Sarkozy s’est montré réceptif. « J’ai beaucoup d’admiration pour le président Moubarak. C’est un homme de grande expérience. Si je suis élu, je maintiendrai la position actuelle de la France envers le monde arabe. Je suis pour la création d’un Etat palestinien indépendant et la sécurité d’Israël », a déclaré le candidat UMP.

Moubarak, lui, a rappelé à l’Elysée qu’il ne sera pas possible de normaliser les relations avec Israël avant que la paix ne soit instaurée entre ce pays et les pays arabes. Concernant la question des réfugiés en particulier, il a estimé « que l’on peut parvenir à une solution à travers les négociations, mais il n’est pas possible de normaliser, et ensuite d’entamer des pourparlers ». (...) Car si les peuples de la région voient qu’il y a une normalisation alors qu’il y a encore des territoires qui sont occupés, là nous aurons vraiment de très graves problèmes ». De son côté, le porte-parole de l’Elysée Jérôme Bonnafont, a déclaré que Jacques Chirac avait confirmé que la France appuyait le président de l’Autorité palestinienne et souhaitait qu’une solution soit très rapidement trouvée à la question de l’aide aux populations.

Outre la question palestinienne, Moubarak et Chirac ont évoqué la situation au Liban. Le premier ministre libanais Fouad Siniora a écrit au secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, pour approuver la création d’un tribunal international chargé de juger les meurtriers présumés de l’ancien chef du gouvernement Rafiq Hariri. Le président français a jugé nécessaire maintenant que l’Onu réagisse à la lettre du premier ministre Siniora. Il a souligné le caractère capital de l’établissement du tribunal à caractère international, pour des raisons de justice et pour des raisons de dissuasion, et exprimé le souhait que la situation puisse évoluer rapidement sur ce point. Pour sa part, le président Moubarak a affirmé que l’Egypte fournit des efforts pour résoudre le problème libanais. Enfin, sur le plan économique et commercial, la visite du président Moubarak s’est traduite par la mise en œuvre d’un contrat de fourniture de gaz liquéfié signé par Gaz de France. Avec ce contrat, l’Egypte assure environ 10 % des besoins français en gaz, se taillant ainsi une place essentielle dans la couverture des besoins énergétiques français. La France est le troisième partenaire commercial de l’Egypte, et les récents investissements d’entreprises françaises dans les secteurs bancaire et gazier, ainsi que dans l’industrie pneumatique et du ciment confirment la confiance des entreprises françaises dans l’économie égyptienne. Le volume des investissements directs doit atteindre à la fin de cette année 8 milliards de dollars sans compter les investissements dans l’industrie pétrolière qui sont de l’ordre de 6,5 milliards de dollars. La France est devenue le deuxième investisseur étranger en Egypte, après les Etats-Unis, avec environ plus de 90 entreprises.

Chérif Ahmed

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