Al-Ahram Hebdo,Monde | Un scrutin propice aux surprises
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 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

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France . Douze candidats seront en lice dimanche pour le 1er tour de la présidentielle. Seuls quatre sont en mesure de prétendre au second tour : le champion de la droite Nicolas Sarkozy, la socialiste Ségolène Royal, le centriste François Bayrou et le chef de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen.

Un scrutin propice aux surprises

Paris,
De notre correspondant —
A quelques jours du 1er tour des élections présidentielles françaises, prévues le 22 avril, les dés semblent jetés, si on se fie aux instituts de sondage, pour les grandes figures de ces élections. Selon les derniers sondages donc, Nicolas Sarkosy, candidat de la droite libérale, obtiendrait environ 27 % des voix. Ségolène Royale, candidate du Parti socialiste, obtiendrait elle 24 %. François Bayrou, candidat de l’U.D.F. du centre avec 21 % des voix, et enfin l’intrépide Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National extrémiste avec 17 %.

Huit autres candidats, dont quelques figures prennent l’allure d’habitués comme Arlette Laguiller, candidate du parti Lutte ouvrière de l’extrême gauche ou Dominique Voynet, pour les « Verts » ou encore le fameux José Bové altermondialiste médiatisé, courent dans une petite arène sur des petits chars mais le sondage ne leur donne que 10 % environ des intentions de vote.

Trois éléments sont à retenir à la veille du scrutin pour comprendre le jeu politique qui ressemble de plus en plus au jeu des chaises musicales truffé de temps à autre d’empoignade verbale. D’abord, si Nicolas Sarkosy et Ségolène Royale restent les deux favoris des sondages, l’ex-ministre de l’Intérieur reste en tête grâce à une image de conservateur et homme d’autorité nationaliste. Quant à Mme Royale, elle jouit encore d’une aura tirée de son statut de femme d’un côté et d’un langage socialement plus proche de l’autre.

Ensuite, si les programmes des candidats des élections précédentes se ressemblaient, ceux de 2007 se caractérisent par un net clivage droite-gauche avec pour la première fois un centre très fort, incarné par François Bayrou.

Le problème est que, pour gagner ces élections, les deux candidats principaux voient très bien qu’il leur faudra conquérir sur les terres du candidat centriste. C’est ainsi que François Bayrou s’est vu la semaine passée l’objet de toutes les convoitises, notamment cette proposition de Michel Rocard, ancien premier ministre de François Mitterrand, figure de proue du socialisme français, proposant une alliance dès le 1er tour entre la candidate socialiste et celui du centre. Sur ce point sensible des élections, le point des alliances, le jeu restera ouvert jusqu’à la veille du 2e scrutin du 6 mai prochain.

En revanche, une autre alliance, très probablement souterraine, peut avoir lieu à tout moment, entre Nicolas Sarkosy et Jean-Marie Le Pen. Si Michel Rocard a proposé une alliance entre les socialistes et les centristes, Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkosy, propose des élections législatives en partie proportionnelles dans le seul but de draguer les électeurs du Front National.

Enfin, la politique étrangère reste totalement absente de cette campagne présidentielle. Les candidats ont en effet concentré leur campagne sur les problèmes majeurs de la société française : emploi, sécurité, émigration, éducation, etc. Néanmoins, leurs programmes traitaient plus ou moins des relations de la France dans les années à venir, avec par ordre de priorité, l’Europe, les Etats-Unis, la Russie et enfin le monde arabe avec ses éternels problèmes allant du conflit israélo-palestinien au nucléaire iranien, en passant par la situation dramatique en Iraq.

Sachant que le futur candidat ne changera pas grand-chose dans la politique extérieure française avec ses constants stratégiques, candidats et électeurs ont délaissé ce terrain pour aller sur celui des préoccupations quotidiennes des Français.

A la veille du 1er tour, nul ne peut prédire les résultats quelle que soit la carte présentée quotidiennement par les Instituts de sondage, car le jeu des alliances des derniers moments peuvent troubler le climat de ces élections et créer, comme ce fut le cas en 2002 lorsque Jacques Chirac s’est vu affronté au 2e tour avec Jean-Marie Le Pen, la surprise qui pourrait être en soi un choc électrique politique.

Ahmed Youssef

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