France .
Douze candidats seront en lice dimanche pour le 1er tour de
la présidentielle. Seuls quatre sont en mesure de prétendre
au second tour : le champion de la droite Nicolas Sarkozy,
la socialiste Ségolène Royal, le centriste François Bayrou
et le chef de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen.
Un scrutin propice aux surprises
Paris,
De notre correspondant —
A
quelques jours du 1er tour des élections présidentielles
françaises, prévues le 22 avril, les dés semblent jetés, si
on se fie aux instituts de sondage, pour les grandes figures
de ces élections. Selon les derniers sondages donc, Nicolas
Sarkosy, candidat de la droite libérale, obtiendrait environ
27 % des voix. Ségolène Royale, candidate du Parti
socialiste, obtiendrait elle 24 %. François Bayrou, candidat
de l’U.D.F. du centre avec 21 % des voix, et enfin
l’intrépide Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National
extrémiste avec 17 %.
Huit autres candidats, dont quelques figures prennent
l’allure d’habitués comme Arlette Laguiller, candidate du
parti Lutte ouvrière de l’extrême gauche ou Dominique
Voynet, pour les « Verts » ou encore le fameux José Bové
altermondialiste médiatisé, courent dans une petite arène
sur des petits chars mais le sondage ne leur donne que 10 %
environ des intentions de vote.
Trois éléments sont à retenir à la veille du scrutin pour
comprendre le jeu politique qui ressemble de plus en plus au
jeu des chaises musicales truffé de temps à autre
d’empoignade verbale. D’abord, si Nicolas Sarkosy et
Ségolène Royale restent les deux favoris des sondages,
l’ex-ministre de l’Intérieur reste en tête grâce à une image
de conservateur et homme d’autorité nationaliste. Quant à
Mme Royale, elle jouit encore d’une aura tirée de son statut
de femme d’un côté et d’un langage socialement plus proche
de l’autre.
Ensuite, si les programmes des candidats des élections
précédentes se ressemblaient, ceux de 2007 se caractérisent
par un net clivage droite-gauche avec pour la première fois
un centre très fort, incarné par François Bayrou.
Le problème est que, pour gagner ces élections, les deux
candidats principaux voient très bien qu’il leur faudra
conquérir sur les terres du candidat centriste. C’est ainsi
que François Bayrou s’est vu la semaine passée l’objet de
toutes les convoitises, notamment cette proposition de
Michel Rocard, ancien premier ministre de François
Mitterrand, figure de proue du socialisme français,
proposant une alliance dès le 1er tour entre la candidate
socialiste et celui du centre. Sur ce point sensible des
élections, le point des alliances, le jeu restera ouvert
jusqu’à la veille du 2e scrutin du 6 mai prochain.
En
revanche, une autre alliance, très probablement souterraine,
peut avoir lieu à tout moment, entre Nicolas Sarkosy et
Jean-Marie Le Pen. Si Michel Rocard a proposé une alliance
entre les socialistes et les centristes, Brice Hortefeux,
bras droit de Nicolas Sarkosy, propose des élections
législatives en partie proportionnelles dans le seul but de
draguer les électeurs du Front National.
Enfin,
la politique étrangère reste totalement absente de cette
campagne présidentielle. Les candidats ont en effet
concentré leur campagne sur les problèmes majeurs de la
société française : emploi, sécurité, émigration, éducation,
etc. Néanmoins, leurs programmes traitaient plus ou moins
des relations de la France dans les années à venir, avec par
ordre de priorité, l’Europe, les Etats-Unis, la Russie et
enfin le monde arabe avec ses éternels problèmes allant du
conflit israélo-palestinien au nucléaire iranien, en passant
par la situation dramatique en Iraq.
Sachant
que le futur candidat ne changera pas grand-chose dans la
politique extérieure française avec ses constants
stratégiques, candidats et électeurs ont délaissé ce terrain
pour aller sur celui des préoccupations quotidiennes des
Français.
A la
veille du 1er tour, nul ne peut prédire les résultats quelle
que soit la carte présentée quotidiennement par les
Instituts de sondage, car le jeu des alliances des derniers
moments peuvent troubler le climat de ces élections et créer,
comme ce fut le cas en 2002 lorsque Jacques Chirac s’est vu
affronté au 2e tour avec Jean-Marie Le Pen, la surprise qui
pourrait être en soi un choc électrique politique.
Ahmed
Youssef