Al-Ahram Hebdo,Arts | Voyage à l’espagnole
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 Semaine du 18 à 24 avril 2007, numéro 658

 

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Arts

Cinéma . Sept films signés par des réalisatrices espagnoles sont projetés au Caire, du 11 avril au 9 mai, au centre Cervantes, dans le cadre du 10e anniversaire du Festival international de Zaragoza. 

Voyage à l’espagnole

Les réalisatrices espagnoles font la fête au Caire, précisément au centre Cervantes. « C’est une première du genre à Cervantes, qui consiste à trier un bouquet de films ayant déjà participé aux diverses éditions du Festival de Zaragoza, pour célébrer son 10e anniversaire », a déclaré la réalisatrice égyptienne Amal Ramsis, coordinatrice de cet événement. Le Festival de Zaragoza sur le cinéma des femmes est en effet l’un des plus importants d’Espagne, de par son public croissant et son objectif artistique. Se tenant chaque année au mois de mars, il donne la parole aux réalisatrices et femmes rebelles.

« A travers le cinéma, les réalisatrices espagnoles comme leurs semblables de par le monde parviennent à briser les tabous et à défier les stéréotypes qui leur étaient transmis par l’éducation et les traditions », souligne Salah Mahran, critique de cinéma. Ainsi, les femmes se reconnaissent-elles dans leur identité comme sujet d’histoire, à travers ce rendez-vous incontournable des cinéphiles et des féministes. « Les films choisis pour le panorama de Cervantes expriment sans doute le regard des femmes sur leurs sociétés, tout en valorisant leurs différentes cultures et rendant hommage aux actrices, scénaristes, monteuses, chefs opératrices et toutes les créatrices de films », explique Amal Ramsis. La programmation est en fait très diversifiée, ouverte sur les différentes expressions cinématographiques. Au total, sept films sont présentés comme un voyage d’exploration opéré par les réalisatrices au sein des différentes sociétés.

Parmi ces films, Ni locas ni terroristas (ni folles ni terroristes), un documentaire de 50 minutes, réalisé par Cecilia Barriga en 2005, fait office de référence. Pour les critiques espagnols, le film est un chef-d’œuvre montrant le rôle de la femme dans la guerre contre les stupéfiants. Ce, à travers l’histoire de cinq mères de famille qui perdent leurs fils à cause des stupéfiants, de quoi les dresser contre le gouvernement et la mafia de la drogue. Un film d’action au rythme accéléré, dévoilant la capacité de sa réalisatrice à discuter des sujets épineux dans un cadre artistique réussi.

En comparaison, El Cielito (le ciel, 2004), de Maria Victoria Menis, passerait pour une histoire inoffensive d’amitié dans un camping sauvage. C’est l’histoire d’un jeune bohémien qui, en visitant un petit village argentin, fait la connaissance d’un père de famille et découvre la souffrance économique et sociale du pays. Prenant en charge de défendre l’enfant benjamin de la famille, le jeune vagabond trouve un sens à sa vie.

Malgré leurs différences, Le Ciel comme Ni folles ni terroristes, révèlent une société déchirée entre le goût de vivre et la présence de la souffrance. Ils démontrent la capacité des femmes-réalisatrices à exposer les sentiments humains.

L’engagement politique et social donne également à des films comme Resistencia (résistance, 2006), de Lucinda Torre, une valeur accrue. Tout le long de ses 112 minutes, le documentaire dénonce la mondialisation, en relatant l’histoire d’une centaine d’ouvriers licenciés du jour au lendemain dans le Nord de l’Espagne. Ils décident d’organiser des manifestations contre le despotisme des capitaux, de quoi choquer l’opinion publique et les aider à reprendre leur travail. A travers une vision féminine, tantôt douce tantôt rigoureuse, la réalisatrice a réussi à transmettre l’insurrection des citoyens.

Au-delà des projections, les débats et rencontres, animés entre autres par la réalisatrice Arab Loutfi ou l’écrivain Radwa Achour, donneront le ton à cet événement. « On tente de profiter de la présence de certains responsables du festival, actuellement au Caire, pour discuter les possibilités de projeter les films de réalisatrices égyptiennes en Espagne. L’échange ne peut être que fructueux », conclut Amal Ramsis.

Yasser Moheb

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Jusqu’au 9 mai, au centre Cervantes. 20, rue Boulos Hanna, Doqqi.

 




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