Théâtre .
Le dramaturge Ossama Anouar Okacha et le metteur en scène
Mohamad Omar collaborent de nouveau ensemble. Dans Welad
al-lazina (fils de …), le duo tombe dans le piège de la
longueur mais persévère dans la légèreté.
Clin d’œil à Robin des bois
Al-Nass
elli fil talet (les gens du troisième, 2001), Fi ezz al-dohr
(à midi, 2003) Leilat 14 (la nuit du 14, 2005) sont toutes
des pièces signées Ossama Anouar Okacha et Mohamad Omar. A
chaque fois, leur collaboration s’accompagne par une large
campagne publicitaire, la présence de comédiens reconnus et
un certain succès auprès du public, reposant sur les
anciennes gloires de Okacha dans le drame télévisuel.
En ce moment, sur les planches du théâtre Miami, le duo
présente Welad al-lazina (fils de ...). Le comédien Mahmoud
Al-Guindi y incarne le rôle de Chérif, un cambrioleur
puisant sa fortune dans les appartements et les villas des
nababs. Un Robin des bois qui cherche à venger les pauvres
et à faire payer les corrompus.
Dans l’une des villas cambriolées, il découvre le monde d’un
businessman qui peut tout se permettre pour plus de pouvoir
et d’argent. Son fils et ses deux autres amis sont tout à
fait irresponsables, protégés par la richesse des parents.
Ils arrivent à la maison, accompagnés de trois jeunes
filles. L’une d’entre elles perd conscience et l’on est à la
recherche d’une solution sans nuire à la réputation des
jeunes hommes. Le cambrioleur est présent, en cachette. Il
décide de venger les filles !
Dès le début, Ossama Anouar Okacha et Mohamad Omar rompent
avec l’illusion du spectateur. Ils dévoilent leur jeu. Le
héros raconte son histoire et introduit son aventure. Son
monologue assez long n’échappe pas à la monotonie. Quelques
phrases sont échangées avec le public pour créer une
ambiance d’intimité, mais les commentaires exagérés versent
dans l’artificialité. Comme à son habitude, Okacha favorise
le bavardage en langage familier, parfois vulgaire. Il
cherche à monter un théâtre léger, proche du public, se
mêlant à toutes les controverses politiques. Les slogans, la
morale … sont mis dans la bouche de son Robin des bois.
Toujours pour flirter avec le public, le metteur en scène
mise sur le mouvement des acteurs et le proscenium. Souvent,
les comédiens secondaires et le personnage principal se
déplacent vers l’audience.
Quelques scènes renvoient à d’autres stéréotypées, inspirées
des anciens films en noir et blanc : la prostituée avec ses
éclats de rire en long et en large, bouffonneries, un
médecin au ton crispé et hystérique …
Par ailleurs, le metteur en scène a eu recours à des jeunes
stars de la télévision (Mohamad Abdel-Hafez, Yasser Farag,
Tamer Abdel-Moneim, Yasmine Al-Naggar, entre autres) afin
d’attirer le public. Il a dû alors leur attribuer de longs
discours où chacun d’eux expliquait sa situation à tour de
rôle. Encore une fois, un style répétitif et traditionnel.
Tout le monde s’affronte. La jeune fille meurt. Une toile en
tulle noir s’étend sur le public et couvre les planches,
sans accentuer le drame. Puis, on a droit à une fin
circulaire. Le Robin des bois remonte sur scène pour narrer
son histoire dès le commencement.
Plus ça
change, plus c’est la même chose.
May
Sélim