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Tourisme.
Des mesures douanières beaucoup plus strictes et une hausse
des tarifs des vols intérieurs appliqués par EgyptAir
suscitent de nombreuses critiques.
Vous
aurez tout à déclarer
Un
encombrement extraordinaire a été remarqué à l’aéroport du
Caire pendant toute la semaine dernière, surtout dans les
salles d’embarquement et de débarquement. Beaucoup de
touristes s’étaient regroupés autour du représentant de leur
agence de voyages pour s’informer du nouveau formulaire
douanier qu’ils doivent remplir et qui est très détaillé :
nombre de bagages, leur contenu, somme avec le passager ...
Ces représentants ne parvenaient pas à aider les voyageurs
puisqu’eux-mêmes ne comprenaient rien à ce document, rédigé
et imprimé uniquement en arabe et en anglais. A rappeler à
cet égard, par exemple, que la majorité des touristes qui se
rendent en Egypte sont des Russes ou des Italiens qui ne
maîtrisent pas forcément l’une des deux langues. Ce nouveau
formulaire est intervenu en fait, comme l’expliquent les
fonctionnaires de l’Organisme des douanes, de l’application
de la loi sur la lutte contre le blanchiment de fonds. « Ce
formulaire a été appliqué soudainement sans avertir les
responsables ni les agences travaillant dans le secteur du
tourisme et qui seront sans doute les plus affectés par une
telle mesure. Ni le Conseil suprême du tourisme ni l’Union
des chambres du tourisme n’étaient au courant de la mise en
vigueur de ces procédures pour pouvoir envisager leur
influence sur le mouvement du tourisme en Egypte », explique
le Dr Khaled Al-Manawi, président de la Chambre des agences
de voyages. Si l’objectif de ce formulaire vient dans le
cadre de l’application de la loi sur la lutte contre le
blanchiment de fonds, les responsables de la douane se
demandent pourquoi donc le formulaire porte sur des détails
inutiles. « Pourquoi retarder et embrouiller les touristes
de cette façon », souligne Al-Manawi.
Dans ce formulaire de douane, le passager doit indiquer s’il
porte sur lui plus de 10 000 dollars et 5 000 L.E. Il doit
aussi donner des instructions sur les limites des exemptions
douanières. Dorénavant les cadeaux que porte le passager ne
doivent pas dépasser les 1 500 L.E., il ne pourra plus
acheter qu’un litre d’alcool, 200 cigarettes ou 200 grammes
de tabac, un litre de parfum, etc.
Blanchiment de fonds
Pour sa part, Fathi Nour, président de la Chambre des
hôtels, assure que lui comme tous les responsables du
tourisme en Egypte comprennent qu’il existe actuellement une
forte tendance dans le monde entier pour la lutte contre le
blanchiment de fonds. Mais dans nombre de pays européens
comme la France, l’Espagne ou l’Italie par exemple, de
grandes pancartes sont mises visiblement dans les salles
d’arrivée et avant de passer par les douanes. Ces pancartes
informatives indiquent que chaque passager doit déclarer la
somme d’argent qu’il porte sur lui si celle -ci dépasse une
certaine limite. La même annonce est diffusée à bord avec la
carte d’arrivée. « D’ailleurs, on ne parle pas seulement de
l’aéroport du Caire mais il y a ceux de Charm Al-Cheikh, d’Hurghada
ou de Louqsor qui reçoivent tous les week-end des
centaines de charters par jour. Ce qui fait qu’on va trouver
des queues des touristes en dehors de l’aéroport. En outre,
la grande majorité de ces touristes ont sur eux des sommes
qui ne dépassent pas les 500 dollars et ils utilisent pour
la plupart leur carte de crédit », ajoute-t-il.
Comment faire ? Le ministère du Tourisme fait appel à une
meilleure application des dispositions. « Personne ne peut
refuser l’application d’une loi. Le problème c’est dans son
application. On a seulement demandé que ce formulaire soit
rempli par les passagers à bord, pour gagner du temps, et
qu’il soit dans plusieurs langues puisqu’il y a des
touristes qui ne connaissent ni l’arabe ni l’anglais même si
quelqu’un les aide. Ils sont tout de même effrayés de signer
un papier qu’il leur est impossible de comprendre »,
explique Hala Al-Khatib, porte-parole du ministère du
Tourisme .
Dalia
Farouk
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Et
encore un coup
A
part le formulaire des douanes, une autre décision a été
annoncée soudainement cette semaine mais cette fois-ci de la
part de la compagnie aérienne nationale EgyptAir, celle-ci
vient d’annoncer la hausse des prix des tickets d’avion de
20 % pour les vols domestiques des Egyptiens. Cette décision
a, elle aussi, suscité beaucoup de critiques dans le secteur
du tourisme. « A l’heure où le ministère du Tourisme déploie
un grand effort pour encourager le tourisme interne, la
hausse des prix vient compromettre ses initiatives. Les prix
modérés encourageaient les Egyptiens à se rendre à Charm
Al-Cheikh ou à Assouan pour passer quelques jours en famille
alors que les touristes obtenaient des prix réduits pour les
groupes », assure Amr Sedqi, vice-président de la Chambre
des agences de tourisme. En fait, les responsables
essayaient de relancer le tourisme interne, dont le chiffre
avait dépassé en 2006 plus de 15 millions d’individus, non
seulement pour augmenter les recettes du secteur du tourisme
mais surtout pour que le tourisme interne soit une
alternative pour l’industrie de tourisme en cas de crise qui
affecte le taux de fréquentation des étrangers. « Le
tourisme est une industrie qui est rapidement influencée par
les circonstances de toute la région. Ainsi, le tourisme
interne est-il complémentaire de celui du tourisme externe
», explique Amir Fahim, expert de tourisme. Pour sa part,
EgyptAir a justifié cette augmentation par l’application du
nouveau système de réservation à travers Internet (IB). Ce
qui a exigé l’unification des prix pour les Egyptiens et les
étrangers. « Il n’y a nulle part au monde de compagnie
aérienne qui fait des réservations selon la nationalité du
passager. C’est une discrimination refusée. Pour cela, on a
essayé de rapprocher les prix des billets entre étrangers et
Egyptiens sur les vols domestiques. On a ainsi augmenté les
prix des billets pour les Egyptiens et on a baissé ceux des
étrangers. Cette augmentation n’est pas exagérée
puisqu’elle n’est appliquée que sur la classe des affaires
(business class) qui représente en moyenne 8 sièges
seulement sur un petit avion de vol domestique. Un ticket
pour Charm en business class était de 600 L.E. pour le
touriste étranger contre 360 pour un Egyptien. Maintenant,
il est à 427 L.E. pour les deux. Donc, une hausse de 13 à 15
% seulement », explique Safwat Mossalam, président du
secteur commercial d’EgyptAir. Paroles peu crédibles puisque
« la hausse des prix varie entre 20 et 80 % et celle-ci n’a
aucun rapport avec la catégorie des sièges, puisqu’en
général il n’y a que quelques-uns qui soient libres à bord
des avions accessibles aux Egyptiens. La plupart des vols
domestiques étant réservés par les étrangers d’avance »,
répond un propriétaire d’une agence de voyages qui a requis
l’anonymat.
Par contre, dans tous les pays du monde, les vols
domestiques sont vendus à très bas prix en coopération avec
les organismes de promotion touristique dans le but
d’encourager les gens à passer
leurs vacances dans une destination touristique au sein du
pays même. En Allemagne, par exemple, le prix des billets
des vols domestiques varie entre 20 et 50 euros et ne
dépasse les 90 euros que lors des saisons de pointe. Même
entre les pays européens, les prix des billets sont
modestes. « Un billet de Francfort à Madrid par exemple
varie entre 75 et 150 euros selon la classe réservée »,
assure Baher Sobhi, directeur du bureau égyptien de la
promotion touristique à Francfort en Allemagne.
Le fait qu’EgyptAir soit la seule compagnie nationale en
Egypte est la cause principale de cette crise. Si une
famille égyptienne de quatre personnes choisit de passer ses
vacances en Egypte, elle payera plus de 3 000 L.E.
uniquement pour les billets d’avion. Ceci poussera donc
certaines d’entre elles à préférer voyager à l’étranger.
« Le monopole qu’exerce EgyptAir sur le secteur de
l’aviation est la source de la crise. S’il y avait sur le
marché d’autres compagnies aériennes, EgyptAir aurait
réfléchi mille et une fois avant de hausser ses prix et elle
aurait négocié avec les responsables du tourisme et les
travailleurs dans ce domaine » souligne Amr Sedqi.
D. F.
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