Football .
La Confédération Africaine de Football (CAF) a décerné ses
prix pour l’année 2006, jeudi 1er mars à Accra, au Ghana. A
l’honneur : Drogba, les Blackstars et Ahli.
Drogba roi d’Afrique
C’est
l’attaquant ivoirien de Chelsea (Ang), Didier Drogba, qui a
été désigné jeudi joueur africain de l’année 2006. Drogba,
premier Ivoirien à être honoré par cette récompense, a
décroché ce titre après un coude à coude serré avec
l’attaquant camerounais du FC Barcelone (Esp) Samuel Eto’o,
lauréat des trois dernières éditions, et son coéquipier à
Chelsea, le Ghanéen Micheal Essien. Avec un total de 79
voix, Drogba (29 ans) l’a remporté à 5 longueurs seulement
devant Eto’o (74 voix) tandis qu’Essien était plus éloigné,
avec 36 voix seulement.
Un titre bien mérité après une exceptionnelle année 2006,
que ce soit avec Chelsea ou la sélection de son pays. «
C’est une immense fierté que d’être reconnu par l’ensemble
du continent africain. Je ressens une joie indescriptible.
C’est aussi une juste récompense par rapport à tous les
efforts et les sacrifices que j’ai consentis par le passé »,
explique le capitaine de la sélection ivoirienne.
Personne ne peut nier les efforts de Drogba avec la
sélection ivoirienne en 2006. Sa contribution a été majeure
à la séduisante performance de la Côte-d’Ivoire qui a pu se
hisser jusqu’en finale de la CAN 2006, perdue à l’issue des
tirs au but face à l’Egypte. De même qu’il était l’un des
principaux artisans de la qualification de son pays pour une
première phase finale de la Coupe du monde. Malgré son but
en match d’ouverture contre l’Argentine 2-1 (premier but de
l’histoire des Ivoiriens au Mondial), il n’a ensuite
présenté qu’une pâle figure et a dû se contenter, tout comme
ses coéquipiers, d’une rapide visite en Allemagne après que
le tirage au sort leur fut défavorable, aux côtés de
l’Argentine, des Pays-Bas et de la Serbie-Monténégro.
Idem avec son club londonien, il a remporté le titre de
champion d’Angleterre et cette saison, les Blues sont en
lice encore pour les titres de championnat, Ligue d’Europe
et Coupe de l’UEFA. L’année 2006 fut pleine de défis pour
Drogba. Le club anglais a recruté au début de la saison la
machine à buts ukrainienne, André Chevchenko. Pour certains
observateurs, l’arrivée de Chevchenko menaçait la place de
Drogba à Chelsea.
Mais l’Ivoirien doté de grandes capacités, puissance,
vitesse et frappe de balle précise et soudaine, a répondu
avec brio à tous ses détracteurs, devenant le buteur de
l’équipe de Chelsea et du Championnat anglais (18 buts en 28
matchs), éclipsant Cheva. « C’est le meilleur attaquant au
monde actuellement, s’il y a quelqu’un d’autre, montrez-le
moi », avait déclaré son coéquipier Frank Lampard. Alors que
Chelsea semble en baisse de forme, Drogba semble, lui, être
son plus grand espoir et sa chance pour décrocher des
gloires cette année. Il l’a déjà prouvé en les menant au
titre de la Carling Cup il y a deux semaines, lorsqu’il a,
tout seul, transformé leur défaite de 0-1 contre Arsenal en
une victoire 2-1 à la fin du temps réglementaire .
Taiwo, nouvel espoir
Le
Nigérian Taye Taiwo (22 ans) a été désigné, quant à lui,
meilleur espoir de l’année. Un choix qui a, pour certains,
fait fi de la performance de l’Ivoirien Salomon Kalou,
ancienne vedette de Feyenoord (PB) et actuel joueur de
Chelsea (Ang). Mais Taiwo a énormément séduit avec le
Nigeria, médaillé de bronze de la dernière Coupe d’Afrique
des Nations (CAN) 2006. Impressionnant physique (1,78 m pour
75 kg) et doté d’une frappe du gauche à percer des
murailles, le latéral gauche des Super Aigles a pu se
distinguer dans la compétition la plus prestigieuse du
continent malgré son jeune âge. L’espoir de l’Olympique de
Marseille (OM) s’est vite retrouvé sous les feux des
projecteurs avec de grandes équipes telles que Chelsea,
l’Inter Milan et PSV.
Voulant protéger son investissement, Pape Diouf, président
de l’OM, lui a fait signer un contrat jusqu’en 2009. En
effet, Taiwo se trouve au cœur du nouveau noyau qui se
construit actuellement à Marseille afin de retrouver la
gloire et bousculer Lyon. « Un pari sur l’avenir », comme
l’avait décrit Diouf. Après le départ de Bixente Lizarazou,
champion du monde et d’Europe avec la France, en 2005, Taiwo,
à petits pas, s’est imposé dans le onze de départ de l’OM au
point d’en être devenu le titulaire lors des 12 derniers
mois. Souvent défectueux sur ses relances et déplacements,
ses qualités techniques et sa puissance de frappe (4 buts
cette saison, dont un en Coupe de l’UEFA) couvrent cependant
ses défauts qui devront normalement s’évincer avec son
développement et l’expérience du jeu.
Il est non seulement l’un des joueurs les plus prometteurs
du continent, mais aussi l’un des plus gros potentiels du
monde sur le flanc gauche.
Le
Ghana, meilleure sélection
La
réponse correcte à la question quelle est la meilleure
sélection africaine de l’année 2006 est sans doute la
sélection du Ghana. Car les Blackstars ont bien représenté
l’Afrique lors de la dernière Coupe du monde d’Allemagne
(défaite contre l’Italie 0-2 et deux victoires contre la
République tchèque 2-0, et les Etats-Unis 2-1). Malgré sa
présence au sein d’un groupe très difficile, comprenant
l’Italie, la République tchèque et les Etats-Unis, la
sélection ghanéenne, qui a participé à la Coupe du monde
pour la première fois de son histoire, a réussi à créer la
grande surprise et à se qualifier pour le second tour, aux
côtés de l’Italie et aux dépens de la République tchèque de
Pavel Nedeved. Encore une fois, le sort a joué contre les
Ghanéens puisqu’ils ont trouvé la sélection brésilienne sur
leur chemin durant les 8es de finale de la compétition. Rien
de plus normal que le représentant de l’Afrique s’incline
0-3 face à une sélection comprenant des joueurs considérés
comme les meilleurs du monde, à l’image de Ronaldinho, Kaka,
Adriano, Kafu et Roberto Carlos ! Malgré l’élimination du
Ghana, les Ghanéens sont sortis du Mondial la tête haute,
grâce à l’excellente performance de leurs stars, Micheal
Essien, Sulley Muntari et Stephan Appiah, qui ont conduit
cette jeune équipe au second tour du Mondial.
Ainsi, l’excellente performance de la sélection ghanéenne
lors du Mondial a-t-elle fait oublier son élimination du
premier tour de la CAN, qui avait remis en question son sort
au Mondial. Mais il faut préciser que les Blackstars ont dû
jouer la CAN sans leurs deux grands atouts, Micheal Essien
et Sulley Muntari qui ont ébloui le monde entier lors du
Mondial d’Allemagne.
Ahli rafle la mise
Pour
la deuxième année consécutive, Ahli a été désigné meilleur
club du continent africain aux dépens de la jeune et
séduisante formation d’ASEC d’Abidjan et de l’Etoile du
Sahel de Tunis, vainqueur de la Coupe de la Confédération
Africaine de Football. Deux adversaires qu’Ahli a d’ailleurs
battus, le premier en demi-finales de la Ligue d’Afrique,
dans son parcours vers le titre, et le second en match de la
Supercoupe d’Afrique, qui a eu lieu le 18 février dernier.
Mais ce n’est pas la seule raison de ce choix. En effet, les
Rouges ont pu défendre leur titre acquis en 2005 et se
confirmer comme maîtres du continent. Un cinquième titre,
égalant ainsi le record de Zamalek. Ils ont réussi à
surmonter tous les obstacles et la grande série de blessures
et absences durant tout leur parcours, notamment ceux de
Mohamad Barakat, meilleur joueur et buteur de l’édition de
2005, l’international angolais Sebastiao Gilberto, et
l’international des Pharaons Mohamad Abdel-Wahab, décédé en
août dernier.
Représentant africain aux Championnats du monde des clubs au
Japon pour la deuxième année consécutive, Ahli a été le
meilleur ambassadeur pour confirmer la présence des
Africains parmi les élites du monde. Les Rouges ont terminé
à la troisième place derrière le champion Internacional
(Brésil) et le célèbre FC Barcelone (Esp) et ceci après
avoir battu les Néo-Zélandais d’Auckland City 2-0 au premier
tour et le Club America du Mexique 2-1 en match de
classement.
Jusqu’à présent, aucune équipe n’a pu menacer le trône des
Rouges. Et bien que la nouvelle édition ait été lancée en
présence de nombreuses puissances telles que Zamalek,
l’Espérance de Tunis (Tunisie), l’ASEC d’Abidjan
(Côte-d’Ivoire) et le Raja (Maroc), Ahli semble toujours
au-dessus du lot, notamment avec le prochain retour de
Barakat et de Gilberto, sans compter ses nouvelles recrues
qui vont encore rendre l’équipe plus puissante.
Hommage à Abou-Treika
Personne
ne peut oublier son but historique à la dernière minute de
la finale retour de la Ligue des champions d’Afrique
opposant Ahli à la formation tunisienne du club Sfaxien, au
stade de Radès.
Alors que le score était de 0-0 et que tout le monde
attendait le sifflet final de l’arbitre pour déclarer les
Tunisiens champions d’Afrique, le score étant en leur faveur
après le 1-1 concédé lors de la finale aller au Caire,
l’excellent milieu de terrain international d’Ahli, Mohamad
Abou-Treika, crée la surprise en réalisant le but de la
victoire de son équipe, donnant ainsi à Ahli le titre le
plus cher de son histoire. Ce but somptueux a été comparé à
celui du Français Zinedine Zidane dans les filets de Bayern
Leverkusen qui était marqué dans les mêmes circonstances
mais en Ligue des champions d’Europe.
En effet, le grand rôle d’Abou-Treika ne se limite pas
seulement à ce but. Ses efforts ont été remarquables avec
les Rouges tout au long de leur parcours dans la compétition
africaine. Aux côtés de son titre de buteur de la
compétition avec 8 buts, il a été l’arme fatale des Rouges
durant cette édition et même la clé de tous ses succès. Il
fut le cœur de cette formation par ses grandes capacités :
une grande variété de puissants tirs, dribbles, têtes et
coups francs illustrent son talent abondant.
La performance exceptionnelle d’Abou-Treika lui a permis de
figurer sur la liste préliminaire des joueurs favoris pour
le titre de meilleur joueur du continent noir pour l’année
2006, avant d’être éliminé de la compétition. Bien que son
élimination ait déçu, sa présence avec de grandes stars
mondiales comme Drogba, Eto’o, Essien et Kanu demeure un
grand honneur. En tout cas, il peut se consoler avec son
titre de meilleur joueur de la Ligue des champions
d’Afrique.
José Da Silva, meilleur technicien
Encore
une fois, le directeur technique d’Ahli, Manuel José Da
Silva, a été désigné meilleur technicien aux commandes d’une
formation africaine. L’année dernière, ce titre lui avait
été décerné sans surprise, mais cette année, le technicien
portugais l’a remporté aux dépens de l’Egyptien Hassan
Chéhata, qui a réalisé l’exploit de la Coupe d’Afrique des
nations 2006, en plus du Français Patrick Lewig, directeur
technique d’ASEC d’Abidjan. Et pourquoi pas, puisqu’il a pu
mener son équipe à récolter tous les titres qui se
présentaient quelles que soient les conditions de son équipe
et du jeu. « Il est vrai que José possède une belle palette
de joueurs, mais cela ne veut pas dire que n’importe qui
aurait pu remporter tous ces titres et de tels exploits.
C’est la différence entre un coach et un autre », a déclaré
Mohamad Seif, le directeur de rédaction du magazine sportif
Al-Ahram Al-Riyadi. Privé de ses meilleurs éléments durant
cette année, José a toujours réussi à trouver la solution
pour gagner et combler le vide. Ses qualités techniques, sa
vision du jeu et les importants risques qu’il prend ont
porté leurs fruits. Mais le plus important aussi et la
grande différence qu’il a pu apporter à Ahli, c’est la
culture du jeu. « José a pu enseigner aux joueurs la culture
de la victoire et changer un énorme défaut chez nos joueurs.
Il leur a appris le professionnalisme et qu’il faut jouer
pour gagner jusqu’au dernier souffle, que ce soit à domicile
où à l’extérieur. Il nous a fourni 8 éléments essentiels à
la sélection, prêts physiquement et mentalement, qui ont été
le noyau qui a mené l’équipe à la coupe », explique Ibrahim
Hégazi, rédacteur en chef d’Al-Ahram Al-Riyadi.
José a été choisi par les supporters d’Ahli meilleur
entraîneur à avoir jamais pris les commandes de l’équipe. La
demande de prolongation de son séjour est devenue une
réclamation publique et d’ordre primordial afin de maintenir
ce grand développement et l’aire de gloire du club.
Karim
Farouk
Mohamad Mosselhi