Koweït .
Le gouvernement a dû démissionner à la veille d’un vote de
défiance au Parlement. Les députés de l’opposition appellent
à un gouvernement fort et réformateur.
Nouvelles turbulences politiques
Le gouvernement koweïtien, formé il y a près de huit mois, a
démissionné dimanche dernier pour éviter un vote de défiance
au Parlement contre le ministre de la Santé. « Tous les
membres du gouvernement ont présenté leur démission au
premier ministre, le cheikh Mohamad Nasser Al-Ahmad Al-Sabah
», a déclaré le vice-premier ministre sortant, Ismaïl Al-Chatti,
à la Télévision d’Etat. « L’émir, cheikh Sabah Al-Ahmad
Al-Sabah, a accepté la démission du gouvernement et chargé
le premier ministre (...) de former le nouveau cabinet », a
annoncé, de son côté, aux journalistes le président du
Parlement, Jassem Al-Khorafi. La démission est intervenue
après l’échec du gouvernement à s’assurer les voix
nécessaires pour éviter le vote de défiance à l’encontre du
ministre de la Santé, cheikh Ahmad Abdallah Al-Sabah, prévu
initialement lundi.
Le 19 janvier, dix députés avaient déposé une motion de
défiance contre cheikh Ahmad, membre de la famille royale.
Le 17 janvier, il avait été interrogé au Parlement sur la
dégradation du système des soins dans l’émirat et de
possibles irrégularités. Certains députés rendent le
ministre responsable de « graves erreurs médicales ayant
conduit à la mort de patients » et soutiennent qu’il est
responsable d’irrégularités financières et administratives.
Cheikh Ahmad a été nommé ministre de la Santé il y a moins
de deux ans. Son prédécesseur, Mohamad Al-Jarallah, avait
démissionné au terme d’une audition au Parlement.
Des députés de l’opposition ont salué la démission du
cabinet et appelé à un nouveau gouvernement fort et
réformateur qui placera la lutte anti-corruption en tête de
ses priorités. « C’est une bonne occasion pour un nouveau
gouvernement fort qui adhérera aux attentes du peuple
koweïtien », a déclaré Ahmad Al-Shuhomi, l’un des députés
ayant interrogé le cheikh Ahmad le mois dernier. « Nous
espérons que le premier ministre nommera des personnalités
politiques influentes dans le nouveau gouvernement », a-t-il
ajouté.
Adnane Abdel-Samad, un autre député, a estimé que le nouveau
cabinet devrait se débarrasser des ministres tumultueux. «
Nous voulons le départ des ministres responsables de crises
(...). Nous voulons que le futur gouvernement soit
réformateur et mette la lutte contre la corruption en tête
de ses priorités », a-t-il dit. Le député islamiste Ahmad
Baqer a plaidé pour un gouvernement réformateur capable de
coopérer avec le Parlement. Quant au député Walid Al-Tabtabaï,
il voit que la démission de tout le cabinet est exagérée, il
aurait seulement fallu que le ministre en question
démissionne.
Depuis le début de la vie parlementaire au Koweït en 1962,
aucun ministre n’a été démis de ses fonctions à la suite
d’un vote de défiance. Plusieurs ministres ont cependant été
contraints de démissionner pour éviter des votes de
défiance. En décembre, le ministre de l’Information, Mohamad
Al-Sanoussi, a démissionné à la suite d’une demande
d’audition déposée à son encontre par un député islamiste.
L’actuel cabinet a été formé le 10 juillet dernier après les
législatives de juin, remportées par l’opposition et
marquées par la participation des femmes, pour la première
fois dans cet émirat pétrolier. L’opposition, une alliance
d’islamistes, de nationalistes et de libéraux, qui soutient
que la corruption est largement répandue dans les ministères
et les institutions gouvernementales, menace souvent
d’interroger des ministres.
Rania
Adel