Afrique.
Le réchauffement climatique, dont les conséquences sont
particulièrement néfastes au continent, arrive, enfin, en
tête des préoccupations de la communauté internationale.
Le mauvais climat augure du pire
Dans
un message vidéo diffusé à la conférence pour une
gouvernance écologique mondiale, réunie à Paris début
février 2007, le nouveau secrétaire général des
Nations-Unies, le Sud-Coréen Ban Ki-Moon, a affirmé que le
réchauffement climatique sapait les efforts de la communauté
internationale pour lutter contre la pauvreté et pouvait «
compromettre la paix et la sécurité internationales ». «
L’environnement et la question du réchauffement climatique
sont une priorité pour moi », a-t-il déclaré, s’engageant à
faire en sorte que les Nations-Unies, à travers notamment
leur Programme pour l’environnement (PNUE), aident la
communauté internationale à se tourner vers un développement
durable. Mais le réchauffement climatique n’est pas la seule
menace pour l’environnement : « Il y a beaucoup d’autres
nuages à l’horizon, notamment les pénuries d’eau et la perte
de la biodiversité », a-t-il précisé.
Les participants à la conférence de Paris ont, pour leur
part, appelé à transformer le PNUE en une véritable
organisation internationale à composition universelle, à
l’image de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). «
Cette Organisation des Nations-Unies pour l’environnement
sera une voix forte et reconnue dans le monde. Elle doit
être un instrument pour évaluer les dommages écologiques et
comprendre comment y remédier ; un instrument efficace pour
promouvoir les technologies et les comportements les plus
respectueux des écosystèmes ; un moyen pour soutenir la mise
en œuvre des décisions environnementales à travers la
planète », ont-ils conclu.
Tableau effrayant
Un rapport sur l’impact du changement climatique en Afrique
et sur la vulnérabilité et l’adaptation du continent face à
ces changements, publié en novembre 2006 par le secrétariat
de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements
climatiques, présente un tableau effrayant si rien n’est
fait. Basé sur des données issues de plusieurs organismes,
le rapport indique que la vulnérabilité du continent face au
changement climatique est beaucoup plus forte qu’on ne le
pensait. Il estime, par exemple, que 30 % des
infrastructures côtières d’Afrique, y compris les
aménagements humains au long du Golfe de Guinée et des côtes
sénégalaises, gambiennes et égyptiennes, risquent d’être
submergées. Le nombre de personnes menacées par des
inondations côtières passera ainsi de 1 million en 1990 à 70
millions en 2080.
Côté faune et flore, de 25 % à plus de 40 % des habitats
d’espèces en Afrique pourraient disparaître d’ici 2080. Le
rendement des cultures céréalières baissera de 5 %, au plus,
d’ici les années 2080 et les cultures de base, comme le
sorgho au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée et en Zambie, le
maïs au Ghana, le millet au Soudan ou l’arachide en Gambie,
se détérioreront également en raison du changement
climatique.
Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation
Météorologique Mondiale (OMM), a souligné dans le rapport
que « de graves conséquences sont observées à haute
altitude, dans des endroits comme le mont Kilimandjaro, dont
les glaciers, la calotte glacière et le ruissellement d’eau
sont cruciaux à l’approvisionnement en eau. Dans l’ensemble,
on estime que l’Afrique a besoin de 200 stations climatiques
automatiques, d’un surplus d’efforts pour sauvegarder les
données historiques et pour améliorer la formation et
renforcer davantage les capacités en matière de veille
climatologique », précisant que le système d’observation du
climat y est « dans un état plus piteux que sur tout autre
continent et continue de se détériorer ». En général, les
experts prédisent que les phénomènes extrêmes comme les
sécheresses et les inondations deviendront de plus en plus
fréquents à travers le continent.
Marie
Joannidis