Habitat.
La destruction d’immeubles dans le quartier de Massaken
Sheraton, au Caire, décidée par l’Autorité de l’aviation
civile, plonge les habitants dans l’angoisse de se retrouver
à la rue. Ils expriment ici leur désarroi.
Sauvez-nous du délogement !
Nous, habitants du quartier de Massaken Sheraton, à
Héliopolis, sommes menacés de nous trouver du jour au
lendemain sans logement. La raison en est que le ministre de
l’Aviation civile, le général Ahmad Chafiq, a décidé de
détruire les derniers étages d’un certain nombre
d’immeubles. Il justifie sa décision par le fait que ces
immeubles sont construits sans l’autorisation de l’aviation
civile, comme le stipule la loi relative à l’aviation civile
et concernant la construction des immeubles proches de
l’aéroport, alors que nous avons obtenu un permis de
construire et l’approbation de l’aviation civile. Mais le
problème est que l’aéroport vient d’être restauré et les
responsables affirment que de nouveaux couloirs aériens ont
été tracés au-dessus de nos immeubles et que ces derniers
constituent une entrave. Quelle est donc la solution à notre
problème ? Est-il raisonnable de venir détruire nos
habitations sans même nous accorder aucune indemnité ? Nous
avons plaidé notre cause auprès du chef de l’Etat et du
premier ministre, mais personne ne s’est vraiment penché sur
notre détresse. A qui d’autre pouvons-nous nous adresser ?
Les habitants du quartier de Massaken Sheraton, Héliopolis.
Les écoles internationales ne sont pas la solution
Aujourd’hui, toutes les familles égyptiennes souffrent du
système éducatif en Egypte, qu’il s’agisse des écoles ou des
universités. A titre d’exemple, il y a quelques années, le
ministre de l’Education a annulé les « travaux d’année » qui
entraient en compte dans les moyennes annuelles. Peu de
temps après, il est revenu sur cette décision. Autres
exemples : le ministre de l’Education a supprimé la sixième
primaire, puis les examens de mi-année de la cinquième
primaire. Cela est une vraie pagaille ... où allons nous ?
Comment confier nos enfants à un système si instable ? Du
coup, les parents les plus aisés préfèrent placer leurs
enfants dans les écoles internationales dont les frais de
scolarité vont parfois jusqu’à 60 000 L.E. par an.
Mais ce genre d’écoles ne sont nullement une solution pour
résoudre le problème de la dégradation de l’enseignement.
Car ceux qui ont les moyens de payer de tels frais ne sont
pas nombreux.
Allons-nous trouver un jour une solution pour ce domaine qui
représente l’avenir de notre pays ?
Ismaïl Moustafa,Guiza.
Deux femmes pionnières
Profitant de la Journée internationale de la femme, du 8
mars, je voudrais mettre l’accent sur les exploits des
femmes de différentes nationalités dans plusieurs domaines.
Car depuis les époques anciennes, la femme défend son droit
à l’égalité avec l’homme et exprime son espoir de vivre une
meilleure vie en jouissant de ses droits.
Parmi ces femmes, on peut citer Suzanne Anthony qui a joué
un rôle primordial dans le mouvement des droits de la femme.
Celle-ci a consacré toute sa vie à la défense de droits de
la femme, a voyagé dans l’ensemble des Etats-Unis et a donné
75 à 100 discours par an. En 1870, elle a été élue
présidente de l’Association centrale des ouvrières. Cette
association a rédigé des rapports sur les conditions de
travail et a appelé à un salaire égal à celui des hommes.
Suzanne Anthony ne travaillait pas seule, mais avec une
collègue, Elisabeth Cady Stanton, née le 12 novembre 1815
aux Etats-Unis. Ensemble, elles ont organisé la convention
des droits de la femme pour discuter les droits civils et
politiques des femmes en appelant à une meilleure éducation,
une meilleure vie professionnelle ainsi qu’au droit de vote.
Ces femmes ont posé une pierre dans la défense des droits de
femme et ont incité celles d’aujourd’hui à poursuivre ce
chemin. Un grand hommage doit leur être rendu.
Imane Helmy, Le Caire.
Pardon
Cher ami, le Comorien Mohamad Ahmad, je vous demande pardon
au nom de tous les Egyptiens. J’étais très en colère en
lisant votre article dans notre cher hebdomadaire Al-Ahram
Hebdo, intitulé « Racisme ou plaisanterie ? » (numéro 651,
rubrique Courrier). Je vois très bien ce que vous voulez
nous faire comprendre. Mais, il faut savoir aussi que ce
sont des minorités qui font de telles plaisanteries de
mauvais goût, mais cela ne peut être considéré comme un
phénomène, puisque dans toute société, il y a des bons et
des méchants. Cependant, les Egyptiens respectent beaucoup
les autres, quelles que soient leur religion ou leur
couleur, c’est quelque chose de traditionnel en Egypte. Je
vous demande encore une fois de nous excuser et de ne pas
changer votre avis exprimant votre amour pour l’Egypte.
Mohammad Achraf Abdo,Mansoura.
L’Egypte, terre d’hospitalité
Je lis chaque semaine avec beaucoup d’intérêt Al-Ahram
Hebdo, car il me permet de me sentir comme chez moi, et je
tiens à remercier l’effort fourni par toute l’équipe, car il
nous permet d’approfondir nos connaissances dans tous les
domaines.
Je voudrais exprimer mon opinion à propos de la lettre «
Racisme ou plaisanterie ? », parue dans le No 651 d’Al-Ahram
Hebdo.
L’article semble intéressant mais mal formulé, l’auteur l’a
d’ailleurs dit lui-même. L’Egypte est un pays civilisé car
les premières civilisations sont nées sur cette terre.
L’Egypte ne connaît pas du tout le concept de racisme, ni de
près, ni de loin. Certains emplois de mots stupides tels que
(Bangoma, gam-gam smara, etc.) sont dus à des personnes
ignorantes. Dans les milieux plus éduqués (universités,
administrations), les étrangers sont fortement respectés.
Comme l’a souligné Gorgias dans son œuvre Le Leontium (le
meilleur peuple), « c’est la cité égyptienne car vertueuse
et respectueuse envers les étrangers ». Alors, afin de
pallier la difficulté, obligez-vous à faire référence aux
gens cultivés. Méfiez-vous de ceux qui veulent s’intégrer de
n’importe quelle façon, alors ils utilisent les blagues
comme un moyen parmi d’autres.
En somme, ce n’est ni une plaisanterie ni du racisme mais
plutôt des mots venant de gens qui manquent de culture. En
réalité, l’Egypte respecte toutes les cultures et s’attache
à l’humanité. Il ne faut jamais généraliser, il faut faire
la distinction entre les mauvais et les bons.
Mohamed M’Hadji,Etudiant comorien,Le Caire.