Al-Ahram Hebdo, Dossier | Le dictionnaire médical des Arabes
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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Dossier

Patrimoine. Un CD, réalisé par CULTNAT en coopération avec l’Unesco et la Bibliothèque nationale d’Egypte, présente au grand public les contributions de la civilisation arabe et islamique en sciences médicales.

Le dictionnaire médical des Arabes

Le Centre de documentation culturel et naturel (CULTNAT) propose un nouveau support pour connaître le patrimoine scientifique des Arabes. Il s’agit d’un CD en langues arabe, anglaise et française, qui se compose de manuscrits de 7 ouvrages de médecine sélectionnés parmi 1 087 manuscrits médicaux arabes, turcs et perses se trouvant à la Bibliothèque nationale d’Egypte (Dar Al-Kotob). 275 auteurs, traducteurs, organisateurs et collecteurs ont contribué à la rédaction de ces manuscrits, ainsi que 195 transcripteurs. Comme le mentionne le titre, cette œuvre traite des écrits des savants, éclairés par une lumière divine et qui ont assuré cette importante mission d’apprendre et d’enseigner les sciences à autrui. L’histoire de ces savants qui ont formé la civilisation musulmane est riche dans différents domaines du savoir, et c’est en médecine que leur contribution fut la meilleure. Cette notoriété des Arabes dans l’histoire de la médecine est due à l’habitude qu’ils avaient de relancer les études théoriques de civilisations antérieures. C’est le cas notamment des œuvres du célèbre médecin grec Galien (IIe siècle), considérées comme l’apogée des études médicales, qui furent traduites en langue arabe.

Les œuvres des Arabes et des musulmans en médecine, existant sous forme de manuscrits, sont trop nombreuses pour pouvoir être énumérées avec exactitude. Cependant, nous avons hérité de nombreuses œuvres qui illustrent la contribution des médecins arabes et musulmans à l’histoire de la médecine mondiale.

Ce CD renferme les œuvres de 7 savants, parmi lesquels Yéhia Ibn Issa Ibn Ali Ibn Gazla Al-Baghdadi Abou-Ali (...-493 de l’hégire), un chercheur de Bagdad qui a rédigé en 52 pages un sujet concernant « le renforcement de son corps par l’homme ». C’était un chrétien qui s’est converti à l’islam en l’an 466 de l’hégire. Il était le chef de la médecine de son époque. Cette œuvre se présente sous forme de tableaux qui démontrent les différentes maladies, leurs noms, leurs diagnostiques, leurs causes, leurs symptômes, et les moyens de leur guérison. Ce manuscrit est en couleurs et orné d’or.

En outre, Ibn Al-Baytar Abdallah Ibn Ahmad Al-Maleky (...-646 de l’hégire), le guide des botanistes et des phytothérapeutes, écrit « Mémento d’Ibn Al-Baytar » en 110 pages. Né à Malaga, en Andalousie, il collectait les plantes, les étudiait et les classifiait. Il a visité dans sa jeunesse plusieurs pays. Ce livre comprend des schémas de scalpels, d’outils chirurgicaux et des schémas de cautérisation des cicatrices. De même, il y est mentionné le nom de certaines maladies et leur traitement. Les médicaments sont classés par ordre alphabétique, afin d’accéder plus facilement à l’information désirée. De même, Hanin Ibn Isaac Al-Abady Abou-Zeid (194-260 de l’hégire), qui est né à Bagdad, écrit une « Thèse sur la composition de l’œil » en 227 pages. Il maîtrisait les langues grecque, syriaque et perse au point qu’il devint le guide de cette science linguistique parmi les traducteurs, notamment avec sa maîtrise de la langue arabe. Il était poète et utilisait la langue avec éloquence. Cette thèse a pour sujet la structure de l’œil, sa nature, ses différentes parties, sa composition et le nombre de ses muscles. En plus d’un schéma de l’œil, ses maladies et ses remèdes.

Puis Omar Ibn Hassan Ibn Omar Al-Sinoby (...-1159 de l’hégire), Romain, surnommé « Al-Shifaï », était un médecin qui a habité Rawsah où il a écrit « La Guérison des maladies » (307 pages). Ce manuscrit est composé de trois chapitres. L’auteur mentionne à la fin de cet ouvrage quelques fleurs et quelques herbes utilisées dans la guérison de quelques maladies de son temps. Parmi ces herbes, une graine nommée « Bastabal indien » qui aide à l’évacuation aisée de l’urine en cas de difficulté urinaire ou d’infection des voies urinaires.

Ainsi, Galien (120-200 ap. J.-C.) était-il fameux à Rome. Il était doué en philosophie et toutes les sciences mathématiques. Il a abandonné la médecine et fit de longs voyages autour du monde. Il a écrit le « Livre de Thériaques » en 47 pages, traduit après par Yéhia Al-Iskandarani. Ce livre porte des tableaux, des schémas explicatifs et des encadrements transcrits par Ahmad Ibn Ali Ibn Youssef en 995 de l’hégire au mois de moharram.

Egalement, Abou Nasr Aby Al-Kheir le Marocain, médecin parmi les plus distingués en formation médicale, écrit « Réserve de l’herboriste dans le vocabulaire d’Ibn Al-Baytar » en 118 pages. L’auteur mentionne ici le nom de la maladie, les remèdes utilisés pour la guérir et les résultats du traitement. Et Ibn Masihy (…-658 de l’hégire) écrit « Résumé sous forme de questions-réponses » en 72 pages. Cet auteur était un des fameux physiciens de son époque. Ce livre présente les problèmes médicaux sous forme de questions et de réponses.

Enfin, les savants musulmans et arabes ont contribué à l’évolution des concepts médicaux et de la pratique médicale, ce qui a fait de la médecine une science académique dans toutes ses dimensions .

Thérèse Joseph

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