Patrimoine.
Un CD, réalisé par CULTNAT en coopération avec l’Unesco et
la Bibliothèque nationale d’Egypte, présente au grand
public les contributions de la civilisation arabe et
islamique en sciences médicales.
Le dictionnaire médical des Arabes
Le
Centre de documentation culturel et naturel (CULTNAT)
propose un nouveau support pour connaître le patrimoine
scientifique des Arabes. Il s’agit d’un CD en langues arabe,
anglaise et française, qui se compose de manuscrits de 7
ouvrages de médecine sélectionnés parmi 1 087 manuscrits
médicaux arabes, turcs et perses se trouvant à la
Bibliothèque nationale d’Egypte (Dar Al-Kotob). 275 auteurs,
traducteurs, organisateurs et collecteurs ont contribué à la
rédaction de ces manuscrits, ainsi que 195 transcripteurs.
Comme le mentionne le titre, cette œuvre traite des écrits
des savants, éclairés par une lumière divine et qui ont
assuré cette importante mission d’apprendre et d’enseigner
les sciences à autrui. L’histoire de ces savants qui ont
formé la civilisation musulmane est riche dans différents
domaines du savoir, et c’est en médecine que leur
contribution fut la meilleure. Cette notoriété des Arabes
dans l’histoire de la médecine est due à l’habitude qu’ils
avaient de relancer les études théoriques de civilisations
antérieures. C’est le cas notamment des œuvres du célèbre
médecin grec Galien (IIe siècle), considérées comme l’apogée
des études médicales, qui furent traduites en langue arabe.
Les œuvres des Arabes et des musulmans en médecine, existant
sous forme de manuscrits, sont trop nombreuses pour pouvoir
être énumérées avec exactitude. Cependant, nous avons hérité
de nombreuses œuvres qui illustrent la contribution des
médecins arabes et musulmans à l’histoire de la médecine
mondiale.
Ce CD renferme les œuvres de 7 savants, parmi lesquels Yéhia
Ibn Issa Ibn Ali Ibn Gazla Al-Baghdadi Abou-Ali (...-493 de
l’hégire), un chercheur de Bagdad qui a rédigé en 52 pages
un sujet concernant « le renforcement de son corps par
l’homme ». C’était un chrétien qui s’est converti à l’islam
en l’an 466 de l’hégire. Il était le chef de la médecine de
son époque. Cette œuvre se présente sous forme de tableaux
qui démontrent les différentes maladies, leurs noms, leurs
diagnostiques, leurs causes, leurs symptômes, et les moyens
de leur guérison. Ce manuscrit est en couleurs et orné d’or.
En outre, Ibn Al-Baytar Abdallah Ibn Ahmad Al-Maleky
(...-646 de l’hégire), le guide des botanistes et des
phytothérapeutes, écrit « Mémento d’Ibn Al-Baytar » en 110
pages. Né à Malaga, en Andalousie, il collectait les
plantes, les étudiait et les classifiait. Il a visité dans
sa jeunesse plusieurs pays. Ce livre comprend des schémas de
scalpels, d’outils chirurgicaux et des schémas de
cautérisation des cicatrices. De même, il y est mentionné le
nom de certaines maladies et leur traitement. Les
médicaments sont classés par ordre alphabétique, afin
d’accéder plus facilement à l’information désirée. De même,
Hanin Ibn Isaac Al-Abady Abou-Zeid (194-260 de l’hégire),
qui est né à Bagdad, écrit une « Thèse sur la composition de
l’œil » en 227 pages. Il maîtrisait les langues grecque,
syriaque et perse au point qu’il devint le guide de cette
science linguistique parmi les traducteurs, notamment avec
sa maîtrise de la langue arabe. Il était poète et utilisait
la langue avec éloquence. Cette thèse a pour sujet la
structure de l’œil, sa nature, ses différentes parties, sa
composition et le nombre de ses muscles. En plus d’un schéma
de l’œil, ses maladies et ses remèdes.
Puis Omar Ibn Hassan Ibn Omar Al-Sinoby (...-1159 de
l’hégire), Romain, surnommé « Al-Shifaï », était un médecin
qui a habité Rawsah où il a écrit « La Guérison des maladies
» (307 pages). Ce manuscrit est composé de trois chapitres.
L’auteur mentionne à la fin de cet ouvrage quelques fleurs
et quelques herbes utilisées dans la guérison de quelques
maladies de son temps. Parmi ces herbes, une graine nommée «
Bastabal indien » qui aide à l’évacuation aisée de l’urine
en cas de difficulté urinaire ou d’infection des voies
urinaires.
Ainsi, Galien (120-200 ap. J.-C.) était-il fameux à Rome. Il
était doué en philosophie et toutes les sciences
mathématiques. Il a abandonné la médecine et fit de longs
voyages autour du monde. Il a écrit le « Livre de Thériaques
» en 47 pages, traduit après par Yéhia Al-Iskandarani. Ce
livre porte des tableaux, des schémas explicatifs et des
encadrements transcrits par Ahmad Ibn Ali Ibn Youssef en 995
de l’hégire au mois de moharram.
Egalement, Abou Nasr Aby Al-Kheir le Marocain, médecin parmi
les plus distingués en formation médicale, écrit « Réserve
de l’herboriste dans le vocabulaire d’Ibn Al-Baytar » en 118
pages. L’auteur mentionne ici le nom de la maladie, les
remèdes utilisés pour la guérir et les résultats du
traitement. Et Ibn Masihy (…-658 de l’hégire) écrit « Résumé
sous forme de questions-réponses » en 72 pages. Cet auteur
était un des fameux physiciens de son époque. Ce livre
présente les problèmes médicaux sous forme de questions et
de réponses.
Enfin, les savants musulmans et arabes ont contribué à
l’évolution des concepts médicaux et de la pratique
médicale, ce qui a fait de la médecine une science
académique dans toutes ses dimensions .
Thérèse Joseph