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Patrimoine.
L’ancienne Bibliothèque nationale, la plus que centenaire
Dar Al-Kotob, vient d’être restaurée pour servir notamment
de musée des biens culturels.
La mémoire de la nation
L’ancienne
Bibliothèque nationale ou Dar Al-Kotob, située à Bab Al-Khalq,
dans la zone sud du Caire, vient d’être restaurée et
aménagée, entre autres, en tant que musée destiné à
différents biens culturels et patrimoniaux. C’est la semaine
dernière et en grande pompe qu’elle a été inaugurée par le
président Hosni Moubarak. Il s’agit, en fait, de la plus
importante initiative ayant pour objectif de sauvegarder
l’impressionnant patrimoine culturel que possède cet
institut.
Dar Al-Kotob a cette particularité aussi, de partager le
même bâtiment que le Musée d’art islamique, lequel possède
quelques-unes des plus belles collections d’œuvres d’art
islamique de grande valeur datant de différentes périodes
(lire encadré). « En fait, ce n’est pas un bâtiment
traditionnel. C’est une institution qui a été pendant de
longues périodes une importante source de réflexion
culturelle à travers laquelle l’Egypte a joué un rôle très
important dans la région arabe. C’est dans cette perspective
qu’il fallait restaurer ce bâtiment, le moderniser et
l’équiper des plus récentes techniques, à l’instar de celles
utilisées dans les plus grandes bibliothèques nationales du
monde », explique le Dr Mohamad Saber Arab, président du
conseil d’administration de la Bibliothèque nationale
d’Egypte.
Le PDG de Dar Al-Kotob voulait, en fait, transformer tout
l’ancien bâtiment de Bab Al-Khalq en un grand musée pour le
patrimoine et la culture renfermant les manuscrits et les
publications rares et les premiers livres datant de l’époque
de l’imprimerie, à l’exemple de l’ancienne Bibliothèque
Nationale de France, qui a été transformée en une maison
pour le patrimoine après l’installation de la nouvelle
Bibliothèque nationale de Paris. Objectif : reclasser Dar
Al-Kotob sur la carte culturelle de l’Egypte en la
considérant comme étant la mémoire de la nation. « Dar Al-Kotob
possède l’une des plus importantes et plus impressionnantes
collections de manuscrits, de papyrus, d’archives et de
livres rares au monde autant pour leur valeur historique que
pour la valeur des supports sur lesquels ils étaient
réalisés. Pourtant, Egyptiens et étrangers ne s’y pressent
pas de la fréquenter sauf les spécialistes et les chercheurs
qui, eux aussi, sont très limités », souligne Saber Arab.
Depuis longtemps, aucune étape concrète n’avait été prise
pour mettre en évidence cette collection d’objets et de
supports très rares. Ce n’est, en fait, qu’en 1996 que le
ministère de la Culture a pris une initiative dans ce sens.
Le coût total des travaux accomplis a atteint 85 millions de
L.E., dont 29 millions à partir de dons de plusieurs
fondations, instituts et personnalités égyptiennes et
étrangères.
La
mise en œuvre du projet a concrètement commencé en l’an
2000. Désormais, les manuscrits, les papyrus, les monnaies,
de même que les premières publications sont présentés de
manière esthétique et fonctionnelle. Le musée installé dans
ce contexte est le premier en son genre dans la région
arabe. « Le musée comprend sept salles d’exposition
permanentes réparties sur les différents étages de l’édifice
où sont présentés différents types de supports, d’articles,
d’objets culturels, artistiques et patrimoniaux », ajoute
Saber Arab. Les panneaux explicatifs des objets exposés sont
tellement détaillés que le simple visiteur n’aura pas besoin
de plus d’informations de la part d’un guide ou d’un des
conservateurs ou trésoriers du musée.
Fondé en 1903, le bâtiment monumental de Dar Al-Kotob, qui
s’étend sur 4 000 m2, porte le style mamelouk à l’exemple
des constructions du Caire à l’époque islamique. Les travaux
de restauration ont donc associé ancienneté, représentée par
le bâtiment plus que centenaire, et modernité, dans
l’utilisation des techniques d’exposition, de traitement, de
restauration, de sauvegarde et de sécurité. Se composant
d’un rez-de-chaussée et de deux étages, l’édifice a été
divisé en une vingtaine de salles, dont un bureau pour les
fonctionnaires, un laboratoire pour les restaurateurs et une
cafétéria pour les visiteurs.
Ainsi, après avoir exploré le merveilleux quartier du Caire
islamique et visité quelques-uns de ses plus superbes
édifices, le visiteur devrait pouvoir replacer tout ceci
dans son contexte et découvrir quelques aspects de
l’histoire de la civilisation islamique. Les manuscrits, les
livres, les archives et les objets présentés à la
Bibliothèque nationale égyptienne sont ceux qui servent le
plus à cette fin .
Amira
Samir
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Une initiative du
temps
du khédive Ismaïl
Dar Al-Kotob était à l’époque de sa construction, en 1870,
la première dans la région arabe. Celle-ci a été fondée
suite à un décret du khédive Ismaïl, mais à l’initiative de
Ali Moubarak pacha, ministre de l’Education à l’époque. Le
décret de la construction de cette institution a prévu que
la Kotobkhana (nom turc) de l’Egypte khédiviale soit
installée au rez-de-chaussée du sérail du prince Moustapha
Fadel, frère du khédive Ismaïl, dans le quartier de Darb Al-Gamamiz.
La Bibliothèque nationale devait, au départ, conserver les
manuscrits et les archives de grande valeur offerts par les
sultans et les princes. Elle renfermait également les écrits
des oulémas (savants religieux). Surchargée par un grand
nombre de manuscrits, elle devait être transférée. Le
khédive Abbass Helmi II a posé en 1899, à la place Bab Al-Khalq,
les fondations d’un nouveau bâtiment que la Kotobkhana
devait partager avec Dar Al-Assar al-arabiya (la maison des
antiquités arabes), actuel Musée d’art islamique.
Dar Al-Kotob
fut transféré dans ces locaux, en 1903. Le bâtiment ne fut
officiellement ouvert qu’au début de l’année suivante.
Celui-ci devint de nouveau entassé par sa collection qui ne
cessait d’augmenter. A partir de 1961, ce fut un nouveau
bâtiment qui fut construit à Boulaq, sur la corniche du Nil,
au Caire. Il sert notamment de bibliothèque de prêt:
Des
manuscrits rares
De rares
cartes géographiques, d’importants papyrus et manuscrits,
des pièces de monnaies, des peintures, des documents, de
très anciens publications et périodiques, des albums de
souvenirs audiophones et des collections audio seront tous
exposés à Dar Al-Kotob. « Le musée va exposer 132 manuscrits
intéressants traitant différents sujets : médecine,
astronomie, littérature, religion, étude des langues). Ces
manuscrits sont, en fait, rédigés en trois langues : l’arabe,
le turc et le persan). Citons, entre autres, le manuscrit
turc illustré et orné en or du recueil de poèmes de «
Youssef et Zoulaykha » de Hamadallah Ibn Aqq Chamseddine et
le manuscrit perse « Al-Chahnama » d’Aboul-Qassem Al-Hassan
Ibn Isehaq Ibn Charaf Chah, connu par Al-Ferdawsi (mort en
413 de l’hégire, 1022 de l’ère chrétienne), considéré comme
« le plus important épisode perse et dont l’auteur a passé
trente ans à l’écrire », indique le Dr Mohamad Saber Arab,
président du conseil d’administration de Dar Al-Kotob.
Vingt-sept manuscrits du Coran ornés et décorés en or seront
aussi exposés. Vingt papyrus abordent différents sujets,
tels des contrats de vente et de mariage ...
Comment
s’y rendre ?
Le
bâtiment de Dar Al-Kotob wal-wassaëq al-qawmiya se situe au
cœur de la place Bab Al-Khalq, au sud du Caire. Il se tient
précisément à 750 mètres de la place Ataba en descendant la
rue Mohamad Ali (également appelée la rue Al-Qalaa ou la
Citadelle). La place Tahrir se situe pour sa part à un
kilomètre et demi à l’ouest de la rue Sami Al-Baroudi (après
la station de métro de Mohamad Naguib). Une course en taxi
depuis le centre-ville devrait coûter 5 L.E. environ .
A. S.
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