Al-Ahram Hebdo, Dossier | La mémoire de la nation
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Dossier

Patrimoine. L’ancienne Bibliothèque nationale, la plus que centenaire Dar Al-Kotob, vient d’être restaurée pour servir notamment de musée des biens culturels.

La mémoire de la nation

L’ancienne Bibliothèque nationale ou Dar Al-Kotob, située à Bab Al-Khalq, dans la zone sud du Caire, vient d’être restaurée et aménagée, entre autres, en tant que musée destiné à différents biens culturels et patrimoniaux. C’est la semaine dernière et en grande pompe qu’elle a été inaugurée par le président Hosni Moubarak. Il s’agit, en fait, de la plus importante initiative ayant pour objectif de sauvegarder l’impressionnant patrimoine culturel que possède cet institut.

Dar Al-Kotob a cette particularité aussi, de partager le même bâtiment que le Musée d’art islamique, lequel possède quelques-unes des plus belles collections d’œuvres d’art islamique de grande valeur datant de différentes périodes (lire encadré). « En fait, ce n’est pas un bâtiment traditionnel. C’est une institution qui a été pendant de longues périodes une importante source de réflexion culturelle à travers laquelle l’Egypte a joué un rôle très important dans la région arabe. C’est dans cette perspective qu’il fallait restaurer ce bâtiment, le moderniser et l’équiper des plus récentes techniques, à l’instar de celles utilisées dans les plus grandes bibliothèques nationales du monde », explique le Dr Mohamad Saber Arab, président du conseil d’administration de la Bibliothèque nationale d’Egypte.

Le PDG de Dar Al-Kotob voulait, en fait, transformer tout l’ancien bâtiment de Bab Al-Khalq en un grand musée pour le patrimoine et la culture renfermant les manuscrits et les publications rares et les premiers livres datant de l’époque de l’imprimerie, à l’exemple de l’ancienne Bibliothèque Nationale de France, qui a été transformée en une maison pour le patrimoine après l’installation de la nouvelle Bibliothèque nationale de Paris. Objectif : reclasser Dar Al-Kotob sur la carte culturelle de l’Egypte en la considérant comme étant la mémoire de la nation. « Dar Al-Kotob possède l’une des plus importantes et plus impressionnantes collections de manuscrits, de papyrus, d’archives et de livres rares au monde autant pour leur valeur historique que pour la valeur des supports sur lesquels ils étaient réalisés. Pourtant, Egyptiens et étrangers ne s’y pressent pas de la fréquenter sauf les spécialistes et les chercheurs qui, eux aussi, sont très limités », souligne Saber Arab. Depuis longtemps, aucune étape concrète n’avait été prise pour mettre en évidence cette collection d’objets et de supports très rares. Ce n’est, en fait, qu’en 1996 que le ministère de la Culture a pris une initiative dans ce sens. Le coût total des travaux accomplis a atteint 85 millions de L.E., dont 29 millions à partir de dons de plusieurs fondations, instituts et personnalités égyptiennes et étrangères.

La mise en œuvre du projet a concrètement commencé en l’an 2000. Désormais, les manuscrits, les papyrus, les monnaies, de même que les premières publications sont présentés de manière esthétique et fonctionnelle. Le musée installé dans ce contexte est le premier en son genre dans la région arabe. « Le musée comprend sept salles d’exposition permanentes réparties sur les différents étages de l’édifice où sont présentés différents types de supports, d’articles, d’objets culturels, artistiques et patrimoniaux », ajoute Saber Arab. Les panneaux explicatifs des objets exposés sont tellement détaillés que le simple visiteur n’aura pas besoin de plus d’informations de la part d’un guide ou d’un des conservateurs ou trésoriers du musée.

Fondé en 1903, le bâtiment monumental de Dar Al-Kotob, qui s’étend sur 4 000 m2, porte le style mamelouk à l’exemple des constructions du Caire à l’époque islamique. Les travaux de restauration ont donc associé ancienneté, représentée par le bâtiment plus que centenaire, et modernité, dans l’utilisation des techniques d’exposition, de traitement, de restauration, de sauvegarde et de sécurité. Se composant d’un rez-de-chaussée et de deux étages, l’édifice a été divisé en une vingtaine de salles, dont un bureau pour les fonctionnaires, un laboratoire pour les restaurateurs et une cafétéria pour les visiteurs.

Ainsi, après avoir exploré le merveilleux quartier du Caire islamique et visité quelques-uns de ses plus superbes édifices, le visiteur devrait pouvoir replacer tout ceci dans son contexte et découvrir quelques aspects de l’histoire de la civilisation islamique. Les manuscrits, les livres, les archives et les objets présentés à la Bibliothèque nationale égyptienne sont ceux qui servent le plus à cette fin .

Amira Samir

Retour au sommaire

 

Une initiative du temps
du khédive Ismaïl

Dar Al-Kotob était à l’époque de sa construction, en 1870, la première dans la région arabe. Celle-ci a été fondée suite à un décret du khédive Ismaïl, mais à l’initiative de Ali Moubarak pacha, ministre de l’Education à l’époque. Le décret de la construction de cette institution a prévu que la Kotobkhana (nom turc) de l’Egypte khédiviale soit installée au rez-de-chaussée du sérail du prince Moustapha Fadel, frère du khédive Ismaïl, dans le quartier de Darb Al-Gamamiz. La Bibliothèque nationale devait, au départ, conserver les manuscrits et les archives de grande valeur offerts par les sultans et les princes. Elle renfermait également les écrits des oulémas (savants religieux). Surchargée par un grand nombre de manuscrits, elle devait être transférée. Le khédive Abbass Helmi II a posé en 1899, à la place Bab Al-Khalq, les fondations d’un nouveau bâtiment que la Kotobkhana devait partager avec Dar Al-Assar al-arabiya (la maison des antiquités arabes), actuel Musée d’art islamique. Dar Al-Kotob fut transféré dans ces locaux, en 1903. Le bâtiment ne fut officiellement ouvert qu’au début de l’année suivante. Celui-ci devint de nouveau entassé par sa collection qui ne cessait d’augmenter. A partir de 1961, ce fut un nouveau bâtiment qui fut construit à Boulaq, sur la corniche du Nil, au Caire. Il sert notamment de bibliothèque de prêt:

Des manuscrits rares

De rares cartes géographiques, d’importants papyrus et manuscrits, des pièces de monnaies, des peintures, des documents, de très anciens publications et périodiques, des albums de souvenirs audiophones et des collections audio seront tous exposés à Dar Al-Kotob. « Le musée va exposer 132 manuscrits intéressants traitant différents sujets : médecine, astronomie, littérature, religion, étude des langues). Ces manuscrits sont, en fait, rédigés en trois langues : l’arabe, le turc et le persan). Citons, entre autres, le manuscrit turc illustré et orné en or du recueil de poèmes de « Youssef et Zoulaykha » de Hamadallah Ibn Aqq Chamseddine et le manuscrit perse « Al-Chahnama » d’Aboul-Qassem Al-Hassan Ibn Isehaq Ibn Charaf Chah, connu par Al-Ferdawsi (mort en 413 de l’hégire, 1022 de l’ère chrétienne), considéré comme « le plus important épisode perse et dont l’auteur a passé trente ans à l’écrire », indique le Dr Mohamad Saber Arab, président du conseil d’administration de Dar Al-Kotob. Vingt-sept manuscrits du Coran ornés et décorés en or seront aussi exposés. Vingt papyrus abordent différents sujets, tels des contrats de vente et de mariage ...

Comment s’y rendre ?

Le bâtiment de Dar Al-Kotob wal-wassaëq al-qawmiya se situe au cœur de la place Bab Al-Khalq, au sud du Caire. Il se tient précisément à 750 mètres de la place Ataba en descendant la rue Mohamad Ali (également appelée la rue Al-Qalaa ou la Citadelle). La place Tahrir se situe pour sa part à un kilomètre et demi à l’ouest de la rue Sami Al-Baroudi (après la station de métro de Mohamad Naguib). Une course en taxi depuis le centre-ville devrait coûter 5 L.E. environ .

A. S.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.