Al-Ahram Hebdo,Monde | L’étau se resserre
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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Iran . Les ambassadeurs des Six à l’Onu devraient commencer dès la semaine prochaine à travailler sur un projet de résolution du Conseil de sécurité. Un durcissement des sanctions contre Téhéran est à prévoir.

L’étau se resserre

Si rien n’est encore finalisé, les six pays en charge du dossier nucléaire iranien (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne plus l’Allemagne) étaient, samedi, « pleinement d’accord sur le cadre » d’une nouvelle résolution prolongeant la précédente tout en « renforçant son impact ». Dans sa résolution 1737 adoptée à l’unanimité le 23 décembre 2006, le Conseil de sécurité de l’Onu avait imposé à l’Iran des sanctions économiques et commerciales dans des domaines soigneusement délimités : enrichissement d’uranium, retraitement, projets liés aux réacteurs à eau lourde et développement des missiles balistiques.

Après une deuxième conférence téléphonique samedi, (la première avait eu lieu jeudi), entre les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des Six pour trouver un consensus sur le texte d’une nouvelle résolution, les Six ont décidé de confier à leurs représentants aux Nations-Unies la suite des discussions sur le dossier nucléaire iranien. « Les discussions vont maintenant se passer à New York où nos représentants permanents aux Nations-Unies vont se mettre à travailler sur ce problème », a déclaré le porte-parole du Département d’Etat, Kurtis Cooper.

Selon plusieurs experts, les Six discutent toujours de sanctions limitées comme des restrictions de mouvements de certains responsables comme le cas de l’Iraq et du Zimbabwe, des gels d’avoirs de certains responsables iraniens ... « Nous parlons d’interdictions de voyages et de gels d’actifs », a précisé un haut responsable ayant requis l’anonymat, ajoutant qu’un renforcement des sanctions contre l’Iran pourrait passer par la désignation de nouvelles personnes et de nouvelles entités frappées par des mesures restrictives. « En effet, le durcissement des sanctions, cette fois-ci, aurait d’importantes séquelles sur l’économie iranienne car l’Iran est un pays économiquement faible. Déjà, le peuple souffre de problèmes économiques, et de nouvelles sanctions de plus ne feront qu’attiser ces problèmes. Les Occidentaux misent donc sur le concept de sanctions intelligentes c’est-à-dire qui ont une influence directe sur le peuple afin que ce dernier boude son gouvernement et commence à lui causer des troubles intérieurs », analyse Mohamad Abbass, expert dans le dossier iranien.

Il semble que Washington tente, par tous les moyens, d’assiéger le régime iranien pour l’étouffer. Il joue avec toutes les cartes pour éradiquer le régime. L’une des cartes récemment jouées par Washington est celle des minorités. Les minorités en Iran constituent un nombre assez considérable. Selon M. Mohamad Abbass, elles vivent toujours sur les frontières tels les Kurdes (nord-ouest du pays), les Ahwaz (Arabes qui vivent à l’ouest) et les Azaris (nord-ouest) et qui constituent 30 % de la population iranienne. « Ces minorités sont toujours marginalisées par le régime iranien, qui tend à offrir toutes les offres d’emploi et tous les droits aux Perses seulement, ce qui a conduit ces minorités bannies à commettre plusieurs actes terroristes dans le pays ces dernières semaines. Washington a bien saisi cette occasion et a tenté d’enflammer la colère de ces bannies pour les aider à saper le régime. L’année dernière, le Congrès américain a même organisé une conférence à laquelle il a invité les minorités en Iran pour les soutenir et les encourager à récupérer leurs droits », explique M. Abbass. Bien plus, les Etats-Unis ont octroyé une somme de 75 millions de dollars à l’opposition iranienne et lui ont mis en place une radio de 24 heures diffusée en langue perse pour attaquer et critiquer le régime d’Ahmadinejad.

Le pouvoir contesté

Toutes ces pressions ont bien valu au régime iranien certaines dissensions. La personnalité du président Ahmadinejad est plus que jamais contestée, y compris dans les cercles conservateurs. Cette semaine, le quotidien conservateur Ressalatat a critiqué le langage utilisé par Ahmadinejad, en affirmant qu’il fallait une « attitude plus modérée, un langage diplomatique et une fermeté vigilante mais non primitive. Ni la naïveté ni la violence verbale ne sont nécessaires à l’heure actuelle ». Quant au camp réformateur, les critiques y étaient plus virulentes. Jeudi, le député réformateur, Esmaïl Moqaddam, a conseillé au président d’utiliser un langage plus modéré pour ne pas aller dans la direction voulue par les ennemis.

Malgré ces critiques, Mahmoud Ahmadinejad a répété, vendredi dernier, que son pays refusait de suspendre l’enrichissement, tout en appelant les musulmans à se rassembler derrière l’Iran : « Notre force et la pierre angulaire sont dans notre union. Nous devons prêter attention aux démons qui veulent entraîner la division entre nous. Ils veulent garder la science entre leurs mains et ne veulent pas que le reste du monde progresse », a mis en garde le président. Le régime a même annoncé qu’il allait lancer un nouveau billet de banque, d’une valeur de 50 000 rials, portant un logo nucléaire et illustrant les progrès du programme atomique, alors que la République islamique est sous une pression croissante pour le suspendre.

Cependant, selon les experts politiques, le régime iranien ne fait que s’auto-détruire avec son arrogance et son entêtement. Il se croit capable de défier le monde sans aucun châtiment, mais la patience de la communauté internationale s’est épuisée. Une frappe militaire reste toujours éventuelle si Téhéran n’obtempère pas vite. « Le président américain doit finir avec ce régime iranien avant la fin de son mandat, en novembre 2008. Si les sanctions ne portent pas leurs fruits, la seule option qui reste, c’est d’anéantir ce régime. Les Républicains craignent qu’un président démocrate ne vienne dialoguer avec le régime iranien », estime M. Abbass. Au cas où ce scénario serait inévitable, les conséquences d’une frappe militaire contre l’Iran seraient profondément déstabilisatrices pour l’ensemble du Moyen-Orient.

Maha Al-Cherbini

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