Al-Ahram Hebdo, Opinion | Le Maroc politique à la croisée des chemins
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 14 au 20 mars 2007, numéro 653

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion

Le Maroc politique à la croisée des chemins

Younes Berrada
Politologue marocain

Le 7 septembre 2007 : une date fatidique sur le plan politique au Maroc. Des élections législatives sont en perspective avec la participation de presque tout l’échiquier politique marocain (une trentaine de partis). Une première dans les annales de ces élections qui ont été, depuis la première expérience en 1963, un critère incontournable sur l’élan de démocratisation au Maroc.

Dans cet ordre d’idées, on est amené à s’interroger sur la possibilité de jeter les jalons d’un Maroc politiquement nouveau, capable de relever ses défis, aussi inextricables soient-ils, dont le dépassement d’une ère qualifiée par nombre d’observateurs de « douloureuse » au niveau des droits humains. Un Maroc qui aspire, tant bien que mal, à redorer son blason par le biais, semble-t-il, d’élections politiquement correctes, surtout que son talon d’Achille était articulé autour de ce créneau source de moult dissensions entre la monarchie et l’opposition historique dont une grande partie a adhéré à la gestion gouvernementale depuis 1998.

Toujours est-il que le Maroc, fort d’un multipartisme grimpant depuis l’époque coloniale (1912-1956), n’a pu voir éclore de véritables enjeux politiques malgré sa pluralité patente. Le système marocain est consubstantiellement dominé par la prégnance de la monarchie. Le roi remplit, sur le plan institutionnel, les fonctions-clés du pouvoir et se trouve même au cœur du tissu législatif et exécutif. Il règne et il gouverne. De par son statut de commandeur de croyants et de représentant suprême de la nation, il est en mesure de déterminer les contours stratégiques de toutes les politiques publiques. De surcroît, la monarchie se présente comme le point focal de brassage entre la tradition et la modernité. Fortement institutionnalisée, elle demeure le socle du pouvoir. Tout changement passe par le roi et toute stratégie doit avoir son aval. Il représente donc l’essence du pouvoir.

 Des enquêtes administrées auprès des jeunes ont fait état d’un dédain du politique et d’un rechignement face à la crédibilité de l’action partisane. Cette négation ne peut nullement être salutaire et mérite d’être appréhendée sans dramatisation ni cynisme, surtout que la rue a révélé depuis les années quatre-vingt-dix une montée de l’islamisme dans ses différentes facettes, de l’islamisme modéré et participatif à celui extrémiste et nihiliste.

Par ailleurs, il serait approprié de relever que depuis l’intronisation du roi Mohamed VI (juillet 1999), on assiste à un discours faisant l’apologie de l’action responsable et citoyenne où la modernité et la démocratie tiennent le haut du pavé. Des actions ont été menées dans le sens de clôturer positivement le dossier si attisé des droits de l’homme. Les élections législatives de 2002 étaient les moins entachées d’irrégularités dans toute l’histoire marocaine contemporaine d’autant plus qu’elles ont permis une ébauche de clarification de la scène politique nationale.

Ceci dit, l’image d’un Maroc démocratique ne peut se tisser sans prendre en compte les aspirations de certains partis qui ont fait de la démocratisation leur cheval de bataille. Les revendications axées autour d’un Parlement fort et d’un gouvernement responsable sont légion.

 La réforme constitutionnelle s’impose dans la perspective de doter les partis politiques de l’élan nécessaire et baliser le terrain d’une action longtemps jugée léthargique et dénuée de sens.

D’aucuns croient que le Maroc ne peut pas déroger à la règle du « surplace institutionnel » et de « l’agitation dans l’immobilisme » vu le lien quasi viscéral entre un discours débridé sur la démocratisation et une réalité où les affirmations de la particularité marocaine ne cessent de prévaloir. Néanmoins, tout porte à croire que les chances de la mise en chantier d’un enjeu institutionnel équilibré sont loin d’être minimes. Un système où la clé de voûte serait un pouvoir politique semi-ouvert permettant aux partis politiques de s’acquitter convenablement de leurs rôles. Aucune démocratie, aussi « spéciale » ou particulariste qu’elle puisse être, ne peut fonctionner sans donner aux partis les moyens de leur action.

A ce titre, les prochaines élections peuvent être qualifiées de stratégiques. Elles doivent être concurrentielles pour servir le projet d’un Maroc politique nouveau.

 

 

 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.