Mauritanie .
Un deuxième tour des présidentielles le 25 mars devra
départager Sidi Ould Cheikh Abdellahi et Ahmed Ould Daddah.
Vers la fin de la transition politique
C’est le 25 mars que sera tenu le second tour des
présidentielles pour départager Sidi Ould Cheikh Abdellahi
et Ahmed Ould Daddah. Ni l’un ni l’autre n’ont réussi à
obtenir les 50 % nécessaires pour être élu président de la
Mauritanie dès le premier tour. Selon des résultats portant
sur 86 % des suffrages exprimés, et publiés lundi par le
ministère de l’Intérieur, M. Abdallahi a obtenu 22,76 % des
voix et son adversaire le talonne avec 21,46 %. Selon le
ministre de l’Intérieur, Ahmed Ould Mohamed Lemine, « à la
clôture des bureaux de vote, un taux de participation de
plus de 60 % a été enregistré sur l’étendue du territoire
national ». Cela « dénote de l’intérêt des citoyens à cette
première et historique élection présidentielle véritablement
démocratique », a-t-il souligné.
Sidi Ould Cheikh Abdellahi, 69 ans, est soutenu par une
coalition majoritaire au Parlement, regroupant notamment
l’ancienne majorité présidentielle au pouvoir avant le coup
d’Etat. Il a été plusieurs fois ministre et se présente
comme « le président qui rassure ». De son côté, Ahmed Ould
Daddah, 65 ans, opposant historique, deux fois candidat
malheureux à la présidence lors de scrutins dont il a
contesté la régularité, prône le changement.
Sidi Ould Cheikh Abdellahi et Ahmed Ould Daddah étaient
opposés dans cette élection à 17 autres candidats. Aucun de
ces nombreux candidats n’avait vraiment réussi à prendre le
dessus pendant les deux semaines de campagne, qui se sont
terminées vendredi à minuit. Néanmoins, trois d’entre eux
semblaient favoris pour présider ce pays pauvre et presque
désertique, dont les deux candidats qui s’opposeront au
deuxième tour. Le troisième était le benjamin des candidats,
Zeine Ould Zeidane, dont le projet de moderniser le pays, en
s’appuyant notamment sur son expérience en tant qu’ancien
gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie, lui a permis
d’atteindre la troisième position dans les résultats.
Un garde a été tué cette semaine à Kaedi, au sud de la
Mauritanie, par des hommes armés qui ont tiré sur la
préfecture, où se déroulaient des opérations de décompte.
Pourtant, la campagne s’était achevée sans incident majeur,
selon le président de la Commission nationale électorale
indépendante (Ceni), Cheikh Sid Ahmed Ould Babamine, qui
avait déclaré : « Jusqu’à présent, la campagne s’est
déroulée dans de très bonnes conditions », « Tout est en
place pour un bon déroulement des opérations de vote ». Près
de 2 400 bureaux de vote étaient ouverts pour que les
Mauritaniens puissent voter dimanche, sous le regard
attentif d’environ 300 observateurs internationaux, et avec
le système du bulletin unique pour tenter d’éviter les
fraudes liées à des intimidations.
Le président sortant, Ely Ould Mohamed Vall, s’était lui
aussi félicité du bon déroulement de la campagne. « La
campagne s’est passée dans le calme absolu et sans le
moindre incident jusqu’à aujourd’hui. L’ensemble des
candidats et des supporters ont cohabité d’une manière
admirable et remarquable », avait-il déclaré. Celui-ci avait
défendu son pays face aux critiques émises par le dirigeant
libyen Mouammar Kadhafi. Celui-ci avait critiqué début mars
le « système démocratique à partis politiques » suivi par
Nouakchott et par certains pays « sous emprise occidentale
», qualifiant les Mauritaniens de « peuple de bédouins,
pauvre et fatigué ». « Nous, Mauritaniens, sommes bédouins
et en sommes très fiers. Nous sommes nomades et en sommes
très fiers. Nous sommes ce que nous sommes et en sommes très
fiers », « Nous sommes en train de maîtriser notre destin,
de travailler pour l’avenir. C’est cela l’important », a
répondu le colonel Vall.
Le colonel Vall est président depuis que la junte militaire
qu’il dirige a renversé l’ancien président en 2005. Il avait
alors promis de mettre en place un processus démocratique,
comprenant des élections présidentielles dans les deux ans.
Conformément à sa promesse, ni lui ni aucun des membres de
la junte ne se sont présentés à la présidentielle.
L’élection de dimanche est présentée comme le premier
scrutin véritablement démocratique depuis l’indépendance
obtenue en 1960. Le second tour prévu, pour le 25 mars, sera
aussi une première dans l’histoire de la Mauritanie.
Julie
Durand