Egypte-Israël .
L’unité militaire auteure du massacre des soldats égyptiens
a toute une histoire faite de cruauté et d’indiscipline.
Un
commando sans foi ni loi
Rouah
Shaked ou l’esprit de Shaked, ce film à l’origine de toute
la colère aujourd’hui envers Israël, tire son nom d’une
unité de l’armée israélienne. Shaked ... c’est l’abréviation
en hébreu des « Shomry Kad Drom », ou les gardes-frontières
de la ligne sud. Cette unité de commandos israéliens aurait
commis des atrocités lors des guerres avec l’Egypte, en
tuant notamment quelque 250 soldats égyptiens, dans le
désert du Sinaï, après la fin de la guerre de 1967. Selon
les observateurs, cette liquidation à sang-froid ne serait
pas la seule commise par cette unité. Une observation tout à
fait convaincante si l’on suit le début de cette unité
formée en 1953 et attachée au commandement central de
l’armée israélienne, puis deux ans après au commandement
sud, c’est-à-dire à la frontière avec l’Egypte. Cette
décision a été prise par Ariel Sharon dont le nom ne laisse
aucun doute sur les activités qu’aurait mené cette unité.
A ce moment, cette unité portait le nom de « l’unité 101 ».
Sa mission principale était d’empêcher les opérations de
fedayins, lancées à partir de la Jordanie et de L’Egypte.
Elle était formée au début de 25 commandos, dont des druzes
et des bédouins. Selon l’armée israélienne, elle-même, ces
combattants n’étaient pas très disciplinés et ont mené des
actes indépendamment de l’armée, de telle sorte que Moshé
Dayan a dit : « Cette unité va mener Israël vers l’impasse
». Ainsi, deux massacres portent son sceau, celui de la
ville de Kabeya, tout proche de la Galilée, où l’unité 101 a
assassiné plus de 65 civils et des dizaines d’autres dans la
ville de Nahalin.
Sa mauvaise réputation a poussé le gouvernement israélien à
la dissoudre avant qu’elle ne voie de nouveau le jour avec
la guerre de 1967. Cette fois-ci, l’unité change de nom et
aussi de chef. Shaked est désormais son nom et son
commandant, auquel les Israéliens attribuent le mérite de
l’avoir disciplinée, n’était que Fouad ben Eliezer ou
aujourd’hui Binyamin ben Eliezer, actuel ministre des
Infrastructures. Il dirige l’unité depuis 1967 et durant la
guerre d’usure jusqu’en 1970. C’est lui qui est aujourd’hui
accusé d’avoir donné l’ordre de liquider les soldats
égyptiens, on dit même qu’il marquait leur nombre sur son
pantalon.
Aliaa
Al-Korachi