Al-Ahram Hebdo, Arts | L’art au diapason du métaphysique
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 14 au 20 mars 2007, numéro 653

 

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Arts

Photographie . La dernière exposition de Nermine Hammam nous invite à pénétrer un monde de la photo aux accents insolites, sondant les pouvoirs du surnaturel.

L’art au diapason du métaphysique

Comment peut-on regarder les œuvres de Nermine Hammam sans plonger dans la réalité d’un monde aux allures si horrifiantes ?

Après avoir obtenu son diplôme de la Tisch School of Arts de New York, Nermine Hammam a poursuivi un bref chemin dans le domaine de urner en Egypte. En peu de temps, l’artiste parvient à maîtriser une technique de photographie unique. Elle retouche à l’aide de différents programmes informatiques et de couleurs, les images-photos de ses sujets, leur donnant âme et charisme, tel le protagoniste dans une scène de film.

Un an s’est déjà écoulé après sa poignante exposition Achoura (du nom d’une célébration chiite), qui fut un enchaînement de portraits de chiites libanais s’auto-flagellant pour célébrer la mémoire du petit-fils du prophète, Al-Hussein.

Cette fois, elle reprend le thème religieux dans sa nouvelle exposition « Palimpsest », à la galerie Townhouse, sous un aspect sombre et mystérieux, qui s’arrime au surnaturel et à l’exorcisme, nouant une dialectique entre le christianisme et l’islam au sujet d’idées qui les opposent.

Elle aborde le sujet du « djinn » chez les musulmans, ces créatures invisibles qui semblent vivre comme les humains faisant surgir l’idée que certaines maladies physiques, mentales ou spirituelles peuvent être attribuées à l’influence de ces êtres démoniaques, qui prennent le contrôle du corps. Sa série de photographies tente d’interpréter les différents sens associés à la prière, et la guérison par la foi. Ainsi, à travers une trentaine de photos sur des prêtres scandant des incantations chrétiennes pour guérir des sujets musulmans et chrétiens, hommes, femmes ou enfants, Nermine nous montre-t-elle d’une façon à la fois émouvante et dure, le recours en ultime ressort d’une communauté à des rituels particuliers pour chasser l’esprit du mal. Chaque portrait fait par l’artiste suggère la mélancolie, la peur et l’agonie.

Le travail sur les couleurs reste aussi fidèle à la réalité, l’artiste ne cherche pas à esquiver la pâleur des « possédés », ni à réduire l’éclat ondoyant des habits ou autres détails de fond.

Ce sujet religieux, qui reste, certes, à débattre par le public, est transcrit de manière captivante et sensible par une artiste qui restitue dans sa vocation libératrice, la métaphysique face à laquelle deux communautés distinctes se positionnent, depuis la nuit des temps.

Natayla Teymour

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Galerie Townhouse.

Du 25 février au 21 mars 2007.

10, rue Nabarawi. Tél. : 576 86 00

 




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