Cinéma.
Hala Galal,
responsable de la société de production Semat, première
entité du cinéma indépendant en Egypte.
«
Devenir un véritable laboratoire qui stimule les
coproductions et les échanges »
Al-Ahram
Hebdo : En tant que responsable du premier mouvement
cinématographique indépendant, comment expliquez-vous cette
foule de manifestations successives célébrant le film
égyptien indépendant ?
Hala Galal :
Il est fort intéressant de voir de jeunes cinéastes prendre
en charge ce genre très peu favorisé naguère en Egypte.
Néanmoins, une telle activité artistique doit répondre à une
harmonisation objective, afin d’éviter tout désordre dans
les dates de la tenue des différentes manifestations
correspondantes, et de servir l'épanouissement de ce genre.
Je trouve donc nécessaires la concertation des efforts des
indépendants et la coordination de l’échange d’informations
entre eux, sans quoi ils ne pourront accéder à la maturité
de leurs créativités.
— Une soixantaine de films indépendants ont été produits ces
cinq dernières années, quel est l’objectif annoncé de Semat
durant cette année 2007 ?
— Semat va aujourd’hui bien au-delà de son rôle initial de
plate-forme de lancement du nouveau cinéma indépendant, pour
devenir un véritable laboratoire qui stimule les
coproductions et les échanges entre les cinéastes
indépendants arabes, africains et européens. En ce qui
concerne nos productions, nous ne nous fixons pas de nombre
précis de films à produire. C’est une énergie qui s’organise
et nous conduit annuellement vers trois ou quatre films,
produits en direct par les réalisateurs indépendants, ou en
coproduction avec des indépendants arabes ou européens. Nous
sommes guidés par notre seule passion du cinéma. Notre goût
est simplement d’aller à chaque fois vers la meilleure
œuvre, sans frontières, d’aucune sorte. La création
cinématographique est un territoire de tous les hommes ! De
même, nous commencerons cette année à produire des longs
métrages, dans le but de permettre aux jeunes talents de
découvrir d’autres latitudes et dimensions.
— Après une première édition bien réussie du festival
Caravane des films euro-arabes, quelles seront les
nouveautés de la seconde édition, prévue en avril prochain ?
— La seconde édition du festival Caravane des films
euro-arabes s’annonce d’ores et déjà comme un succès. C’est
un festival qui est monté avec les meilleures intentions du
monde avant de devenir une entité assez concrète. Maintenant
les gens vont y rencontrer des stars. Cette manifestation
est le résultat de longs mois de préparation, avec la
collaboration et le parrainage du programme Euromed
Audiovisuel II.
Des dizaines de films européens et arabes seront projetés au
Caire du 4 au 14 avril, accompagnés de nouvelles tables
rondes tenues en marge du festival, en vue de discuter
l’état actuel de la coproduction cinématographique entre les
pays arabes, et les possibilités de coproduction de films
arabo-européens. Par ailleurs, le cinéma indépendant sera
bien sûr présent dans les activités et les débats du
festival, surtout avec la bourse avancée par l’ambassade
hollandaise en Egypte, en participation au budget de
tournage de films d’une quinzaine de jeunes cinéastes
indépendants. Là encore, c’est un nouveau soutien à la
promotion d’un cinéma sérieux et assez différent.
Yasser
Moheb