Football .
Ahli a remporté son troisième titre de Supercoupe d’Afrique,
dimanche dernier à Addis-Abeba, en battant l’Etoile du Sahel
5-4 à l’issue de l’épreuve des tirs au but, confirmant la
solidité de son effectif malgré une série de blessures.
Une Supercoupe pour un superchampion
Défiant
la malédiction des blessures, les conditions climatiques,
l’horrible pelouse et un adversaire de calibre, qui est l’Etoile
du Sahel (Tunisie), Ahli a remporté la 15e édition de
Supercoupe d’Afrique qui s’est jouée dimanche dernier dans
la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, 0-0 (5-4 t.a.b.). Il a
fallu suivre 120 minutes de temps réglementaire et de
prolongations d’un jeu sans grandes actions ni gestes
techniques, rien pour régaler les yeux des spectateurs.
Et finalement, après un score vierge, les deux équipes ont
dû se départager sur penaltys, à l’issue desquels Ahli a
pris le dessus 5-4 pour soulever sa troisième Supercoupe
(2002, 2006, 2007). « C’était une coupe très difficile qui
est venue en début d’année 2007. Les absences et les
conditions du jeu ont retardé notre victoire et durci notre
mission, mais je pense que nous avons fourni l’essentiel et
remporté le trophée qui nous sera très spécial », a déclaré
Chadi Mohamad, capitaine de l’équipe.
Les Rouges passent par une période difficile depuis une
longue période en raison de la série de blessures qui
frappent les meilleurs éléments du groupe. Mais le coup le
plus dur fut l’absence du meneur et inspirateur Mohamad
Abou-Treika en raison d’une blessure à la jambe. C’est lui
le chef d’orchestre de cette équipe et son régulateur. Le
nouveau magicien du football égyptien est un joueur
irremplaçable et peut faire la différence à tout moment.
Mais malgré l’absence de ce génie, Ahli a pu s’imposer dans
toutes ses rencontres et remporter les titres, sans éclat,
mais l’essentiel est fait. « Ahli est une équipe championne,
c’est-à-dire que même en l’absence de plusieurs éléments, ce
qui sûrement affecte sa qualité de jeu, a toujours des
atouts et des moyens pour s’imposer », explique Taha Ismaïl,
ancienne légende d’Ahli et d’Egypte.
Chapeau au directeur technique Manuel José Da Silva qui a
construit un groupe très solide et homogène. La philosophie
du sage Portugais est très simple : il faut d’abord ne pas
perdre et ensuite chercher à gagner. Da Silva compte sur une
défense rarement perméable et un solide milieu toujours à
son support. Raison pour laquelle même si son équipe a
souvent éprouvé des difficultés en attaque, son gardien
Essam Al-Hadari n’était presque jamais inquiété. De même, Da
Silva a montré une très grande flexibilité technique quant
au système de jeu. En 2005, il adoptait un schéma de
3-4-2-1, Abou-Treika et Mohamad Barakat évoluant juste
derrière Emad Metaab, seul en pointe d’attaque. Après la
grave blessure de Barakat, il s’est converti à un système de
3-4-1-2 avec Abou-Treika au cœur du jeu et évoluant sous le
duo Metaab et l’Angolais Amado Flavio. Et maintenant avec la
blessure d’Abou-Treika, il joue en 3-3-2-2 en alignant trois
milieux défensifs, préférant donner plus de liberté au duo
des couloirs pour fournir leur support à la paire d’attaque.
Trois différentes techniques utilisées lors de ces deux
dernières années afin de s’adapter au mieux aux conditions
et qualités individuelles des joueurs. Une vision subtile de
la part de José, qui est à présent perçu comme un demi-dieu
chez les supporters des Rouges.
Combinaisons gagnantes
Les individualités ont souvent fait la différence. C’est le
cas des coups francs de Emad Metaab, des tirs de Mohamad
Chawqi et d’Amado Flavio ou encore des combinaisons entre
les joueurs. Mais un autre facteur déterminant dans les
victoires et gloires récentes d’Ahli s’appelle Essam
Al-Hadari. Le numéro 1 d’Ahli et des Pharaons vit
actuellement ses années de gloire. Excellente détente, du
réflexe et de la vision, Al-Hadari figure désormais dans les
rangs des élites du monde. Il donne une très grande
confiance à ses défenseurs et un coup de massue aux
adversaires. Si l’un d’eux parvient à franchir la barrière
défensive, il est là pour s’assurer qu’il n’ira pas plus
loin. « Il n’y a pas de doute que c’est l’un des principaux
facteurs des victoires d’Ahli durant ces dernières années.
Il a même été le héros à plusieurs reprises, et je pense que
sans lui, beaucoup de choses auraient été différentes »,
ajoute Ismaïl.
Le meilleur gardien de la Coupe d’Afrique 2006 a porté les
draps du héros en bloquant un penalty, dimanche dernier.
C’est une mutation qu’il vit et qui fournit des gloires
depuis l’année passée (voir photos) et qui a abouti à un
nouveau titre. Le 99e du palmarès d’Ahli sur un parcours qui
a débuté en 1907. Pour les Rouges, ce n’est qu’un début et
ils ne veulent rien laisser passer en 2007, l’année du 100e
anniversaire d’Ahli. Ils sont favoris et les adversaires
sont invités à venir se mesurer.
Karim
Farouk