Tourisme.
Pour la première fois, l’antique Thèbes est présente comme
destination touristique indépendante dans une foire
internationale de tourisme.
Louqsor s’expose chez les British
Louqsor a occupé un pavillon à elle seule au Marché mondial
du tourisme (WTM) qui vient de fermer ses portes à Londres
la semaine dernière. La ville a exposé son produit
touristique non seulement aux visiteurs du marché qui ont
dépassé les 50 000 personnes, mais aussi à plus de 5 000 des
plus grands tour-opérateurs du monde entier. « C’est une
initiative de la Chambre du tourisme qui a pensé à présenter
pour la première fois une ville égyptienne comme une
destination touristique indépendante. Ce sont d’ailleurs des
habitants de la ville qui se sont rendus à cette fin à
Londres parce qu’ils ont estimé être les meilleurs à pouvoir
présenter les trésors dont jouit leur région », explique
Khaled Al-Manawi, président de la Chambre égyptienne du
tourisme. C’est en fait un phénomène connu depuis longtemps
dans l’industrie du tourisme mondial. Il peut y avoir dans
n’importe quelle exposition des stands qui représentent des
régions touristiques données et non un pays tout entier,
comme par exemple Bologne et Venise en Italie ou bien Nice
et Saint-Tropez en France. Même les pays arabes ont eu
recours à ce système, comme le cas de Dubaï et Abou-Dhabi
qui se présentent comme des destinations touristiques
séparément des Emirats arabes unis. « Ce phénomène aide à
mettre plus de lumière sur les atouts touristiques d’une
certaine destination lui accordant ainsi plus d’importance,
surtout avec la présence médiatique intense qui existe dans
les différentes foires touristiques. A Londres par exemple,
on ne parlait pas cette année, comme d’habitude, de l’Egypte
seulement, mais on cite aussi Louqsor comme si elle était un
autre pays », assure Amir Fahim, expert touristique. Selon
lui, c’était le moment de prendre un tel pas surtout après
les travaux de restauration, d’aménagement voire
d’urbanisation gigantesques qui ont eu lieu dernièrement à
Louqsor, comme le réaménagement de la Route des béliers
entre le temple de Karnak et celui de Louqsor. Ces travaux
ont vraiment changé le visage de cette ville plus que
millénaire. En outre, il faut prendre en considération que
le tourisme balnéaire en Egypte a commencé au cours des
dernières années à gagner du terrain aux dépens du tourisme
culturel. « Ainsi un pavillon consacré uniquement à la ville
de Louqsor peut rétablir l’équilibre entre le balnéaire et
le culturel dans un pays qui possède le tiers des antiquités
du monde entier et bien avant plus de 7 000 ans d’histoire
et de civilisation », reprend Fahim. Le pavillon de Louqsor
a en fait eu un grand succès au WTM, la preuve en est les
foules qui ont fréquenté le pavillon. D’autre part, il a
donné lieu à de nombreuses demandes et mêmes des contrats
signés avec les agences de voyages opérant à Louqsor. «
Après le succès de cette expérience, on a l’intention de
présenter la région d’Al-Wadi Al-Guédid (la Nouvelle Vallée)
et celle des Oasis dans la prochaine session du WTM. On veut
donc que d’autre régions inexploitées en Egypte profitent de
la grande clientèle qui se rend dans un seul endroit lors de
ces marchés internationaux », reprend Khaled Al-Manawi. Pour
sa part, le ministre du Tourisme a assuré que les
responsables du tourisme essayent d’appliquer en Egypte
l’expérience des visites appelée « Twin Venture », qui
consiste à ce que les touristes profitent des deux types de
tourisme qu’offre l’Egypte. Ceci dit, les touristes peuvent
visiter Louqsor pour contempler les chefs-d’œuvre
pharaoniques. Ensuite, ils pourront bien aller se détendre
et jouir de la mer sur les rives de Charm Al-Cheikh,
d’Hurghada ou bien de Taba. Ce qui est devenu plus facile,
surtout après les travaux d’aménagement des aéroports de
Louqsor et de Charm Al-Cheikh ainsi que l’inauguration de la
route Edfou-Marsa Alam.
Dalia
Farouk