Squash.
Amr remporte pour la troisième fois les Championnats du
monde qui se sont achevés aux Bermudes le 1er décembre. Une
victoire de bon augure pour les Championnats par équipes qui
auront lieu du 6 au 12 décembre en Inde.
Et de 3 !
Il
l’a fait ! Amr Chabana, actuel n°1 mondial au classement PSA
(Association des joueurs professionnels de squash), a
remporté pour la troisième fois le titre de champion du
monde en individuels. En remportant cette édition des
Championnats du monde qui s’est achevée le 1er décembre aux
Bermudes, il confirme sa suprématie sur le top 10 du
classement. Et relève le défi qu’il s’était lancé de le
remporter encore cette année. Chabana est d’ores et déjà un
habitué du titre, qu’il a remporté deux fois en 2003 et en
2005, à la surprise générale, son classement de l’époque
oscillant entre la 7e et la 11e place.
Mais ce qui était vraiment surprenant cette fois-ci, c’est
le niveau qu’il a présenté tout au long du tournoi. « Juste
avant le début des Championnats du monde, Chabana a gagné
trois autres tournois, et sa condition physique et sa
technique de jeu étaient parfaites. Cela l’a beaucoup aidé à
entamer les Championnats du monde en top forme », note Amir
Waguih, directeur technique des sélections égyptiennes de
squash.
Bien que Chabana trône le classement mondial sans défaillir
depuis 20 mois, il avait suscité quelques inquiétudes en
début d’année, montrant une baisse de forme qui a influencé
ses résultats lors des tournois, mais aussi son total de
points qui dépassait celui de l’Egyptien Rami Achour de deux
points seulement. Obsédé par le faible écart le séparant de
son compatriote, il perd sa concentration, et ses résultats
s’en ressentent. Avec son nouveau titre et son triplé, il
efface d’un coup de raquette cette période d’instabilité et
prouve sa solidité face aux événements importants.
Le parcours de Chabana dans cette édition n’a cependant pas
été aisé. Il s’est retrouvé face à des ténors de la
compétition tels le Français Thierry Lincou, actuel n°7
mondial et l’Australien David Palmer, tenant du titre et
actuel n°4 mondial. Cela sans compter la finale qui était
pour Chabana un championnat à lui tout seul et son véritable
obstacle jusqu’au titre.
Après une rapide lecture des scores lors des matchs de cette
compétition, on se rend compte qu’il n’a jamais gagné un
match en 3 sets, mais sur un score de 3/2 ou bien 3/1.
Certains diront qu’il n’a pas voulu fournir un gros effort
en début de tournoi pour se réserver pour la finale. Cette
finale, dernière étape avant le titre, opposait Chabana au
talentueux français Gregory Gaultier, actuel n°3 mondial,
qui disputait cette édition des championnats avec une seule
chose en tête, le titre. Chabana a balayé ses espoirs à
l’issue d’un rapide 3 sets à 0. « Gaultier n’est pas le type
de joueur qui perd facilement sur le score de 3 à 0. C’est
un joueur imbattable à 99 %. Mais j’ai joué le meilleur
match de ma vie. Un joueur de squash peut jouer comme je
l’ai fait une ou deux fois au maximum dans sa vie en circuit
de squash. J’ai eu de la chance et j’étais dans cet esprit
en finale. C’était un rêve. Je me sentais voler en plein
court », raconte Chabana. Selon Gaultier, il a surpassé
Chabana en début de match, mais l’Egyptien ne lui a pas
permis de jouer avec le même rythme, ce qui l’a paralysé. «
Je comprends les sentiments de Gaultier. L’année dernière,
il m’a éliminé des Championnats du monde en Egypte devant
mon public fervent, et il a cru qu’il pourrait le faire
encore cette fois-ci, mais j’ai pris ma revanche », a ajouté
Chabana, qui affirme que Gaultier mérite de remporter ce
titre un jour.
Une équipe galvanisée par la victoire
Que se serait-il passé si le jeune égyptien Rami Achour,
actuel n° 2 mondial, qui a déclaré forfait quelques jours
avant le début des Championnats du monde pour cause de
blessure, avait été présent ? Rami se préparait à cette
édition, et plus précisément au titre, depuis le début de
l’année, bouleversant son programme annuel pour le faire
correspondre à cette édition des Championnats du monde. La
chance s’en est mêlée malheureusement lorsqu’il se blesse
gravement à la cheville deux semaines avant le début de la
compétition. Quant aux autres joueurs égyptiens qui
figuraient à ces Championnats du monde, ils se sont
contentés des 8es de finale, jouissant ainsi du contact au
plus haut niveau. Mais ils se sentent galvanisés par la
victoire de Chabana. En effet, ils appréhendent désormais
les Championnats du monde par équipes qui auront lieu en
Inde du 6 au 12 décembre, avec optimisme.
La sélection égyptienne, qui regrettera l’absence de Rami
Achour, comprend 4 joueurs : Karim Darwich, n°8 mondial,
Waël Hatem, n°9 mondial et Mohamad Abbass, n°14 mondial.
Bien que le Groupe A de l’Egypte soit facile : Allemagne,
Finlande et Russie, la rivalité sur le titre sera, quant à
elle, relevée. « Les sélections de l’Angleterre, tenante du
titre, et de la France sont très fortes. L’Angleterre
possède deux joueurs performants, expérimentés : James
Willstrop, n°6 mondial et Nick Mathew, actuel n°5 mondial.
Quant à la France, elle possède deux très forts et dangereux
joueurs : Gregory Gaultier, actuel n°3 mondial et Thierry
Lincou, actuel n°7 mondial. Le Canada, qui fait un retour en
force, entre dans la compétition avec un Jonathon Power en
pleine forme, et de surcroît ex-champion du monde et ancien
n°1 mondial ».
En fait, il sera le joker de son équipe. Pour les autres
joueurs de la sélection, ils seront à niveau équivalent en
thème de classement mondial et expérience avec leurs
adversaires des autres sélections. Mais après les résultats,
un vent de victoire plane sur l’équipe égyptienne qui veut à
tout prix renouer avec le titre par équipes qui échappe à l’Egypte
depuis 1999. « Je crois que les membres actuels de la
sélection sont les meilleurs depuis des années. On doit en
profiter pour rééditer l’exploit. En ce qui me concerne, je
vais jouer avec le même courage avec lequel j’ai disputé la
compétition individuelle, et j’espère bien rentrer avec les
deux trophées, individuels et par équipes », conclut le
champion du monde.
Chourouq Chimy