Al-Ahram Hebdo, Opinion |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion
 

L’accord de Naivasha se meurt

Hassan Abou-Taleb

L’accord de Naivasha signé en janvier 2005 entre le gouvernement du salut et le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) a connu dernièrement des hauts et des bas. En effet, le manque de confiance commence à gagner du terrain entre les deux parties. Et l’accord qui était considéré comme un modèle pour résoudre les crises du Soudan au terme de la guerre civile qui a duré plus de 20 ans est devenu un fardeau pour l’avenir de la paix, de la démocratie et de la construction d’un nouveau Soudan. Dans ces circonstances, les messages contradictoires portent préjudice plus qu’ils ne rendent service. De plus, les menaces échangées aggravent le problème et les invitations à l’internationalisation de la crise et à l’appel au pouvoir étranger compliquent encore plus les choses.

La crise a commencé lorsque le mouvement populaire a accusé son partenaire, à la conférence nationale, d’avoir violé plusieurs clauses importantes de l’accord de Naivasha. Il l’a accusée de ne pas avoir retiré les forces de l’armée du Soudan de certains emplacements du sud, d’avoir intentionnellement retardé la formation des forces hybrides, de ne pas adopter la transparence en ce qui concerne les revenus du pétrole, les quantités de production du sud, de ne pas s’être retiré de la région pétrolière d’Abeyi située sur les frontières communes et de ne pas la remettre au gouvernement du sud. Il l’a accusée aussi d’avoir retardé le recensement démographique selon lequel sera effectué le référendum sur le droit à l’autodétermination. De plus, le gouvernement du sud a exprimé sa volonté de changer certains ministres dans le gouvernement national car il les suspecte de prendre le parti du nord aux dépens du sud. La conférence nationale a nié ces accusations et a répondu en disant que ses forces armées s’étaient retirées de 83 % des territoires desquels elles devaient se retirer alors que le mouvement de libération n’a retiré ses forces que de 7 % des territoires desquels il devait se retirer. Pour ce qui est du retrait de la région d’Abeyi, la conférence nationale a déclaré que ceci n’arrivera pas, car elle dépend du nord selon les frontières de 1956.

Malgré les rencontres qui ont réuni le président Al-Bachir et son vice-président Silva Kir au terme desquelles ils ont convenu de certains points pour sortir de la crise et pour le retour des ministres du sud au gouvernement, le mouvement populaire a campé sur ses positions. Il insiste à résoudre avant tout les points en suspens. Ce qui signifie attendre jusqu’à la résolution du problème de la région d’Abeyi qui nécessite à son tour un dialogue politique, économique, technique, géographique et historique qui durera un certain temps. La position du mouvement populaire ressemble plus à un chantage politique davantage qu’à une volonté de s’attacher à l’accord de Naivasha comme modèle pour résoudre les problèmes du Soudan.

Au début de la crise soulevée par le mouvement populaire en suspendant la participation de ses ministres au gouvernement national jusqu’à la résolution de tous les problèmes, le président Omar Al-Bachir et son vice-président Silva Kir avaient exprimé une certaine flexibilité et une certaine sagesse à la fois. Ils avaient déclaré qu’ils tenaient à l’accord de Niavasha, à la non-internationalisation et au dialogue pour résoudre les problèmes relatifs à la mise en application de l’accord. Ce sont les principes qui ont favorisé il y a quatre semaines un certain optimisme que la crise était passagère et qu’elle ne laisserait pas de grande influence. Mais cet optimisme s’est rapidement dissipé pour laisser place à une certaine léthargie qui s’est transformée petit à petit en un genre d’anticipation liée à l’éventualité d’une escalade verbale qui précède l’escalade effective sur le terrain.

Indices de guerre

Il semble que nous soyons ces jours-ci entrés dans une période de transition de la simple escalade verbale à l’escalade effective. Deux indices le démontrent.

Premièrement, on commence à reparler indirectement des préparatifs de guerre si elle est imposée à une partie ou à une autre. En effet, le président Al-Bachir a déclaré dans son discours prononcé dans la ville de Madani au sud de Khartoum le 17 novembre dernier : « Nous ne commencerons pas les agressions ou la guerre. Mais celui qui commencera en assumera la responsabilité ». Le mouvement populaire a rétorqué : « S’ils veulent revenir à la guerre, nous sommes prêts ». De plus, les sudistes ont accueilli Kir à son retour des Etats-Unis avec les tambours de la guerre.

Citer le terme de la guerre de cette manière implique qu’il faut se préparer au pire. Nous nous trouvons face à un revirement dangereux qui ne s’accorde nullement avec les prétentions de tenir à l’accord de Naivasha, à la paix et au dialogue. D’autant plus que les problèmes qui constituent les principales raisons de cette crise ne peuvent pas être résolus par la force. Si 20 ans de guerre n’ont pu réaliser la victoire pour l’une des parties, comment ces parties peuvent-elles s’imaginer que la guerre pourra taire l’autre partie ou qu’elles pourront prendre par la force ce qu’elles n’ont pas pu prendre par les négociations, le dialogue ou les compromis ?

Deuxièmement, le mouvement populaire entoure d’un grand mystère la nature de la visite du vice-président et président du gouvernement du sud, Silva Kir aux Etats-Unis, au cours de laquelle il a rencontré le président Bush. Il paraît que ce dernier a incité Kir à déployer de plus grands efforts pour régler la crise du Darfour et à parrainer l’accord des groupes rebelles pour parvenir à une solution qui contribuerait à réaliser la paix au Darfour. Si ceci était vrai, il n’y aurait aucun problème. Mais il s’agit de toutes les circonstances qui ont entouré la visite et son organisation. A-t-il vraiment dit aux cadres du mouvement à Washington qu’en cas de séparation, le sud sera un bon voisin du nord ? Il est évident que les deux parties ont des intentions cachées qui, semble-t-il, ne sont pas dans l’intérêt de l’union qui, selon le prélude de l’accord de Niavasha, doit être attrayante. Ce sont des indices qui préparent le choix de la séparation avant la date, qui sera décidée par le référendum de 2011. Dans ce cas, il n’y aura pas de bon voisinage ni de partage des ressources. Il y aura une guerre sanglante. Le gouvernement du sud et le mouvement populaire réalisent parfaitement que l’accord de Naivasha fonde malgré toutes les manœuvres la séparation politique pacifique à travers le référendum. Pourquoi donc hâter la séparation avant que les sudistes n’acquièrent l’expérience nécessaire pour la gestion du pays et l’organisation des relations internationales ? Par conséquent, il est évident que la complication des relations avec le nord est pour l’intérêt de certaines forces influentes du sud qui considèrent que le moment de la crise implique la conjugaison des efforts et la désinformation exercée sur plusieurs questions qu’il ne faut pas dévoiler à l’opinion publique sudiste.

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.