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 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

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Opinion
 

Optimisme naïf 

Salama A. Salama

16etats arabes sont partis pour Annapolis pour prouver leurs bonnes intentions, en réponse à des pressions américaines et internationales provoquant un climat d’optimisme naïf. Ils ont voulu croire que cette fois-ci, les chances de négociations entre Palestiniens et Israéliens seraient plus sérieuses et iraient inéluctablement dans le sens de la création des deux Etats et de la réalisation de la paix. Surtout que l’Administration américaine a fait preuve d’une détermination à réaliser les engagements du président Bush concernant les deux Etats. Personne ne peut maintenant prétendre que les pays arabes sont sortis de cette conférence moins sceptiques.

Les Etats-Unis ont imposé un communiqué conjoint après l’échec d’Olmert et Abbass à s’accorder sur une formule de document commun autour des dossiers-clés de litiges. Les Etats-Unis se sont contentés d’annoncer l’amorce d’un nouveau round de négociations sur tous les dossiers sans aucune exception, avec pour échéance la fin de l’année 2008. Ainsi que de former un comité de suivi pour concrétiser les engagements entre les deux parties, conformément à la Feuille de route. Ce comité pourrait être présidé éventuellement par un général américain et mis sous tutelle des Etats-Unis et du Quartette. Abstraction faite du contenu de l’allocution de Bush à Annapolis et celles de Abbass et d’Olmert porteuses d’espoirs, de promesses et d’engagements verbaux sans aucune garantie, sans oublier les fausses projections médiatiques. Personne ne peut nier que la plupart des références auxquelles les Arabes se sont attachés sont tombées dans l’oubli. A l’exception de la Feuille de route qui a longtemps nourri les illusions et les fantasmes. Il est plus que jamais évident, par l’allocution de Bush, que tout ce qui importe à son administration, c’est d’infliger une défaite aux extrémistes et aux terroristes. Ce, dans le cadre d’une grande stratégie américaine misant sur l’avenir de la région, et visant à soutenir le camp arabe modéré face à la montée de l’influence iranienne.

L’Administration Bush a eu recours à la méthode adoptée par l’Administration Clinton au cours des négociations Barak/Arafat, vieilles de 7 ans. Il n’en demeure pas moins que Bush n’a ni la capacité ni l’intention de faire comme Clinton. Ce qui signifie qu’il va laisser les Israéliens et les Palestiniens se confronter les uns aux autres, et affronter chacun sa situation interne.

Il ne semble pas qu’Olmert, qui s’est mis à répéter le même refrain des concessions douloureuses de ses prédécesseurs, soit capable de faire face à ses opposants des partis extrémistes de droite au sein de son gouvernement. Ceci l’a empêché de parvenir à un accord avec Abbass tout au long des rencontres qui les ont réunis avant Annapolis. D’ailleurs, des voix en Israël appelant à la tenue de nouvelles élections se multiplient. Ces dernières seront désormais un premier pas pour se désengager d’Annapolis et de ses effets.

Cependant, le problème d’Olmert paraît moins grave que celui de Abbass qui est confronté à une division interne aiguë dans les rangs palestiniens. Personne ne connaît la référence sur laquelle s’appuie Abbass dans ses négociations avec Olmert qui demandera d’appliquer la première clause de la Feuille de route, celle de porter un coup fatal aux éléments terroristes et de les éradiquer complètement. Ou en d’autres termes de liquider le Hamas en échange de l’ouverture des points de passage, de l’arrêt des implantations et des raids israéliens et de la levée de l’embargo.

Le scénario des Arabes se répète. Ils vont à toutes les conférences auxquelles ils sont invités sous prétexte qu’ils ne veulent pas laisser passer une seule chance pour prouver leurs bonnes intentions à la communauté internationale. Mais le résultat est le même. Ils n’ont récolté d’Annapolis que des promesses vaines et des paroles creuses. De même, la présence de 47 Etats à Annapolis ne représente aucune pression ni sur Israël ni sur les Etats-Unis qui accordent la priorité à la question iranienne et à la situation en Iraq.

Quant à la Syrie qui a conditionné sa présence à Annapolis à l’inscription de la question du Golan à l’ordre du jour, elle n’a rien perdu ni gagné.

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