Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | Début de réchauffement
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 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

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Golfe-Iran. Téhéran mise sur une amélioration de ses relations avec ses voisins arabes. Un enjeu de taille pour ce pays soumis à des pressions internationales. 

Début de réchauffement 

Une première. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a fait le déplacement pour participer au sommet annuel du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) qui s’est tenu lundi et mardi à Doha, au Qatar. Bien avant son arrivée, M. Ahmadinejad a annoncé être porteur de propositions « pour l’expansion de la coopération et des garanties de sécurité pour la région », sans autres précisions. M. Ahmadinejad est le premier chef d’Etat étranger à participer à un sommet de ce groupe régional depuis sa création en 1981. Le sommet du CCG a réuni les chefs d’Etat d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Koweït, de Qatar, Bahreïn et d’Oman.

Signe d’un tournant dans les relations irano-arabes ou volonté de renforcer la position de l’Iran, soumis à de multiples pressions et critiques à cause du dossier nucléaire et du soutien au Hezbollah au Liban ? Les deux à la fois. Certes, l’Iran souffle le chaud et le froid, il tente de tirer profit de l’axe sunnite jugé allié des Etats-Unis tout en continuant ses projets nucléaires.

Isolé sous la pression des Etats-Unis qui affirment garder toutes les options ouvertes, y compris militaires, pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique, l’Iran a multiplié les initiatives pour rassurer ses voisins arabes sur le caractère pacifique de son projet nucléaire. M. Ahmadinejad, qui n’a pas manqué de le rappeler lors de son déplacement en novembre à Riyad pour le sommet de l’Opep, a dépêché récemment son ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, dans la région.

Malgré ces assurances, les monarchies du CCG — des pays sunnites dont les relations avec l’Iran chiite ont été souvent empreintes de méfiance — redoutent les risques que fait courir la confrontation entre Téhéran et les Etats-Unis, fortement présents militairement dans les eaux du Golfe et dans des pays arabes.

« Les Etats du CCG suivent de près le dossier nucléaire iranien, qui les inquiète pour les conséquences politiques et en matière de sécurité à cause du bras de fer entre l’Iran et la communauté internationale, mais aussi pour le danger écologique que représente le programme pour la région s’il ne respecte pas les normes internationales », a déclaré le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah bin Zayed Al Nahyane.

Le ministre a redit, dans un entretien publié dimanche par le quotidien qatari Al-Charq, que les pays du CCG souhaitaient une solution pacifique à la crise sur le programme nucléaire de l’Iran, menacé d’une troisième série de sanctions de l’Onu.

« Nous souhaitons un règlement (...) par un dialogue sérieux qui prend en considération les intérêts de toutes les parties, y compris ceux des voisins de l’Iran », a-t-il souligné, résumant ainsi la position du CCG favorable au droit de l’Iran à un programme nucléaire civil, mais sous strict contrôle international.

Ils exigent de Téhéran des garanties sur la nature de ses activités nucléaires et ont proposé de créer un consortium international pour fournir de l’uranium enrichi aux pays du Moyen-Orient qui en feraient la demande.

L’Iran a entretenu des relations difficiles avec les pays du Golfe, notamment à cause du soutien de certains d’entre eux à l’Iraq après qu’il eut attaqué la République islamique. Outre ce passé assez perturbé, un différend oppose toujours les Emirats à l’Iran accusé d’occuper illégalement trois îles dans le Golfe. Les Emirats arabes unis ont réaffirmé leur détermination à récupérer les trois îles stratégiques dans le Golfe et proposé un dialogue direct avec Téhéran ou un arbitrage international pour régler ce conflit, a rapporté l’agence officielle WAM. « Nous continuons à demander (à la direction iranienne) d’entrer dans des négociations bilatérales directes ou de porter l’affaire devant la Cour Internationale de la Justice (CIJ, qui siège à La Haye). Nous nous engageons à accepter les résultats de l’arbitrage, quels qu’ils soient », a conclu cheikh Khalifa.

L’Iran avait pris le contrôle de ces îles en 1971, juste avant la proclamation de l’Etat des Emirats après le départ des forces britanniques. Les trois îles contrôlent l’accès au détroit d’Ormuz, entre l’Iran et les Emirats.

Côté économique, lors d’une réunion conjointe à huis clos, les ministres des Affaires étrangères et des Finances du CCG « ont décidé de maintenir la date de 2010 pour le lancement de la monnaie unique », a déclaré à l’AFP un membre d’une délégation. « Se joindront au projet ceux qui seront prêts en 2010 », a ajouté la même source, soulignant que la décision avait été « prise sur l’insistance de l’Arabie saoudite », le premier producteur et exportateur de brut dans le monde.

La faiblesse actuelle du billet vert aggrave l’inflation et affecte les recettes pétrolières des monarchies du CCG. C’est pourquoi l’abandon de l’indexation de leurs monnaies sur le billet vert a été à plusieurs reprises évoqué.

Outre le lancement d’un marché commun et d’une monnaie unique, le sommet a notamment évoqué la situation en Iraq, le conflit du Proche-Orient après la réunion internationale organisée par les Etats-Unis à Annapolis, près de Washington .

Rania Adel

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