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 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

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Economie

France-Egypte. La deuxième réunion du Conseil présidentiel des affaires a lieu du 5 au 7 décembre à Paris. Différents protocoles de coopération doivent être signés. 

Tête à tête, main dans la main 

« Les relations égypto-françaises sont consistantes et tournées vers l’avenir. Il reste de nombreux horizons de coopération à exploiter. L’économie égyptienne réalise une bonne  croissance, surtout dans l’industrie. Raison pour laquelle les deux côtés œuvrent actuellement à mobiliser leurs acteurs économiques pour prendre part à ce tableau très flatteur ». C’est par ces propos que Philippe Coste, ambassadeur de France en Egypte, a ouvert la conférence de presse, organisée par l’Agence française pour le développement international des entreprises (UBIFRANCE), sur la visite de la délégation égyptienne en France, prévue du 5 au 7 décembre, dans le cadre du Conseil Présidentiel de Affaires Franco-Egyptien (CPAFE).

« L’Egypte, un pari gagnant », tel est le thème de cette deuxième réunion du CPAFE. Une délégation du secteur privé regroupant les 20 hommes d’affaires égyptiens membres du CPAFE et présidée par 3 ministres (Rachid Mohamad Rachid, ministre du Commerce et de l’Industrie, Tareq Kamel, ministre des Télécommunications, et Mohamad Mansour, ministre du Transport), y participe pour discuter avec leurs homologues français des opportunités de coopération entre les deux pays ainsi que des moyens de diversifier les investissements en Egypte.

3 protocoles de coopération doivent être signés lors de cette rencontre. Le premier entre la chaîne française d’hypermarchés Carrefour et l’Union des chambres de commerce du Caire pour la formation de 15 000 diplômés au cours des 3 prochaines années et pour un coût de 20 millions de L.E. Le deuxième, sur la formation des cadres nécessaires à la direction des lignes de la production dans l’industrie du prêt-à-porter, prolongation d’un protocole signé en 2006. Le troisième concerne la volonté de faire de l’Egypte une plate-forme régionale de la mode par l’organisation de différents salons et défilés.

Les 3 ministres égyptiens présideront également 3 tables rondes sur les différents secteurs prometteurs de l’Egypte, à savoir la grande distribution, les technologies de l’information et le transport, en particulier en ce qui concerne les services dans les gares et les trains. Une visite de la délégation égyptienne à la gare de Lyon sera organisée dans ce but. « 3 horizons de coopération fructueux et importants pour l’Egypte », comme l’affirme Laurent Padoux, chef de la mission économique française en Egypte.

 

Equilibre dans les relations

En fait, la France est le troisième partenaire commercial de l’Egypte avec une balance commerciale de 2,3 milliards d’euros en 2006 contre 2,1 milliards d’euros en 2005, soit une hausse de 21 %. Les exportations égyptiennes ont doublé au cours de cette période pour passer de 493,6 millions d’euros en 2005 à 990,6 millions en 2006. Jusqu’à septembre, les exportations égyptiennes ont atteint cette année 895,2 millions d’euros alors que les exportations françaises ont été de 1,17 milliard. En même temps, les exportations françaises vers l’Egypte ont chuté de 1,42 milliard d’euros en 2005 à 1,33 milliard en 2006. Il faut également ajouter que la France est actuellement le 5e plus grand investisseur en Egypte avec un total de près de 2 milliards d’euros investis. « Il existe actuellement 90 entreprises françaises qui investissent en Egypte. Et si les investissements français se concentraient au début dans le domaine des services, on peut sentir actuellement une orientation française à diversifier d’autres secteurs industriels qui représentent pour l’Egypte une valeur ajoutée. Avec le temps, et vu les performances de l’économie égyptienne, on peut donc sentir un équilibre dans les relations des deux pays », commente Laurent Padoux.

Si les responsables des deux pays se félicitent de ces bonnes relations économiques, experts et analystes tempèrent ce beau fixe affiché. En effet, selon un expert économique, qui a requis l’anonymat, cette relation bilatérale penche à l’heure actuelle en faveur des Français. « En consultant la liste des exportations égyptiennes, on note que le bond de la valeur des exportations est dû au premier plan au gaz naturel et aux exportations chimiques et pétrolières. C’est donc la hausse des prix mondiaux du pétrole qui a permis cette hausse. Il n’y a pas de réalisations réelles », expose-t-il. Et d’ajouter que « la grande majorité des investissements français en Egypte se concentre dans le secteur des services, banques, transport et télécommunications. Il est vrai qu’il existe des projets dans le domaine de l’industrie. Mais si on les compare au total des investissements, ils ne représentent qu’une minorité », explique-t-il.

« Ce n’est pas vrai », assure Rachid. « Les secteurs d’investissement français se diversifient. Il existe des investissements dans les domaines de l’énergie, de l’électricité, de l’agro-alimentaire, du tourisme, du ciment, etc. L’entreprise française Saint-Gobin (secteur du verre) vient de signer la semaine dernière un accord d’investissement en Egypte avec un coût de 220 millions d’euros. D’autres accords de coopération sont à l’étude dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la grande distribution », explique-t-il.

Le ministre du Commerce cite 4 nouveaux horizons de coopération devant être discutés en France. Le domaine le plus prometteur étant pour lui le commerce de détail. « L’Egypte est un terrain fertile pour ce genre d’investissement et la France a également beaucoup à présenter dans ce domaine. Il n’existe en Egypte maintenant que Carrefour alors que les chaînes françaises sont nombreuses ». Hervé Majinier, directeur de Carrefour Egypte, confirme que « l’Egypte représente, avec ses 80 millions d’habitants et sa grande capacité consommatrice, un marché idéal pour la grande distribution. De grandes chaînes françaises de supermarchés étudient actuellement les moyens de venir investir ici. Attendez-vous à deux ou trois projets prochainement ». De quoi faire les beaux jours à venir des Français, comme des Egyptiens.

Névine Kamel

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