France-Egypte.
La deuxième réunion du Conseil présidentiel des affaires a
lieu du 5 au 7 décembre à Paris. Différents protocoles de
coopération doivent être signés.
Tête à tête, main dans la main
«
Les relations égypto-françaises sont consistantes et
tournées vers l’avenir. Il reste de nombreux horizons de
coopération à exploiter. L’économie égyptienne réalise une
bonne croissance, surtout dans l’industrie. Raison
pour laquelle les deux côtés œuvrent actuellement à
mobiliser leurs acteurs économiques pour prendre part à ce
tableau très flatteur ». C’est par ces propos que Philippe
Coste, ambassadeur de France en Egypte, a ouvert la
conférence de presse, organisée par l’Agence française pour
le développement international des entreprises (UBIFRANCE),
sur la visite de la délégation égyptienne en France, prévue
du 5 au 7 décembre, dans le cadre du Conseil Présidentiel de
Affaires Franco-Egyptien (CPAFE).
« L’Egypte, un pari gagnant », tel est le thème de cette
deuxième réunion du CPAFE. Une délégation du secteur privé
regroupant les 20 hommes d’affaires égyptiens membres du
CPAFE et présidée par 3 ministres (Rachid Mohamad Rachid,
ministre du Commerce et de l’Industrie, Tareq Kamel,
ministre des Télécommunications, et Mohamad Mansour,
ministre du Transport), y participe pour discuter avec leurs
homologues français des opportunités de coopération entre
les deux pays ainsi que des moyens de diversifier les
investissements en Egypte.
3 protocoles de coopération doivent être signés lors de
cette rencontre. Le premier entre la chaîne française
d’hypermarchés Carrefour et l’Union des chambres de commerce
du Caire pour la formation de 15 000 diplômés au cours des 3
prochaines années et pour un coût de 20 millions de L.E. Le
deuxième, sur la formation des cadres nécessaires à la
direction des lignes de la production dans l’industrie du
prêt-à-porter, prolongation d’un protocole signé en 2006. Le
troisième concerne la volonté de faire de l’Egypte une
plate-forme régionale de la mode par l’organisation de
différents salons et défilés.
Les 3 ministres égyptiens présideront également 3 tables
rondes sur les différents secteurs prometteurs de l’Egypte,
à savoir la grande distribution, les technologies de
l’information et le transport, en particulier en ce qui
concerne les services dans les gares et les trains. Une
visite de la délégation égyptienne à la gare de Lyon sera
organisée dans ce but. « 3 horizons de coopération fructueux
et importants pour l’Egypte », comme l’affirme Laurent
Padoux, chef de la mission économique française en Egypte.
Equilibre dans les relations
En fait, la France est le troisième partenaire commercial de
l’Egypte avec une balance commerciale de 2,3 milliards
d’euros en 2006 contre 2,1 milliards d’euros en 2005, soit
une hausse de 21 %. Les exportations égyptiennes ont doublé
au cours de cette période pour passer de 493,6 millions
d’euros en 2005 à 990,6 millions en 2006. Jusqu’à septembre,
les exportations égyptiennes ont atteint cette année 895,2
millions d’euros alors que les exportations françaises ont
été de 1,17 milliard. En même temps, les exportations
françaises vers l’Egypte ont chuté de 1,42 milliard d’euros
en 2005 à 1,33 milliard en 2006. Il faut également ajouter
que la France est actuellement le 5e plus grand investisseur
en Egypte avec un total de près de 2 milliards d’euros
investis. « Il existe actuellement 90 entreprises françaises
qui investissent en Egypte. Et si les investissements
français se concentraient au début dans le domaine des
services, on peut sentir actuellement une orientation
française à diversifier d’autres secteurs industriels qui
représentent pour l’Egypte une valeur ajoutée. Avec le
temps, et vu les performances de l’économie égyptienne, on
peut donc sentir un équilibre dans les relations des deux
pays », commente Laurent Padoux.
Si les responsables des deux pays se félicitent de ces
bonnes relations économiques, experts et analystes tempèrent
ce beau fixe affiché. En effet, selon un expert économique,
qui a requis l’anonymat, cette relation bilatérale penche à
l’heure actuelle en faveur des Français. « En consultant la
liste des exportations égyptiennes, on note que le bond de
la valeur des exportations est dû au premier plan au gaz
naturel et aux exportations chimiques et pétrolières. C’est
donc la hausse des prix mondiaux du pétrole qui a permis
cette hausse. Il n’y a pas de réalisations réelles »,
expose-t-il. Et d’ajouter que « la grande majorité des
investissements français en Egypte se concentre dans le
secteur des services, banques, transport et
télécommunications. Il est vrai qu’il existe des projets
dans le domaine de l’industrie. Mais si on les compare au
total des investissements, ils ne représentent qu’une
minorité », explique-t-il.
« Ce n’est pas vrai », assure Rachid. « Les secteurs
d’investissement français se diversifient. Il existe des
investissements dans les domaines de l’énergie, de
l’électricité, de l’agro-alimentaire, du tourisme, du
ciment, etc. L’entreprise française Saint-Gobin (secteur du
verre) vient de signer la semaine dernière un accord
d’investissement en Egypte avec un coût de 220 millions
d’euros. D’autres accords de coopération sont à l’étude dans
les domaines de la santé, de l’éducation et de la grande
distribution », explique-t-il.
Le ministre du Commerce cite 4 nouveaux horizons de
coopération devant être discutés en France. Le domaine le
plus prometteur étant pour lui le commerce de détail. « L’Egypte
est un terrain fertile pour ce genre d’investissement et la
France a également beaucoup à présenter dans ce domaine. Il
n’existe en Egypte maintenant que Carrefour alors que les
chaînes françaises sont nombreuses ». Hervé Majinier,
directeur de Carrefour Egypte, confirme que « l’Egypte
représente, avec ses 80 millions d’habitants et sa grande
capacité consommatrice, un marché idéal pour la grande
distribution. De grandes chaînes françaises de supermarchés
étudient actuellement les moyens de venir investir ici.
Attendez-vous à deux ou trois projets prochainement ». De
quoi faire les beaux jours à venir des Français, comme des
Egyptiens.
Névine Kamel