Réformes.
La dernière rencontre ministérielle des pays de la région
s’inscrit dans le cadre de l’initiative MENA-OCDE pour la
gouvernance et l’investissement, lancée en 2004. Elle a eu
cette année pour thème l’amélioration de l’environnement des
affaires.
Redondance à haut niveau
Le message essentiel qui a été dit et redit lors de la
conférence est que les réformes sont sur les rails dans la
région mais qu’il faut faire mieux et plus vite pour
remporter une plus grande part du gâteau des investissements
internationaux.
Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, a félicité les
ministres et responsables réunis. « Les économies de la
région MENA connaissent une croissance annuelle moyenne de 5
% depuis 2001. Tandis que les flux des investissements
directs étrangers vers la région ont plus que quadruplé au
cours des trois dernières années, que les exportations se
développent considérablement et que le chômage recule »,
a-t-il noté. Ce qui n’est pour autant pas suffisant pour
garantir un bon développement des pays de la région. Car «
la course est en faveur des pays développés. Ceux-ci
introduisent en fait deux fois plus de réformes que nous.
Même pour les pays en développement, il y a ceux qui étaient
derrière nous, et qui ont réussi à nous devancer », rappelle
Abdelhamid Triki, secrétaire d’Etat tunisien auprès du
ministère du Développement et de la Coopération
internationale.
L’attention a été placée sur la réforme de la réglementation
améliorant l’environnement de l’investissement, surtout en
ce qui concerne les impôts. Quasiment tous les pays de la
région ont commencé à réformer leur système d’impôt. Chacun
se trouve à un stade différent, mais tous vont dans la même
direction : diminuer les impôts sur les profits des
entreprises et faciliter les procédures. Des mesures qui
sont supposées expliquer le récent flux d’investissements
vers la région. La facilitation de l’accès au financement a
été également abordée comme l’une des réformes essentielles
en terme d’amélioration de l’environnement
d’investissement. Une réforme qui
doit faire partie de la réforme du système bancaire en
général comme cela a été précisé lors de la conférence.
De manière générale, l’attraction de plus d’investissements
a été présentée comme la solution aux problèmes de la
région. Mais cela est-il suffisant pour un vrai
développement de la région ? Pour Graham Minter,
co-président du programme d’investissement MENA-OCDE, la
réponse est négative. « L’investissement ne garantit pas le
développement. Il faut que le gouvernement adopte des
mesures précises dans la matière. Ce que le gouvernement
fait avec l’argent des impôts et comment les communautés
d’affaires dirigent leurs business sont des éléments-clés »,
opine-t-il. Le système de sécurité sociale et de pension est
aussi décisif en la matière, comme l’estime Minter. Or, là
il s’agit d’une grande lacune des pays de la région.
Marwa
Hussein