Al-Ahram Hebdo, Economie | Abdelhamid Temmar, « En Algérie, l’investissement est libre, sans aucune restriction »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

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Economie

Réformes. Abdelhamid Temmar, ministre algérien de l’Industrie et de la Promotion des investissements, a assisté à la 2e rencontre MENA-OCDE, tenue au Caire les 27 et 28 novembre. Il dresse le bilan de l’ouverture économique en cours de son pays et expose les prochaines mesures. 

« En Algérie, l’investissement est libre, sans aucune restriction » 

Al-Ahram Hebdo : L’Algérie libéralise depuis quelques années son économie après une longue période de fermeture et de violences internes. Comment cela a-t-il été entrepris ?

Abdelhamid Temmar : Oui, la transformation a commencé il y a 10 ans. Pour cela, il fallait d’abord assurer la stabilité politique et sociale, car nous étions sortis des années 1990, d’une situation très difficile. Nous avons dépensé quelque 30 milliards de US$ pour le développement local dans certaines régions et pour garantir le calme. Nous avons partiellement reconstruit les infrastructures indispensables. Il y avait des écoles qu’il fallait ouvrir. Il fallait donner aux pauvres et aux plus démunis la possibilité de reprendre leurs activités. Mais pour conserver la stabilité sociale, il fallait aussi de la stabilité macro-économique et c’est ce que nous avons fait de 2000 à 2004. Pour cela, le cours élevé du pétrole nous a bien aidés.

Cette performance a-t-elle donc été possible grâce au pétrole ?

— Pour arriver à la stabilité économique, la balance des paiements et le budget doivent être équilibrés, le taux de change doit être aussi stable que possible, tout comme l’inflation, et ainsi de suite. Pour cela, le pétrole a été très important. Puis, nous avons démarré les grandes transformations structurelles. A savoir, moderniser le système financier, ouvrir le marché des capitaux, régler le problème de propriété des terrains. Nous commençons à nous occuper de la production pour également stabiliser le marché des biens et services. Nous avons ainsi promulgué une nouvelle loi sur l’investissement, qui est devenue l’une des plus modernes de la sous-région. Nous avons repris la privatisation du secteur public. De plus, nous avons entamé, depuis un an et demi, un programme de mise à niveau de nos entreprises.

Avec toutes ces réalisations, le programme des réformes semble sans fin ...

— Oui, car ce n’est pas suffisant. Nous avons avant tout besoin de ressources humaines qualifiées. Alors, nous avons dépensé près de 6 milliards de US$ uniquement pour moderniser nos universités et envoyer des étudiants à l’étranger. Nous dépensons actuellement quelque chose comme 140 milliards de dollars dans l’infrastructure, l’eau, la construction, les routes, les autoroutes, les ports, les aéroports, l’électricité et le gaz. Et ce n’est pas toujours suffisant. A côté, il faut réformer l’administration publique parce que la transformation pour mettre le secteur privé en avant, pour libéraliser l’économie, est faite par l’Etat, le gouvernement. Donc, il faut des agences de l’Etat qui soient aussi efficaces que possible. C’est un grand problème que nous n’arrivons pas encore à résoudre, car il faut là changer les mentalités.

Qu’en est-il du chômage, le plus grand défi des pays arabes ?

— Notre taux de chômage en 2000 s’élevait à 31 %, alors que cette année il est à 11 %, soit le même que le taux de la sous-région.

Mais les privatisations n’ont-elles pas négativement influencé le taux de chômage ?

— J’ai un aveu à faire à vos lecteurs : j’ai perdu mon poste de ministre de la Privatisation il y a quelque temps parce que justement les populations pensaient que cela allait se produire. Mais maintenant que nous avons privatisé quelque 350 entreprises en 24 mois, on s’aperçoit que nous n’avons pas perdu d’emplois, mais qu’au contraire, il y a plus de recrutement dans les entreprises. En plus, quand on vend une entreprise, ses dettes sont achetées par le nouveau propriétaire. Et maintenant dans les syndicats, qui sont forts, tout le monde est pour la privatisation.

Y a-t-il des secteurs exclus du programme de privatisation ?

— Non. Et je veux dire qu’en Algérie par rapport à d’autres pays de la région, quand un investisseur étranger vient, nous ne lui demandons pas de garant algérien. En Algérie, l’investissement est libre, sans aucune restriction. Vous allez là où vous voulez comme vous voulez, pour le montant que vous voulez.

Et comment les investisseurs en général et les étrangers en particulier ont-ils réagi à vos réformes ?

— En 22 mois, après la promulgation de la loi sur l’investissement, l’investissement hors pétrole a pratiquement doublé. Nous avons des investissements anglo-américains dans le domaine du pétrole. Mais nous avons également des investisseurs à partir de plusieurs pays européens, des investisseurs turcs et beaucoup d’investisseurs arabes. Nous avons un grand producteur égyptien d’acier qui va bientôt s’installer en Algérie, qui est le groupe Ezz. Nous sommes actuellement en phase de discussion.

Certains investisseurs chinois ou même égyptiens installés en Algérie ont amené avec eux une partie de leur main-d’œuvre. La main-d’œuvre algérienne souffre-t-elle d’un manque de formation ?

— Je ne crois pas. De tous les pays du Maghreb, nous avons été pendant un temps les plus industrialisés. Je crois que seule la main-d’œuvre de certaines activités a un besoin de formation supplémentaire pour gagner en expertise.

Comme dans le secteur touristique, où le potentiel de votre pays est vraiment sous-exploité ...

— Concernant le tourisme, nous avons vraiment commencé à nous y investir il y a 2 ans. Nous avons privatisé tous nos hôtels et discutons maintenant de la réalisation de grands projets arabes. Il s’agit de deux ou trois milliards de dollars par projet. Et nous relançons maintenant tous les petits hôtels. Nous en sommes juste au début et bien sûr nos frères marocains, tunisiens et égyptiens sont plus avancés que nous dans le domaine.

Propos recueillis par Marwa Hussein

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