Al-Ahram Hebdo,Monde | Poutine plébiscité
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

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Monde

Russie. Le président devrait pouvoir garder sa mainmise sur la vie politique du pays après les présidentielles de mars 2008, grâce à la large victoire de son parti aux législatives de dimanche dernier.

Poutine plébiscité

Le parti Russie unie du président Vladimir Poutine a remporté lundi la majorité absolue au Parlement en décrochant 315 des 450 sièges de la future Douma (chambre basse du Parlement), soit 65 % des suffrages. Une victoire écrasante qui garantit au chef de l’Etat de rester influent jusqu’aux élections présidentielles de mars 2008. Se félicitant de la victoire de Poutine, le chef du parti au pouvoir, Russie unie, Boris Gryzlov, a déclaré, lundi, que les législatives avaient été un « référendum de soutien à la politique de Vladimir Poutine » et constituaient une « victoire » pour le président.

Selon la Commission électorale centrale, le Parti communiste arrive deuxième avec 11,6 % (57 sièges), suivi des ultra-nationalistes proches du Kremlin (LDPR) de Vladimir Jirinovski avec 8,2 % (40 sièges) et de Russie juste, autre parti proche du pouvoir, avec 7,8 % (38 sièges). Selon des observateurs sur place, le taux de participation, un des enjeux du scrutin, s’établit à près de 62 % et dépasse celui de 2003 (55,75 %).

Fait inédit dans l’Histoire russe, le président a participé en première ligne aux législatives en dirigeant la liste de Russie unie, cette dernière ayant tout fait pour transformer ce scrutin en plébiscite de popularité pour M. Poutine. Avec un tel score, Vladimir Poutine est assuré de garder un pouvoir, en exerçant une influence sur le Parlement et sur le gouvernement à l’issue de la présidentielle de mars 2008 à laquelle il ne peut se présenter. Depuis des mois, plusieurs scénarios sont envisagés pour que Vladimir Poutine conserve une « influence » après son départ du Kremlin, comme premier ministre, chef de la majorité ou « leader national » aux fonctions à préciser. En effet, Poutine a promis à plusieurs reprises qu’il démissionnerait après l’expiration de son second mandat présidentiel en mai prochain, mais il souhaite conserver pouvoir et influence et juge qu’une victoire de Russie unie aux législatives lui donnera l’occasion de le faire. Dimanche soir, Russie unie a annoncé qu’il dévoilera le 17 décembre son candidat pour la présidentielle du 2 mars prochain. « Poutine va vraiment laisser la présidence à un autre homme en mai prochain après le 2 mars », a affirmé un porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Dans tous les cas, le bloc pro-Kremlin, avec 80 % des voix au total, est assuré d’un raz-de-marée à la nouvelle Douma avec pour seuls opposants les communistes, qui parlent fort mais contrarient rarement le président.

 

Accusations de fraudes

En l’absence de la principale mission d’observateurs de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), dénonçant des entraves posées par Moscou, l’opposition et des ONG russes ont dénoncé de nombreux bourrages d’urnes, entraves à leur travail et abus dans l’utilisation des urnes. Jugeant ces élections « sales et irresponsables », les communistes ont également annoncé qu’ils allaient contester les résultats devant la Cour suprême. « Sous l’ancien président Boris Eltsine, il y avait peut-être deux manières d’obtenir des voix, l’intimidation ou le truquage des résultats. Aujourd’hui, ils en ont inventé au moins 15 pour piéger et tromper les électeurs », a critiqué le chef de file des communistes. Pour sa part, l’opposant Garry Kasparov, chef du mouvement, l’Autre Russie, a également dénoncé dimanche les « fraudes » déjà organisées avant les législatives. « Le volume des fraudes rend d’ores et déjà le régime illégitime », a dénoncé M. Kasparov, au lendemain de sa libération après cinq jours de prison pour « manifestation non autorisée ».

A l’étranger, la transparence du scrutin a aussi été mise en doute. Lundi, le chef de l’OSCE a critiqué ces législatives, estimant que leur déroulement était loin de répondre aux « critères » de l’organisation. Pour sa part, la Maison Blanche a appelé les autorités russes à enquêter sur les accusations de violations qui auraient marqué les législatives. Parallèlement, le ministère britannique des Affaires étrangères a fait part de son « inquiétude » face aux allégations d’irrégularités, allégations qui, « si elles étaient avérées, suggéreraient que les élections n’étaient ni libres ni honnêtes ».

Ces critiques risquent de tendre un peu plus les relations entre les Occidentaux et la Russie, dont le numéro 2 de la commission électorale, Nikolaï Konkine, a promis que « toutes les plaintes seront minutieusement étudiées ».

M. Ch.

 

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