Al-Ahram Hebdo, Arts | L’ennemi public toujours n°1
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 5 au 11 décembre 2007, numéro 691

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Festival international du film du caire. L’image de l’Arabe au lendemain des attentats du 11 septembre revient comme un talisman lors de cette édition. C’est aussi une dominante du cinéma hollywoodien.  

L’ennemi public toujours n°1 

Pour la direction du festival, « il s’agit d’un désir d’éclectisme et d’ouverture quant aux nouveaux thèmes et formes cinématographiques. D’où la section Films controversés ».

Dès la première journée du festival, cette volonté a été ressentie, notamment à travers la programmation de films américains faisant écho à la réalité, avec un Washington engagé dans sa guerre contre le terrorisme. Ainsi, plusieurs cinéastes ont-ils opté pour le sujet des guerres de l’après 11 septembre et plusieurs films au contenu assez critique ont-ils vu le jour.

Le festival en a choisi quelques-uns, dont le film Rendition (détention secrète) de Gavin Hood. Le film emprunte son titre au vocabulaire de la CIA pour désigner l’enlèvement secret des terroristes suspects en dehors des Etats-Unis. On respecte les règles de l’héroïsme hollywoodien, avec le personnage de l’agent Jake Gyllenhaal. Attendue comme étant l’un des plus sérieux candidats à la prochaine soirée des Oscars pour son réalisateur et sa distribution, Rendition reste l’une des meilleures projections de cette première semaine du festival. Le réalisateur sud-africain, qui signe sa première réalisation américaine après Tsotsi (Oscar du meilleur film étranger l’an dernier), offre ici une vision problématique à l’attention du grand public américain.

Anouar Al-Ibrahmi, un savant américain d’ascendance égyptienne (joué par Omar Metouali, comédien hollandais d’origine égyptienne) est arrivé avec ses parents aux Etats-Unis alors qu’il était encore enfant. C’est là qu’il mène une vie tranquille et heureuse, autant sur le plan professionnel que familial avec son épouse enceinte (Reese Witherspoon) et son fils. Mais leur existence bascule après un attentat ayant fait plusieurs victimes en Egypte, dont un agent secret de la CIA. Participant à un congrès en Afrique du Sud, le jeune Anouar se trouve intercepté à sa descente d’avion. Il sera emmené de force pour répondre à des accusations de terrorisme, puisque des appels téléphoniques le relient à l’éminence grise de la brigade Al-Hazim, une cellule du Hezbollah. Les services américains ne pouvant le détenir sur leur territoire pour le questionner, il est alors déporté au Maroc où il sera interrogé et torturé par les autorités locales. Ayant survécu à l’attentat, c’est l’agent Douglas Freeman (interprété par Jake Gillenhaal) qui se voit chargé de superviser l’interrogatoire musclé.

Même si le traitement se révèle un peu trop hollywoodien, laissant planer un doute dans la tête du spectateur qui ne saura jamais si le protagoniste principal a vraiment été coupable des méfaits dont on l’accuse, Rendition reste, dans le contexte actuel, un film fort pertinent. On joue ainsi sur les deux revers d’une même médaille, confrontant directement le spectateur aux méthodes utilisées par les autorités pour arriver à leurs fins. Cela dit, les pires injustices font parfois les meilleurs films.

Invité par le festival pour visiter son pays d’origine, le comédien Omar Metoualli trouve que « le cinéma est fait pour exprimer les différents problèmes, loin des races et des nationalités ».

Ayant déjà participé au film Munich, lequel a soulevé un tollé il y a juste quelques années, Metoualli a refusé lors du colloque de considérer ses œuvres comme « anti-arabes ». « Les producteurs américains me proposent toujours ce genre de rôles ou de films, tenant compte de mon look oriental. D’ailleurs, chercher des films qui ne nuisent pas à l’image des Arabes n’est pas pour moi un critère de choix. Il faut noter que cette image a beaucoup changé dans le mauvais sens, au lendemain des incidents du 11 septembre. Et c’est au cinéma de discuter de cette image ».

Tirant sur la même corde, le réalisateur Hicham Issawi présente son long métrage L’Amérique Est, étiqueté par le festival comme une œuvre controversée. Il s’agit de l’histoire d’un père de famille (joué par Sayed Badriya, d’origine égyptienne), copropriétaire  d’un restaurant oriental. Son associé et meilleur ami, étant d’origine juive, l’expose à de multiples problèmes. Le film s’étale sur les pressions que l’on exerce quotidiennement sur les Arabes installés à l’étranger après le 11 septembre.

Reste à mentionner également un troisième film américain, planant autour de la même thématique, à savoir Mighty Heart, de Michael Winterbottom, trouvant en la personne de l’Arabe la source de tous les maux de la planète Terre ! Afghans et Pakistanais sont à l’origine du terrorisme secouant le pays de l’Oncle Sam.

Si Hollywood a pris en charge de défendre la politique de l’Administration Bush, cela n’empêche que majoritairement le public semble éreinté à force de voir au cinéma ce que la télévision ne cesse de diffuser. Volonté politique et fins commerciales font qu’on ne cesse de stéréotyper l’image de l’Arabe, à travers une flopée de films, au succès non assuré.

Yasser Moheb

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.